HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Julien l'Apostat, Contre les chiens ignorants

ἦν



Texte grec :

[1] «Ἄνω ποταμῶν», τοῦτο δὴ τὸ τῆς παροιμίας· ἀνὴρ κυνικὸς Διογένη φησὶ κενόδοξον, καὶ ψυχρολουτεῖν οὐ βούλεται, σφόδρα ἐρρωμένος τὸ σῶμα καὶ σφριγῶν καὶ τὴν ἡλικίαν ἀκμάζων, ὡς ἂν μή τι κακὸν λάβῃ, καὶ ταῦτα τοῦ θεοῦ ταῖς θεριναῖς τροπαῖς ἤδη προσιόντος. Ἀλλὰ καὶ τὴν ἐδωδὴν τοῦ πολύποδος κωμῳδεῖ καί φησι τὸν Διογένη τῆς ἀνοίας καὶ κενοδοξίας ἐκτετικέναι δίκας ὥσπερ ὑπὸ κωνείου τῆς τροφῆς διαφθαρέντα. «Οὕτω πόρρω που σοφίας ἐλαύνει» ὥστε ἐπίσταται σαφῶς ὅτι κακὸν ὁ θάνατος. Τοῦτο δὲ ἀγνοεῖν ὑπελάμβανεν ὁ σοφὸς Σωκράτης, ἀλλὰ καὶ μετ´ ἐκεῖνον {Ἀντισθένη καὶ} Διογένης. Ἀρρωστοῦντι γοῦν, φασίν, Ἀντισθένει μακρὰν καὶ δυσανάληπτον ἀρρωστίαν ξιφίδιον ἐπέδωκεν ὁ Διογένης εἰπών· «Εἰ φίλου χρῄζεις ὑπουργίας - - -»· οὕτως οὐθὲν ᾤετο δεινὸν ἐκεῖνος οὐδὲ ἀλγεινὸν τὸν θάνατον. Ἀλλ´ ἡμεῖς οἱ τὸ σκῆπτρον ἐκεῖθεν παραλαβόντες ὑπὸ μείζονος σοφίας ἴσμεν ὅτι χαλεπὸν ὁ θάνατος, καὶ τὸ νοσεῖν δεινότερον αὐτοῦ φαμεν τοῦ θανάτου, τὸ ῥιγοῦν δὲ χαλεπώτερον καὶ τοῦ νοσεῖν· ὁ μὲν γὰρ νοσῶν μαλακῶς ἔσθ´ ὅτε θεραπεύεται, ὥστε αὐτοῦ γίνεσθαι τρυφὴν αὐτόχρημα τὴν ἀρρωστίαν, ἄλλως τε κἂν ᾖ πλούσιος. Ἐθεασάμην τοι καὶ αὐτὸς νὴ Δία τρυφῶντάς τινας ἐν ταῖς νόσοις μᾶλλον ἢ τούτους αὐτοὺς ὑγιαίνοντας· καίτοι γε καὶ τότε λαμπρῶς ἐτρύφων. Ὅθεν μοι καὶ παρέστη πρός τινας τῶν ἑταίρων εἰπεῖν ὡς τούτοις ἄμεινον ἦν οἰκέταις γενέσθαι μᾶλλον ἢ δεσπόταις, καὶ πένεσθαι τοῦ κρίνου γυμνοτέροις οὖσιν ἢ πλουτεῖν ὥσπερ νῦν· ἦ γὰρ ἂν ἐπαύσαντο νοσοῦντες ἅμα καὶ τρυφῶντες. Τὸ μὲν δὴ νοσοτροφεῖν καὶ νοσηλεύεσθαι τρυφηλῶς οὑτωσί τινες ἐν καλῷ ποιοῦνται· ἀνὴρ δὲ τοῦ κρύους ἀνεχόμενος καὶ θάλπος καρτερῶν οὐχὶ καὶ τῶν νοσούντων ἀθλιώτερον πράττει; ἀλγεῖ γοῦν ἀπαραμύθητα.

Traduction française :

[1] CONTRE LES CHIENS IGNORANTS. "Les fleuves remontent", dit le proverbe. Un cynique accuse Diogène de vaine gloire. Il ne veut pas se baigner à l'eau froide, bien que d'un corps vigoureux, plein de séve et dans la fleur de l'àge : il a peur de prendre du mal, et cela au moment où le dieu Soleil entre dans le solstice d'été. Il se moque de la folie et de la sotte vanité de Diogène puni d'avoir mangé un polype, nourriture qui produit en lui l'effet mortel de la ciguë. Il a poussé si loin la sagesse qu'il sait précisément que la mort est un mal. Or, le sage Socrate avouait n'en rien savoir, et après lui Diogène. Car celui-ci, dit-il, en présentant un poignard à Antisthène épuisé par une maladie longue et incurable, lui demande s'il a besoin du secours d'un ami. Il pensait donc que la mort n'a rien d'effrayant, ni de douloureux. Pour nous, qui avons aussi adopté le bâton, nous savons, de science plus certaine, que, si la mort est un mal, la maladie est un fléau pire que la mort même, mais que le pire de tout, c'est d'avoir froid. En effet, un malade peut se tenir mollement pendant qu'on le soigne, en sorte que sa maladie peut devenir tout plaisir, surtout s'il est riche. J'ai vu moi-même, par Jupiter, des malades vivre plus doucement qu'en bonne santé, où cependant ils étaient splendidement dans les délices. Ce qui m'a fourni l'occasion de dire parfois à mes amis, qu'ils devaient plutôt envier le sort des domestiques que celui des maîtres, et qu'ils se trouveraient mieux d'être pauvres et nus comme le lis, que riches comme ils étaient. Du moins cesseraient-ils d'être tout ensemble malades et opulents. Tant il y a de gens qui croient beau d'étaler à la fois le faste de leur mal et le mal de leur faste ! Mais l'homme réduit à souffrir le froid et à endurer la grande chaleur, n'est-il pas plus malheureux que les malades? ll souffre une douleur sans remède.





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Dernière mise à jour : 7/03/2006