HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

DION CASSIUS, L'Histoire romaine, livre LVIII

τότε



Texte grec :

[58,2] ἐν δὲ τῷ αὐτῷ τούτῳ χρόνῳ καὶ ἡ Λιουία μετήλλαξεν, ἓξ καὶ ὀγδοήκοντα ἔτη ζήσασα. καὶ αὐτὴν ὁ Τιβέριος οὔτε νοσοῦσαν ἐπεσκέψατο οὔτ´ ἀποθανοῦσαν αὐτὸς προέθετο· οὐ μὴν οὐδὲ ἐς τιμὴν ἄλλο τι αὐτῇ πλὴν τῆς δημοσίας ἐκφορᾶς καὶ εἰκόνων ἑτέρων τέ τινων οὐδενὸς ἀξίων ἔνειμεν. ἀθανατισθῆναι δὲ αὐτὴν ἄντικρυς ἀπηγόρευσεν. οὐ μέντοι καὶ μόνα οἱ ἡ βουλή, ὅσα ἐκεῖνος ἐπέστειλεν, ἐψηφίσατο, ἀλλὰ πένθος ἐπ´ αὐτῇ παρ´ ὅλον τὸν ἐνιαυτὸν ταῖς γυναιξὶν ἐπήγγειλαν, καίπερ τὸν Τιβέριον ἐπαινέσαντες ὅτι τῆς τῶν κοινῶν διοικήσεως οὐδὲ τότε ἀπέσχετο· καὶ προσέτι καὶ ἁψῖδα αὐτῇ, ὃ μηδεμιᾷ ἄλλῃ γυναικί, ἐψηφίσαντο, ὅτι τε οὐκ ὀλίγους σφῶν ἐσεσώκει, καὶ ὅτι παῖδας πολλῶν ἐτετρόφει κόρας τε πολλοῖς συνεξεδεδώκει, ἀφ´ οὗ γε καὶ μητέρα αὐτὴν τῆς πατρίδος τινὲς ἐπωνόμαζον. ἐν δὲ τῷ μνημείῳ ἐτάφη τῷ τοῦ Αὐγούστου. καὶ αὐτῆς ἄλλα τε καλῶς εἰρημένα ἀποφθέγματα φέρεται, καὶ ὅτι γυμνούς ποτε ἄνδρας ἀπαντήσαντας αὐτῇ καὶ μέλλοντας διὰ τοῦτο θανατωθήσεσθαι ἔσωσεν, εἰποῦσα ὅτι οὐδὲν ἀνδριάντων ταῖς σωφρονούσαις οἱ τοιοῦτοι διαφέρουσι. πυθομένου τέ τινος αὐτῆς πῶς καὶ τί δρῶσα οὕτω τοῦ Αὐγούστου κατεκράτησεν, ἀπεκρίνατο ὅτι αὐτή τε ἀκριβῶς σωφρονοῦσα, καὶ πάντα τὰ δοκοῦντα αὐτῷ ἡδέως ποιοῦσα, καὶ μήτε ἄλλο τι τῶν ἐκείνου πολυπραγμονοῦσα, καὶ τὰ ἀφροδίσια αὐτοῦ ἀθύρματα μήτε ἀκούειν μήτε αἰσθάνεσθαι προσποιουμένη. τοιαύτη μὲν ἡ Λιουία ἐγένετο, ἡ μέντοι ψηφισθεῖσα αὐτῇ ἁψὶς οὐκ ᾠκοδομήθη διὰ τὸ τὸν Τιβέριον τοῖς ἑαυτοῦ τέλεσι κατασκευάσειν αὐτὴν ὑποσχέσθαι· κατοκνήσας γὰρ τῷ λόγῳ τὸ δόγμα λῦσαι, τοῦτον τὸν τρόπον ἀνέτρεψεν αὐτό, μήτ´ ἐκ τῶν δημοσίων χρημάτων ἐπιτρέψας τὸ ἔργον γενέσθαι μήτ´ αὐτὸς ποιήσας. ὁ δὲ δὴ Σεϊανὸς ἔτι καὶ μᾶλλον ᾔρετο, καὶ ἐψηφίσθη ὅπως τὰ γενέθλια αὐτοῦ δημοσίᾳ ἑορτάζηται. τὸ γάρ τοι πλῆθος τῶν ἀνδριάντων ὧν ἥ τε βουλὴ καὶ ἡ ἱππὰς αἵ τε φυλαὶ καὶ οἱ ἄνδρες οἱ πρῶτοι ἔστησαν αὐτοῦ, οὐδὲ ἐξηρίθμησεν ἄν τις· πρέσβεις τε ἰδίᾳ μὲν ἡ γερουσία ἰδίᾳ δὲ οἱ ἱππῆς τό τε πλῆθος ἔκ τε τῶν δημάρχων καὶ ἐκ τῶν ἀγορανόμων τῶν σφετέρων πρὸς ἀμφοτέρους αὐτοὺς ἔπεμπον, καὶ εὔχοντο ὑπὲρ ἀμφοῖν ὁμοίως καὶ ἔθυον, τήν τε τύχην αὐτῶν ὤμνυσαν.

Traduction française :

[58,2] En ce même temps, aussi mourut Livie, après une vie de quatre-vingt-six ans. Tibère n'alla pas la voir durant sa maladie, et ne l'exposa pas après sa mort ; il ne lui accorda d'autres honneurs que ceux de funérailles aux frais de l'État, de statues et de quelques autres distinctions insignifiantes ; il défendit hautement de la mettre au rang des déesses. Néanmoins le sénat, non content de lui décerner ce qu'ordonnait la lettre du prince, voulut que les matrones prissent le deuil pour une année entière, bien qu'il eût donné des éloges à Tibère pour n'avoir pas, même en cette circonstance, interrompu le soin des affaires publiques; de plus, il décréta, ce qui n'avait eu lieu pour aucune femme, l'érection d'un arc de triomphe, parce qu'elle avait sauvé la vie à beaucoup d'entre eux, élevé les enfants de plusieurs et marié les filles d'un grand nombre de citoyens, ce qui lui fit donner par plusieurs le surnom de Mère de la patrie. Elle fut enterrée dans le monument d'Auguste. Entre autres belles paroles de Livie, on rapporte qu'ayant un jour rencontré des hommes nus et qui, pour ce fait, allaient être mis à mort, elle leur sauva la vie, en disant que, pour des femmes sages, il n'y avait nulle différence entre des statues et des hommes nus. On lui demandait comment et par quel moyen elle s'était rendue si bien maîtresse d'Auguste : elle répondit que c'était en restant elle-même dans les bornes de la plus stricte honnêteté, en se montrant empressée à exécuter ses intentions, sans s'ingérer en rien dans ses affaires, et en faisant semblant de ne pas s'apercevoir de ses badinages amoureux, loin de les poursuivre. Tel était le caractère de Livie. Quoi qu'il en soit, l'arc de triomphe qui lui avait été décerné ne fut pas construit, parce que Tibère promit de l'élever à ses frais. Craignant, en paroles, d'annuler le décret, il l'éluda de cette façon, c'est-à-dire en ne permettant pas que l'édifice fût érigé des deniers publics, et en ne l'érigeant pas lui-même. Cependant l'orgueil de Séjan augmentait; un décret ordonna que son jour natal serait célébré comme une fête publique. Le nombre des statues élevées en son honneur par le sénat, par les chevaliers, par les tribus et par les principaux citoyens, ne saurait se calculer : car sénateurs et chevaliers, chacun en leur particulier, lui envoyaient des députations ; le peuple lui envoyait ses tribuns et ses édiles, avec autant d'empressement qu'à Tibère lui-méme; on faisait des voeux et des sacrifices également pour l'un et pour l'autre, et on jurait par leur fortune.





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Dernière mise à jour : 9/06/2006