Texte grec :
| [48,9] πραχθέντος δὲ τούτου ἡ μὲν γερουσία καὶ οἱ ἄλλοι οἱ μηδενὸς
στερόμενοι πρᾴως πως πρὸς αὐτὸν ἔσχον, οἱ δὲ ἐστρατευμένοι τήν τε φειδὼ
καὶ τὴν τιμὴν τὴν ἐς ἐκείνους ἀτιμίαν τε ἅμα καὶ ζημίαν ἑαυτῶν, ὡς καὶ
ἐλάττω ληψομένων, νομίζοντες εἶναι ἐδυσχέραινον, καὶ τῶν τε ἑκατοντάρχων
καὶ τῶν ἄλλων τῶν ἐπιτηδείως τε τῷ Καίσαρι ἐχόντων καὶ θορυβεῖν αὐτοὺς
κωλυόντων συχνοὺς ἀπέκτειναν, αὐτόν τε ἐκεῖνον παρ´ ὀλίγον ἦλθον
ἀποχρήσασθαι, πᾶσαν αὐτάρκη πρόφασιν τῆς ὀργῆς ποιούμενοι.
καὶ οὐ πρότερόν γε ἐπαύσαντο χαλεπαίνοντες πρὶν τοῖς τε συγγενέσι
σφῶν καὶ τοῖς τῶν ἐν ταῖς μάχαις πεσόντων πατράσι καὶ παισὶ
τὴν χώραν, ὅσην τινὲς αὐτῶν εἶχον, ἀφεθῆναι. ἐκ δὲ τούτου τὰ
μὲν τῶν στρατιωτῶν ἐπιτηδειότερά οἱ αὖθις ἐγένετο, ὁ δὲ δῆμος
κατ´ αὐτὸ δὴ τοῦτο πάλιν ἠγανάκτει. καὶ ἔς τε χεῖρας αὐτοῖς ᾖσαν
καὶ μάχαι σφῶν συνεχεῖς ἐγίγνοντο, ὥστε καὶ τιτρώσκεσθαι καὶ
ἀποθνήσκειν παρ´ ἀμφοτέρων ὁμοίως πολλούς. οἱ μὲν γὰρ δὴ τῇ
τε τῶν ὅπλων παρασκευῇ καὶ τῇ τῶν πολέμων ἐμπειρίᾳ, οἱ δὲ τῷ
τε πλήθει καὶ τῷ καὶ ἀπὸ τῶν τεγῶν αὐτοὺς βάλλειν ἐπεκράτουν,
ὥστε καὶ οἰκίας διὰ τοῦτο συχνὰς καταπρησθῆναι, καὶ τὸ ἐνοίκιον
τοῖς μὲν ἐν τῷ ἄστει μέχρι πεντακοσίων δραχμῶν οἰκοῦσι πᾶν,
τοῖς δ´ ἐν τῇ λοιπῇ Ἰταλίᾳ κατὰ τὸ τέταρτον ἐνιαυτοῦ ἑνὸς ἀνεθῆναι.
ἐν πάσαις γὰρ δὴ ταῖς πόλεσιν ὁμοίως, ὅπῃ ποτὲ συντύχοιεν
ἀλλήλοις, ἐμάχοντο.
|
|
Traduction française :
| [48,9] Cette conduite inspira au sénat et à ceux qui
échappaient aux spoliations des sentiments assez
bienveillants à son égard ; mais, d'un autre côté, les
soldats, ne voyant dans ces ménagements et cet honneur
accordés aux citoyens qu'un déshonneur et un dommage
pour eux-mêmes, comme si on allait leur donner moins,
s'exaspérèrent et mirent à mort plusieurs centurions et
soldats qui, favorables à César, cherchaient à réprimer
leur sédition; peu s'en fallut qu'ils ne tuassent César lui-même,
se faisant de tout un prétexte suffisant pour se
mutiner. Leur irritation ne s'arrêta que lorsqu'un eut
concédé à leurs proches, ainsi qu'aux pères et aux
enfants de ceux qui étaient tombés sur les champs de
bataille, toutes les terres qu'ils se trouvaient posséder.
Par suite de cette mesure, les dispositions des soldats
lui redevinrent favorables : mais, pour la même raison,
le peuple laissa de nouveau éclater son
mécontentement. On en vint aux mains, et des conflits
fréquents furent engagés, de sorte que, de part et d'autre
pareillement, il y eut beaucoup de blessés et de tués.
Les uns, en effet, avaient la supériorité, grâce aux
armes et à l'expérience de la guerre; les autres, grâce à
leur nombre et aux traits qu'ils lançaient du haut de
leurs toits; ce qui fit qu'un grand nombre de maisons
furent brûlées, et que remise d'une année entière de
location fut accordée, jusqu'à concurrence de cinq cents
drachmes dans Rome et jusqu'à concurrence du quart de
cette somme dans le reste de l'Italie. De même, dans
toutes les villes, partout où ils se rencontraient, il y
avait bataille.
|
|