Texte grec :
| [58,14] Σεϊανὸς μὲν δὴ μέγιστον τῶν τε πρὸ αὐτοῦ καὶ τῶν μετ´ αὐτόν,
πλὴν Πλαυτιανοῦ, τὴν ἡγεμονίαν ταύτην λαβόντων ἰσχύσας
οὕτως ἀπήλλαξεν, οἱ δὲ δὴ συγγενεῖς οἵ τε ἑταῖροι αὐτοῦ καὶ οἱ
λοιποὶ πάντες οἵ τι αὐτὸν κολακεύσαντες καὶ οἱ τὰς τιμὰς αὐτῷ
ἐσηγησάμενοι ἐκρίνοντο· καὶ ἐκείνων τε οἱ πλείους ἡλίσκοντο ἐφ´
οἷς πρότερον ἐφθονοῦντο, καὶ οἱ ἄλλοι κατεδίκαζόν σφων ἐφ´ οἷς
πρότερον ἐψηφίσαντο. καὶ συχνοὶ καὶ τῶν κεκριμένων τε ἐπί τισι
καὶ ἀφειμένων καὶ κατηγορήθησαν αὖθις καὶ ἑάλωσαν ὡς καὶ τὴν
ἐκείνου χάριν τότε σωθέντες. οὕτως, εἰ καὶ μηδὲν ἄλλο ἔγκλημά
τῳ ἐπεφέρετο, ἀλλ´ αὐτό γε τότε ἐξήρκει οἱ πρὸς τὴν τιμωρίαν ὅτι
φίλος τοῦ Σεϊανοῦ ἐγεγόνει, καθάπερ οὐ καὶ αὐτοῦ τοῦ Τιβερίου
φιλήσαντος αὐτὸν καὶ δι´ ἐκεῖνον καὶ τῶν ἄλλων οὕτω σπουδασάντων.
ἐμήνυον δὲ δὴ ταῦτα ἄλλοι τε καὶ αὐτοὶ οἱ μάλιστα τὸν
Σεϊανὸν θεραπεύοντες· οἷα γὰρ ἀκριβῶς τοὺς ὁμοίους σφίσιν εἰδότες,
οὐδὲν πρᾶγμα εἶχον οὔτ´ ἀναζητοῦντες αὐτοὺς οὔτε ἐξελέγχοντες.
καὶ οἱ μέν, ὡς σωθησόμενοί τε διὰ τοῦτο καὶ τιμὰς καὶ χρήματα
προσληψόμενοι, οἱ μὲν κατηγόρουν τινῶν οἱ δὲ κατεμαρτύρουν,
συνέβη δὲ αὐτοῖς μηδενὸς ὧν ἤλπιζον τυχεῖν· τοῖς γὰρ αὐτοῖς ἐγκλήμασιν
οἷς τοὺς ἄλλους μετῄεσαν ἐνεχόμενοι, τὸ μέν τι δι´ ἐκεῖνα
τὸ δὲ καὶ ὡς προδωσέταιροι, προσαπώλλυντο.
|
|
Traduction française :
| [58,14] Ainsi finit Séjan, après avoir été le plus puissant
de ceux qui, soit avant, soit après lui, à l'exception
toutefois de Plautien, furent investis de cette préfecture;
ses parents, ses amis, tous ceux qui l'avaient flatté
ou qui avaient proposé de lui décerner des honneurs,
furent mis en jugement ; la plupart durent leur condamnation
à l'envie qu'ils excitaient auparavant, les autres
se virent appliquer les peines qu'ils avaient auparavant
portées dans leurs décrets. Un grand nombre de ceux
qui avaient passé en jugement, et qui avaient été absous,
furent de nouveau accusés et condamnés comme
n'ayant obtenu leur acquittement que par le crédit de
Séjan. Lors même qu'il ne s'élevait aucune autre charge
contre quelqu'un, il suffisait, pour qu'il fùt livré au supplice,
qu'il eût été l'ami de Séjan, comme si Tibère lui-même
ne l'avait pas aimé, et comme si ce n'eût pas été
à cause de lui qu'on recherchait son ministre, dans de
telles conjonctures, les dénonciateurs étaient principalement
ceux qui avaient eux-mêmes le plus courtisé Séjan:
connaissant parfaitement ceux qui étaient dans une position
semblable, ils n'avaient aucune peine à les chercher
et à les convaincre. Quant à eux, comme s'ils devaient
trouver là un moyen de salut et, en outre, recevoir des
honneurs et de l'argent, les uns se faisaient accusateurs,
les autres déposaient contre les accusés : mais ils n'obtinrent
rien de ce qu'ils espéraient ; enveloppés eux-mêmes
dans les accusations qu'ils intentaient aux autres,
ils périrent victimes, les uns de ces accusations,
les autres de leur trahison envers leurs amis.
|
|