HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

ÉLIEN, Histoires diverses, livre III

τὰ



Texte grec :

[3,17] Ἐπολιτεύσαντο οὖν καὶ φιλόσοφοι, μηδ´ αὐτὸ τοῦτο μόνον τὴν διάνοιαν ἀγαθοὶ γενόμενοι ἐφ´ ἡσυχίας κατεβίωσαν. ἐπηνώρθωσαν γὰρ τὰ κοινὰ Ζάλευκος μὲν τὰ ἐν Λοκροῖς, Χαρώνδας δὲ τὰ ἐν Κατάνῃ καὶ τὰ ἐν Ῥηγίῳ, ὅτε ἐκ Κατάνης ἔφευγε. Ταραντίνοις δὲ ἐγένετο ἀγαθὸν Ἀρχύτας, Σόλων δὲ Ἀθηναίοις, Βίας δὲ καὶ Θαλῆς τὴν Ἰωνίαν πολλὰ ὤνησαν, Χίλων δὲ Λακεδαιμονίους, Μυτιληναίους γε μὴν Πιττακός, Κλεόβουλος δὲ Ῥοδίους. καὶ Ἀναξίμανδρος δὲ ἡγήσατο τῆς ἐς Ἀπολλωνίαν ἐκ Μιλήτου ἀποικίας. ἀλλὰ καὶ Ξενοφῶν στρατιώτης ἀγαθὸς ἦν καὶ ἀμείνων στρατηγός, ὅτε Κύρῳ συνανέβη· καὶ Κῦρος μὲν καὶ οἱ σὺν αὐτῷ ἀπέθανον, καλούσης δὲ τῆς χρείας τὸν δυνησόμενον σῶσαι τοὺς Ἕλληνας καὶ ἀγαγεῖν τὴν ὀπίσω ἐς τὰ οἰκεῖα, οὗτος ἐκεῖνος ἦν. Πλάτων δὲ ὁ Ἀρίστωνος Δίωνα κατήγαγεν ἐς Σικελίαν, καὶ δι´ ὧν αὐτῷ συνεβούλευε καὶ ἐδίδασκε, διὰ τούτων τὴν τυραννίδα τὴν Διονυσίου κατέλυσε. Σωκράτης δὲ τῇ μὲν Ἀθηναίων πολιτείᾳ οὐκ ἠρέσκετο· τυραννικὴν γὰρ καὶ μοναρχικὴν ἑώρα τὴν δημοκρατίαν οὖσαν· καὶ διὰ ταῦτα οὔτε ἐπεψήφισεν Ἀθηναίοις τὸν τῶν δέκα στρατηγῶν θάνατον, ἀλλ´ οὐδὲ τοῖς τριάκοντα ἐκοινώνει τῶν ἀσεβημάτων. ἔνθα δὲ ἐχρῆν ὑπὲρ τῆς πατρίδος ἀγωνίζεσθαι, ἀλλ´ ἐνταῦθά γε ἀπροφάσιστος ἐκεῖνος στρατιωτὴς ἦν. ἐστρατεύσατο γοῦν ἐπὶ Δήλιον, καὶ ἐς Ἀμφίπολιν καὶ ἐς Ποτίδαιαν. Ἀριστοτέλης δὲ τὴν ἑαυτοῦ πατρίδα οὐ τὸ λεγόμενον δὴ τοῦτο ἐς γόνυ πεσοῦσαν ἀλλ´ ἐπὶ στόμα ἀνέστησεν αὖθις. Δημήτριος δὲ ὁ Φαληρεὺς καὶ Ἀθήνησιν ἐπιφανέστατα ἐπολιτεύσατο, ἔστ´ αὐτὸν ὁ συνήθης Ἀθηναίοις φθόνος ἐξέωσε· καὶ ἐν Αἰγύπτῳ δὲ συνὼν τῷ Πτολεμαίῳ νομοθεσίας ἦρξε. τίς δὲ ἀντιφήσει καὶ Περικλέα τὸν Ξανθίππου φιλόσοφον γενέσθαι καὶ Ἐπαμεινώνδαν τὸν Πολύμνιδος καὶ Φωκίωνα τὸν Φώκου καὶ Ἀριστείδην τὸν Λυσιμάχου καὶ Ἐφιάλτην τὸν Σοφωνίδου καὶ ἔτι κάτω τοῦ χρόνου Καρνεάδην καὶ Κριτόλαον, εἴ γε ἐς τὴν Ῥώμην ἀφίκοντο ἐκεῖνοι ὑπὲρ τῶν Ἀθηναίων πρεσβεύοντες, καὶ αὐτοῖς σωτηρίαν εὕραντο; οἵπερ οὖν ἐς τοσοῦτον ἐνέτρεψαν τὴν σύγκλητον βουλήν, ὡς εἰπεῖν αὐτοὺς ’ἔπεμψαν Ἀθηναῖοι πρεσβεύοντας οὐ τοὺς πείσοντας ἀλλὰ γὰρ τοὺς βιασομένους ἡμᾶς δρᾶσαι ὅσα θέλουσιν.‘ ἐγὼ δὲ πολιτείαν φαίην ἂν καὶ τὸ Περσαίου, εἴ γε Ἀντίγονον ἐπαίδευσε, καὶ τὸ Ἀριστοτέλους, ἐπεὶ καὶ αὐτὸς σὺν Ἀλεξάνδρῳ τῷ Φιλίππου νέῳ ὄντι φιλοσοφῶν ἦν δῆλος. καὶ Λῦσις δὲ ὁ γνώριμος ὁ Πυθαγόρου καὶ αὐτὸς Ἐπαμεινώνδαν ἐξεπαίδευσεν. εἴ τις οὖν ἀπράκτους λέγει τοὺς φιλοσόφους, ἀλλὰ εὐήθη γε αὐτοῦ καὶ ἀνόητα ταῦτα· ἐγὼ μὲν γὰρ τὴν σὺν αὐτοῖς ἀπραγμοσύνην καὶ τὸν τῆς ἡσυχίας ἔρωτα κἂν ἁρπάσαιμι ἐπιδραμών.

Traduction française :

[3,17] La philosophie n'est point incompatible avec les qualités qu'exige l'administration. On a vu des philosophes à la tête des affaires publiques : d'autres, se bornant à cultiver leur raison, ont passé leur vie dans le repos. Entre les premiers sont Zaleucus et Charondas qui réformèrent, l'un, le gouvernement des Locriens, l'autre, d'abord celui des Catanéens, puis, après qu'il eut été exilé de Catane, celui des Rhéginiens. Archytas servit utilement les Tarentins. Les Athéniens durent tout à Solon. Bias et Thalès rendirent les mêmes services à l'Ionie, Chilon à Lacédémone, Pittacus à Mitylène, Cléobule à Rhodes. Anaximandre fut chargé de conduire la colonie que les Milésiens envoyèrent à Apollonie. Xénophon, connu d'abord pour un brave soldat, fit voir qu'il était encore meilleur général : lorsqu'après la mort de Cyrus et la perte de plusieurs de ceux qui l'avaient suivi dans son expédition, les Grecs furent réduits à choisir entre eux quelqu'un qui pût les sauver et les ramener dans leur patrie, leur choix tomba sur Xénophon. Ce fut Platon fils d'Ariston, qui fit rentrer Dion en Sicile, et qui par ses sages conseils le mit en état d'abolir la tyrannie de Denys. Socrate n'approuvait point le gouvernement des Athéniens; leur démocratie lui paraissait n'être qu'un mélange de tyrannie et de monarchie : aussi, non seulement ne concourut-il point par son suffrage à la condamnation des dix généraux que les Athéniens livrèrent à la mort ; il refusa de plus, courageusement, de s'associer aux crimes des trente tyrans. Mais s'agissait-il de prendre les armes pour la défense de la patrie, aussitôt et sans hésiter il devenait soldat : il combattit aux journées de Délium, d'Amphipolis, de Potidée. Aristote remit sur pied sa patrie, qui était, je ne dis pas simplement ébranlée, mais tombée en ruine. Démétrius de Phalère gouverna glorieusement Athènes, jusqu'au moment où, chassé de la ville par cet esprit d'envie qui était familier aux Athéniens, il se retira en Égypte auprès de Ptolémée, et y fut à la tête de la législation. Niera-t-on que Périclès fils de Xanthippe, Épaminondas fils de Polymnis, Phocion fils de Phocus, Aristide fils de Lysimaque, Éphialte fils de Sophonide, ne fussent de vrais philosophes ? Je dirai la même chose de Carnéade et de Critolaüs, qui ont vécu dans des temps postérieurs. Leur ambassade à Rome, où ils avaient été envoyés par les Athéniens, sauva la république : ils surent si bien disposer le sénat en leur faveur, que les sénateurs disaient : "Les Athéniens nous ont envoyé des ambassadeurs, non pour nous porter à faire ce qu'il désirent, mais pour nous y forcer." Je pourrais regarder encore comme ayant eu part à l'administration publique, Persée, qui eut Antigonus pour élève, Aristote, à qui on ne contestera pas d'avoir formé la jeunesse d'Alexandre fils de Philippe; enfin Lysis, cet illustre disciple de Pythagore, qui fut chargé de l'éducation d'Épaminondas. Il y aurait donc de l'imprudence, ou plutôt de la folie, à regarder les philosophes comme des citoyens oisifs et inutiles à la société. Pour moi, je me livrerais avec bien du plaisir à cette espèce d'oisiveté, à ce prétendu amour du repos.





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Dernière mise à jour : 29/03/2007