Texte grec :
| [7,18] ταῦτά τε ἐδόκεε Ἀρτάβανος τὸ ὄνειρον ἀπειλέειν καὶ θερμοῖσι σιδηρίοισι ἐκκαίειν αὐτοῦ μέλλειν
τοὺς ὀφθαλμούς. καὶ ὃς ἀμβώσας μέγα ἀναθρώσκει, καὶ παριζόμενος Ξέρξῃ, ὡς τὴν ὄψιν οἱ τοῦ
ἐνυπνίου διεξῆλθε ἀπηγεόμενος, δεύτερά οἱ λέγει τάδε. (2) “ἐγὼ μέν, ὦ βασιλεῦ, οἶα ἄνθρωπος ἰδὼν
ἤδη πολλά τε καὶ μεγάλα πεσόντα πρήγματα ὑπὸ ἡσσόνων, οὐκ ἔων σε τὰ πάντα τῇ ἡλικίῃ εἴκειν,
ἐπιστάμενος ὡς κακὸν εἴη τὸ πολλῶν ἐπιθυμέειν, μεμνημένος μὲν τὸν ἐπὶ Μασσαγέτας Κύρου στόλον
ὡς ἔπρηξε, μεμνημένος δὲ καὶ τὸν ἐπ᾽ Αἰθίοπας τὸν Καμβύσεω, συστρατευόμενος δὲ καὶ Δαρείῳ ἐπὶ
Σκύθας. (3) ἐπιστάμενος ταῦτα γνώμην εἶχον ἀτρεμίζοντά σε μακαριστὸν εἶναι πρὸς πάντων
ἀνθρώπων. ἐπεὶ δὲ δαιμονίη τις γίνεται ὁρμή, καὶ Ἕλληνας, ὡς οἶκε, καταλαμβάνει τις φθορὴ
θεήλατος, ἐγὼ μὲν καὶ αὐτὸς τρέπομαι καὶ τὴν γνώμην μετατίθεμαι, σὺ δὲ σήμηνον μὲν Πέρσῃσι τὰ ἐκ
τοῦ θεοῦ πεμπόμενα, χρᾶσθαι δὲ κέλευε τοῖσι ἐκ σέο πρώτοισι προειρημένοισι ἐς τὴν παρασκευήν,
ποίεε δὲ οὕτω ὅκως τοῦ θεοῦ παραδιδόντος τῶν σῶν ἐνδεήσει μηδέν”. (4) τούτων δὲ λεχθέντων,
ἐνθαῦτα ἐπαερθέντες τῇ ὄψι, ὡς ἡμέρη ἐγένετο τάχιστα, Ξέρξης τε ὑπερετίθετο ταῦτα Πέρσῃσι, καὶ
Ἀρτάβανος, ὃς πρότερον ἀποσπεύδων μοῦνος ἐφαίνετο, τότε ἐπισπεύδων φανερὸς ἦν.
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Traduction française :
| [7,18] XVIII. Telles furent les menaces qu'Artabane crut entendre; il lui
sembla aussi que ce fantôme voulait lui brûler les yeux avec un
fer ardent. À cette vue, il pousse un grand cri, se lève avec
précipitation, va trouver Xerxès, et, après lui avoir rapporté sa vision,
il lui parle en ces termes : « Comme j'ai déjà vu, seigneur, des
puissances considérables détruites par d'autres qui leur étaient très
inférieures, je vous dissuadais d'autant plus de vous abandonner à
l'ardeur de votre jeunesse, que je savais combien il est dangereux de
désirer beaucoup de choses. Venant donc à me rappeler quel fut le
succès des expéditions de Cyrus contre les Massagètes, de Cambyse
contre les Éthiopiens, et de Darius contre les Scythes, où je me trouvai
; sachant cela, je pensais qu'en demeurant tranquille vous seriez le
plus heureux de tous les hommes. Mais puisque les dieux vous excitent
à cette entreprise, et qu'ils paraissent menacer les Grecs de quelque
grand malheur, je me rends moi-même et je change d'avis. Faites
donc part aux Perses du songe que le dieu vous a envoyé, faites leur
savoir qu'ils aient à continuer les préparatifs nécessaires en
conséquence des ordres précédents. Et vous, seigneur, conduisez-vous
avec tant de sagesse, qu'avec le secours de dieu vous ne manquiez à
rien de ce que vous devez faire. »
Ce discours fini, encouragés l'un et l'autre par ce songe, Xerxès le
communiqua aux Perses aussitôt que le jour parut, et Artabane, qui lui
seul auparavant le détournait de cette expédition, la pressait alors
ouvertement.
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