HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Homère, Odyssée, Chant XVIII

πτερόεντα



Texte grec :

[18,400] ὧδε δέ τις εἴπεσκεν ἰδὼν ἐς πλησίον ἄλλον·
"αἴθ᾽ ὤφελλ᾽ ὁ ξεῖνος ἀλώμενος ἄλλοθ᾽ ὀλέσθαι
πρὶν ἐλθεῖν· τῷ οὔ τι τόσον κέλαδον μετέθηκε.
νῦν δὲ περὶ πτωχῶν ἐριδαίνομεν, οὐδέ τι δαιτὸς
ἐσθλῆς ἔσσεται ἦδος, ἐπεὶ τὰ χερείονα νικᾷ."
405 τοῖσι δὲ καὶ μετέειφ᾽ ἱερὴ ἲς Τηλεμάχοιο
"δαιμόνιοι, μαίνεσθε καὶ οὐκέτι κεύθετε θυμῷ
βρωτὺν οὐδὲ ποτῆτα· θεῶν νύ τις ὔμμ᾽ ὀροθύνει.
ἀλλ᾽ εὖ δαισάμενοι κατακείετε οἴκαδ᾽ ἰόντες,
ὁππότε θυμὸς ἄνωγε· διώκω δ᾽ οὔ τιν᾽ ἐγώ γε."
410 ὣς ἔφαθ᾽, οἱ δ᾽ ἄρα πάντες ὀδὰξ ἐν χείλεσι φύντες
Τηλέμαχον θαύμαζον, ὃ θαρσαλέως ἀγόρευε.
τοῖσιν δ᾽ Ἀμφίνομος ἀγορήσατο καὶ μετέειπε
Νίσου φαίδιμος υἱός, Ἀρητιάδαο ἄνακτος·
"ὦ φίλοι, οὐκ ἂν δή τις ἐπὶ ῥηθέντι δικαίῳ
415 ἀντιβίοις ἐπέεσσι καθαπτόμενος χαλεπαίνοι·
μήτε τι τὸν ξεῖνον στυφελίζετε μήτε τιν᾽ ἄλλον
δμώων, οἳ κατὰ δώματ᾽ Ὀδυσσῆος θείοιο.
ἀλλ᾽ ἄγετ᾽, οἰνοχόος μὲν ἐπαρξάσθω δεπάεσσιν,
ὄφρα σπείσαντες κατακείομεν οἴκαδ᾽ ἰόντες·
420 τὸν ξεῖνον δὲ ἐῶμεν ἐνὶ μεγάροις Ὀδυσῆος
Τηλεμάχῳ μελέμεν· τοῦ γὰρ φίλον ἵκετο δῶμα."
ὣς φάτο, τοῖσι δὲ πᾶσιν ἑαδότα μῦθον ἔειπε.
τοῖσιν δὲ κρητῆρα κεράσσατο Μούλιος ἥρως,
κῆρυξ Δουλιχιεύς· θεράπων δ᾽ ἦν Ἀμφινόμοιο·
425 νώμησεν δ᾽ ἄρα πᾶσιν ἐπισταδόν· οἱ δὲ θεοῖσι
σπείσαντες μακάρεσσι πίον μελιηδέα οἶνον.
αὐτὰρ ἐπεὶ σπεῖσάν τ᾽ ἔπιόν θ᾽ ὅσον ἤθελε θυμός,
428 βάν ῥ᾽ ἴμεναι κείοντες ἑὰ πρὸς δώμαθ᾽ ἕκαστος.

Traduction française :

[18,400] on se disait en regardant le voisin : «Cet étranger aurait bien dû dans ses voyages périr ailleurs, sans venir ici; il n'aurait pas causé tout ce désordre. Voilà qu'à présent nous nous querellons pour des mendiants; quel sera le plaisir même d'un bon festin, si ces misères y prévalent?» Le fort et courageux Télémaque prit la parole : «Gens étranges! Vous êtes fous; vous laissez trop voir que vous avez mangé et bu ! pour sûr, un dieu excite vos esprits ! Vous avez banqueté; allez dormir chez vous, si l'envie vous en prend; car pour moi, je ne chasse personne.» Il dit, et tous, se mordant les lèvres, regardaient avec surprise Télémaque qui parlait si hardiment. Amphinomos prit la parole et leur dit (c'était le noble fils de Nisos, et le petit-fils d'Arétès) : «Amis, il n'y a pas lieu de s'irriter pour une parole juste, d'y répondre avec violence : ne molestez ni cet étranger, ni aucun des serviteurs, qui sont dans la demeure du divin Ulysse. Allons ! que l'échanson verse dans les coupes, à la ronde, pour une libation que nous allons faire avant de regagner notre maison et notre lit. Laissons dans la maison d'Ulysse Télémaque prendre soin de l'étranger qu'il a reçu chez lui.» Il dit, et ses paroles furent approuvées de tous. Le digne Moulios fit le mélange dans le cratère : c'était un héraut de Doulichion, le serviteur d'Amphinomos. Il emplit les coupes à la ronde. Les prétendants firent leur libation aux Bienheureux et burent le vin doux comme le miel. Puis, la libation faite, chacun but à son gré et s'en fut chez lui pour dormir.





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Dernière mise à jour : 14/12/2005