Texte grec :
| [48,1] Ὁ μὲν οὖν Βροῦτος ὅ τε Κάσσιος οὕτως ἀπώλοντο, τοῖς ξίφεσιν
οἷς τὸν Καίσαρα ἀπεχρήσαντο σφαγέντες· οἵ τε ἄλλοι οἱ τῆς ἐπ´
αὐτὸν ἐπιβουλῆς μετασχόντες, οἱ μὲν πρότερον οἱ δὲ τότε οἱ δὲ
μετὰ ταῦτα, πλὴν πάνυ ὀλίγων ἐφθάρησαν, ὥς που τό τε δίκαιον
ἔφερε καὶ τὸ δαιμόνιον ἦγεν ἄνδρα αὐτοὺς εὐεργέτην σφῶν, ἐς τοσοῦτον
καὶ τῆς ἀρετῆς καὶ τῆς τύχης προχωρήσαντα, ἀποκτείναντας
παθεῖν. ὁ δὲ δὴ Καῖσαρ καὶ ὁ Ἀντώνιος τοῦ μὲν Λεπίδου
παραχρῆμα, ἅτε μὴ συννικήσαντός σφισιν, ἐπλεονέκτησαν, ἔμελλον
δὲ καὶ ἐπ´ ἀλλήλους οὐκ ἐς μακρὰν τρέψεσθαι· χαλεπὸν γὰρ ἄνδρας
τρεῖς ἢ καὶ δύο ὁμοτίμους, ἐγκρατεῖς τηλικούτων ἐκ πολέμου
πραγμάτων γενομένους, ὁμονοῆσαι. καὶ διὰ τοῦτο ὅσα τέως ἐπὶ
τῇ τῶν ἀνθισταμένων σφίσι καταλύσει συμφρονήσαντες κατέπραξαν,
ταῦτα τότε ἆθλα τῆς πρὸς ἀλλήλους φιλοτιμίας ἤρξαντο ποιεῖσθαι.
τήν τε γὰρ ἀρχὴν αὐτίκα ἀνεδάσαντο, καὶ Καίσαρι μὲν ἥ τε Ἰβηρία
καὶ ἡ Νουμιδία, Ἀντωνίῳ δὲ ἥ τε Γαλατία καὶ ἡ Ἀφρικὴ ἐγένετο·
καὶ συνέθεντο ὥστ´, ἄν τινα ἀγανάκτησιν ὁ Λέπιδος ἐπὶ τούτῳ
ποιήσηται, τῆς Ἀφρικῆς αὐτῷ ἐκστῆναι.
|
|
Traduction française :
| [48,1] C'est ainsi que finirent Brutus et Cassius, percés des
mêmes glaives dont ils avaient abusé contre César; le
reste de ceux qui avaient pris part à la conspiration
furent, les uns auparavant, les autres alors, d'autres plus
tard, mis a mort, à un très petit nombre d'exceptions
près, comme le comportait la justice, et suivant la façon
dont la volonté des dieux conduisit les événements a
l'égard des meurtriers d'un homme qui avait été leur
bienfaiteur et qui s'était élevé à un si haut degré de
vertu et de fortune. César et Antoine s'attribuèrent, dans
le moment, la supériorité sur Lépidus, attendu qu'il
n'avait pas eu de part à leur victoire, mais ils devaient,
peu de temps après, se retourner l'un contre l'autre. Il
était difficile, en effet, que trois hommes, ou même
deux, égaux en honneur, devenus par la guerre maîtres
d'une si grande puissance, s'entendissent ensemble.
C'est pour cette raison que tout ce qu'ils firent jusqu'à ce
moment d'un commun accord, en vue de renverser le
parti opposé, ils commencèrent à en faire dès lors, à
l'égard les uns des autres, le prix de leur ambition. Ainsi
ils se partagèrent immédiatement l'empire : César eut
l'Espagne et la Numidie; Antoine, la Gaule et l'Afrique :
ils convinrent, de plus, que si Lépidus se montrait irrité
de ce partage, on lui céderait l'Afrique.
|
|