Texte grec :
| [48,5] ἐν δ´ οὖν τῷ ἔτει τούτῳ ἔς τε τὴν Ῥώμην ὁ Καῖσαρ ἀφίκετο,
καὶ τὰ νομιζόμενα ἐπὶ τῇ νίκῃ ποιήσας πρός τε τὴν διοίκησιν καὶ
πρὸς τὴν διαγωγὴν τῶν πραγμάτων ἐτράπετο. ὅ τε γὰρ Λέπιδος,
τὰ μὲν τῷ φόβῳ αὐτοῦ τὰ δὲ καὶ τῇ τῆς γνώμης ἀσθενείᾳ, οὐδὲν
ἐνεωτέρισε· καὶ ὁ Λούκιος ἥ τε Φουλουία, ὡς καὶ συγγενεῖς καὶ
κοινωνοὶ τῆς ἡγεμονίας αὐτῷ ὄντες, ἡσύχασαν τήν γε πρώτην.
προϊόντος γὰρ δὴ τοῦ χρόνου διηνέχθησαν, οἱ μὲν ὅτι τοῦ μέρους
τῆς τῶν ἀγρῶν νομῆς τοῦ τῷ Ἀντωνίῳ προσήκοντος οὐ μετέσχον,
ὁ δὲ ὅτι τὰ στρατεύματα παρ´ αὐτῶν οὐκ ἀντέλαβε. κἀκ τούτων
ἥ τε συγγένεια αὐτῶν ἡ ἐκ τῆς ἐπιγαμίας διελύθη, καὶ πρὸς πόλεμον
ἐμφανῆ προήχθησαν. ὁ γὰρ Καῖσαρ τὴν χαλεπότητα τῆς
πενθερᾶς μὴ φέρων (ἐκείνῃ γὰρ μᾶλλον ἢ τῷ Ἀντωνίῳ διαφέρεσθαι
δοκεῖν ἐβούλετο) τὴν θυγατέρα αὐτῆς ὡς καὶ παρθένον ἔτι
οὖσαν, ὃ καὶ ὅρκῳ ἐπιστώσατο, ἀπεπέμψατο, οὐκ ὀκνήσας οὔτε εἰ
τοσοῦτον ἄλλως ἡ γυνὴ πεπαρθενεῦσθαι παρ´ αὐτῷ χρόνον νομισθείη,
οὔτε πρὸς τὴν παρασκευὴν τῶν ἐσομένων εἰ ἐκ πολλοῦ
δόξειεν αὐτὸ προβεβουλευκέναι. γενομένου δὲ τούτου οὐδὲν ἔτι
φίλιον ἐποίουν, ἀλλ´ ὅ τε Λούκιος μετὰ τῆς Φουλουίας τῶν τε
πραγμάτων, ὡς καὶ ὑπὲρ τοῦ Μάρκου ταῦτα δρῶν, ἀντελαμβάνετο
καὶ οὐδενὸς αὐτῷ ὑφίετο (διὰ γὰρ τὴν πρὸς τὸν ἀδελφὸν εὐσέβειαν
καὶ ἐπωνυμίαν ἑαυτῷ Πιέταν ἐπέθετο), καὶ ὁ Καῖσαρ τὸν μὲν
Μᾶρκον οὐδὲν δῆθεν ᾐτιᾶτο, μὴ καὶ ἐκπολεμώσειεν αὐτὸν τὰ ἐν
τῇ Ἀσίᾳ ἔθνη διέποντα, ἐκείνοις δὲ δὴ καὶ ἐπεκάλει καὶ ἀντέπραττεν
ὡς καὶ παρὰ τὴν γνώμην αὐτοῦ πάντα ποιοῦσι καὶ δυναστείας
ἰδίας ἐπιθυμοῦσιν.
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Traduction française :
| [48,5] Cette année-là, César vint a Rome, et, après avoir
accompli les cérémonies légales relativement à sa
victoire, il tourna ses vues vers la direction et
l'administration des affaires. Lépidus, en effet, moitié
par crainte de César, moitié par faiblesse de caractère,
s'était abstenu de toute innovation. Quant à Lucius et à
Fulvie, comme ils avaient avec lui des liens de parenté
et partageaient avec lui l'autorité, ils restèrent
tranquilles dans les premiers moments. Plus tard, en
effet, ils se divisèrent : Lucius et Fulvie, parce qu'ils
n'avaient pas eu dans la distribution des terres la part
qui revenait à Antoine; César, parce qu'il n'avait pas
reçu d'eux les légions promises. Par suite de ces
différends, les liens résultant du mariage furent dissous,
et on en vint à une guerre ouverte. César, ne supportant
pas l'humeur altière de sa belle-mère (c'était avec elle
plus qu'avec Antoine qu'il voulait paraître en
désaccord), lui renvoya sa fille comme si elle était
encore vierge, chose qu'il affirma par serment, sans
s'inquiéter en rien si l'on croirait à la virginité d'une
femme demeurée si longtemps chez lui, ou s'il ne
passerait pas pour avoir arrêté depuis longtemps cette
résolution afin de se ménager l'avenir. Après la
répudiation, il n'y eut plus d'amitié entre eux; Lucius,
secondé par Fulvie, s'empara des affaires sous le
prétexte de prendre les intérêts de Marc Antoine, et ne
fit aucune concession (dans son amour pour son frère il
s'était attribué à lui-même le surnom de Pietas) ; César
n'en faisait nullement retomber la faute sur Marcus, de
peur de mettre les armes aux mains d'un homme qui
administrait les provinces d'Asie : il n'accusait que
Lucius et Fulvie, et s'opposait à leurs résolutions
comme s'ils agissaient en tout contrairement aux
intentions de Marcus et désiraient dominer pour leur compte.
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