HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Hérodote, Histoires, livre VII

ἀγγέλοισι



Texte grec :

[7,9] μετ᾽ αὐτὸν δὲ Μαρδόνιος ἔλεγε “ὦ δέσποτα, οὐ μοῦνον εἶς τῶν γενομένων Περσέων ἄριστος ἀλλὰ καὶ τῶν ἐσομένων, ὃς τά τε ἄλλα λέγων ἐπίκεο ἄριστα καὶ ἀληθέστατα, καὶ Ἴωνας τοὺς ἐν τῇ Εὐρώπῃ κατοικημένους οὐκ ἐάσεις καταγελάσαι ἡμῖν ἐόντας ἀναξίους. (2) καὶ γὰρ δεινὸν ἂν εἴη πρῆγμα, εἰ Σάκας μὲν καὶ Ἰνδοὺς καὶ Αἰθίοπάς τε καὶ Ἀσσυρίους ἄλλα τε ἔθνεα πολλὰ καὶ μεγάλα ἀδικήσαντα Πέρσας οὐδέν, ἀλλὰ δύναμιν προσκτᾶσθαι βουλόμενοι, καταστρεψάμενοι δούλους ἔχομεν, Ἕλληνας δὲ ὑπάρξαντας ἀδικίης οὐ τιμωρησόμεθα· (9A) τί δείσαντες; κοίην πλήθεος συστροφήν; κοίην δὲ χρημάτων δύναμιν; τῶν ἐπιστάμεθα μὲν τὴν μάχην, ἐπιστάμεθα δὲ τὴν δύναμιν ἐοῦσαν ἀσθενέα· ἔχομεν δὲ αὐτῶν παῖδας καταστρεψάμενοι, τούτους οἳ ἐν τῇ ἡμετέρῃ κατοικημένοι Ἴωνές τε καὶ Αἰολέες καὶ Δωριέες καλέονται. (2) ἐπειρήθην δὲ καὶ αὐτὸς ἤδη ἐπελαύνων ἐπὶ τοὺς ἄνδρας τούτους ὑπὸ πατρὸς τοῦ σοῦ κελευσθείς, καί μοι μέχρι Μακεδονίης ἐλάσαντι καὶ ὀλίγον ἀπολιπόντι ἐς αὐτὰς Ἀθήνας ἀπικέσθαι οὐδεὶς ἠντιώθη ἐς μάχην. (9B) καίτοι γε ἐώθασι Ἕλληνες, ὡς πυνθάνομαι, ἀβουλότατα πολέμους ἵστασθαι ὑπό τε ἀγνωμοσύνης καὶ σκαιότητος. ἐπεὰν γὰρ ἀλλήλοισι πόλεμον προείπωσι, ἐξευρόντες τὸ κάλλιστον χωρίον καὶ λειότατον, ἐς τοῦτο κατιόντες μάχονται, ὥστε σὺν κακῷ μεγάλῳ οἱ νικῶντες ἀπαλλάσσονται· περὶ δὲ τῶν ἑσσουμένων οὐδὲ λέγω ἀρχήν· ἐξώλεες γὰρ δὴ γίνονται· (2) τοὺς χρῆν ἐόντας ὁμογλώσσους κήρυξί τε διαχρεωμένους καὶ ἀγγέλοισι καταλαμβάνειν τὰς διαφορὰς καὶ παντὶ μᾶλλον ἢ μάχῃσι· εἰ δὲ πάντως ἔδεε πολεμέειν πρὸς ἀλλήλους, ἐξευρίσκειν χρῆν τῇ ἑκάτεροι εἰσὶ δυσχειρωτότατοι καὶ ταύτῃ πειρᾶν. τρόπῳ τοίνυν οὐ χρηστῷ Ἕλληνες διαχρεώμενοι, ἐμέο ἐλάσαντος μέχρι Μακεδονίης γῆς, οὐκ ἦλθον ἐς τούτου λόγον ὥστε μάχεσθαι. (9C) σοὶ δὲ δὴ μέλλει τίς ὦ βασιλεῦ ἀντιώσεσθαι πόλεμον προφέρων, ἄγοντι καὶ πλῆθος τὸ ἐκ τῆς Ἀσίης καὶ νέας τὰς ἁπάσας; ὡς μὲν ἐγὼ δοκέω, οὐκ ἐς τοῦτο θράσεος ἀνήκει τὰ Ἑλλήνων πρήγματα· εἰ δὲ ἄρα ἔγωγε ψευσθείην γνώμῃ καὶ ἐκεῖνοι ἐπαερθέντες ἀβουλίῃ ἔλθοιεν ἡμῖν ἐς μάχην, μάθοιεν ἂν ὡς εἰμὲν ἀνθρώπων ἄριστοι τὰ πολέμια. ἔστω δ᾽ ὦν μηδὲν ἀπείρητον· αὐτόματον γὰρ οὐδέν, ἀλλ᾽ ἀπὸ πείρης πάντα ἀνθρώποισι φιλέει γίνεσθαι”.

Traduction française :

[7,9] IX. Xerxès ayant cessé de parler, Mardonius prit la parole : «Seigneur, vous êtes non seulement le plus grand des Perses qui aient paru jusqu'ici, mais encore de tous ceux qui naîtront dans la suite. J'en atteste les choses vraies et excellentes que vous venez de dire, et cette grandeur d'âme qui ne souffrira point que les Ioniens (les Athéniens) d'Europe, ce peuple vil et méprisable, nous insultent impunément. Si, dans la seule vue d'étendre notre empire, nous avons soumis les Saces, les Indiens, les Éthiopiens, les Assyriens, et plusieurs autres nations puissantes et nombreuses, qui n'avaient commis contre nous aucune hostilité, ne serait-il pas honteux que nous laissassions impunie l'insolence des Grecs, qui ont été les premiers à nous insulter? Qu'avons-nous à craindre? serait-ce la multitude de leurs troupes, la grandeur de leurs richesses? Nous n'ignorons ni leur manière de combattre ni leur faiblesse; nous avons subjugué ceux de leurs enfants qui habitent notre pays, et qui sont connus sous les noms d'Ioniens, d'Éoliens et de Doriens. Je connais par moi-même les forces des Grecs; j'en fis l'épreuve lorsque je marchai contre eux par ordre du roi, votre père. Je pénétrai en Macédoine; peu s'en fallut même que je n'allasse jusqu'à Athènes, et cependant personne ne vint me combattre. L'ignorance et la sottise des Grecs ne leur permettent pas ordinairement, comme je l'ai ouï dire, de consulter la prudence dans les guerres qu'ils se font. Car, lorsqu'ils se la sont déclarée, ils cherchent, pour se battre, la plaine la plus belle et la plus unie. Ainsi les vainqueurs ne se retirent qu'avec de grandes pertes : comme les vaincus sont entièrement détruits, je n'en puis absolument rien dire. Puisqu'ils parlent tous la même langue, ne devraient-ils pas s'envoyer des hérauts et des ambassadeurs pour terminer leurs différends? ne devraient-ils pas tenter toutes les voies de pacification plutôt que d'en venir aux mains? ou, s'il était absolument nécessaire de se battre, ne devraient-ils pas chercher les uns et les autres un terrain fortifié par la nature, où il fut difficile d'être vaincu, et tenter en cet endroit le sort des armes? Par une suite de ce mauvais usage, les Grecs n'osèrent pas m'offrir la bataille lorsque j'allai jusqu'en Macédoine. Y a-t-il donc quelqu'un parmi eux qui s'oppose à vous, et vous présente le combat, à vous, seigneur, qui conduisez toutes les forces de terre et de mer de l'Asie? Je ne pense pas que les Grecs portent l'audace jusque-là. Si cependant je me trompais, si leur folie les poussait à en venir aux mains avec nous, qu'ils apprennent alors que de tous les hommes nous sommes les plus braves et les plus habiles dans l'art de la guerre. Il faut donc tenter toutes les voies possibles; rien ne s'exécute de soi-même, et ce n'est ordinairement qu'à force de tentatives qu'on réussit." Ce fut ainsi que Mardonius adoucit ce que le discours de Xerxès pouvait avoir de trop dur; après quoi il cessa de parler.





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Dernière mise à jour : 11/01/2006