Texte grec :
| [48,3] καὶ αὐτὸν ἡ νόσος ἔν τε τῇ πορείᾳ καὶ ἐν τῷ πλῷ ἰσχυρῶς ἐπίεσεν,
ὥστε καὶ θανάτου δόξαν τοῖς ἐν τῇ Ῥώμῃ παρασχεῖν. οὐ μέντοι καὶ ὑπὸ τῆς
ἀρρωστίας τοσοῦτον ὅσον ἐπὶ παρασκευῇ κακοῦ τινος χρονίζειν αὐτὸν
ἐνόμιζον, κἀκ τούτου πάνθ´ ὅσα ἐνεδέχετό σφας παθεῖν ὑπετόπουν.
καίτοι ἄλλα τε ἐπὶ τῇ νίκῃ πολλὰ αὐτοῖς ἐψηφίσαντο, ἅπερ που
καὶ τοῖς ἑτέροις ἄν, εἰ ἐκεκρατήκεσαν, ἐδέδοτο (ἐν γὰρ δὴ τοῖς
τοιούτοις τό τε ἀπολωλὸς πάντες ἀεὶ κατατρέχουσι καὶ τὸ κρατῆσαν
τιμῶσι), καὶ δὴ καὶ ἱερομηνίας ἐν ἅπαντι ὡς εἰπεῖν τῷ ἔτει καὶ
ἄκοντες ἄγειν ἔγνωσαν· τοῦτο γάρ σφισιν ὁ Καῖσαρ ἐπὶ τῇ τῶν
σφαγέων τιμωρίᾳ ἄντικρυς ποιῆσαι ἐκέλευσε. χρονίζοντος δ´ οὖν
αὐτοῦ λόγοι τε παντοδαποὶ ἐθρυλοῦντο καὶ παθήματα ἀπ´ αὐτῶν
παντοῖα συνέβαινε. τά τε γὰρ ἄλλα καὶ οἱ μὲν ὡς τέθνηκε διεθρόουν,
καὶ ἡδονὴν πολλοῖς ἐνέβαλλον, οἱ δὲ ὡς κακόν τι βουλεύοιτο,
καὶ φόβον συχνοῖς ἐνεποίουν. καὶ διὰ τοῦτο οἱ μὲν τὰ σφέτερα
συνέκρυπτον καὶ ἑαυτοὺς ἐν φυλακῇ ἐποιοῦντο, οἱ δὲ ὅπῃ ποτὲ
ἀποδράσοιντο διεσκόπουν. ἄλλοι, καὶ οἵ γε πλείους, οὐδὲ ἐπινοῆσαί
τι ὑπὸ τοῦ σφοδροῦ δέους δυνάμενοι, παρεσκευάζοντο ὡς καὶ πάντως
ἀπολούμενοι. βραχύ τέ τι καὶ κομιδῇ σμικρὸν τὸ θαρσοῦν
ἦν· ἐκ γὰρ δὴ τῆς πρόσθεν πολλῆς καὶ ποικίλης καὶ τῶν ἀνθρώπων
καὶ τῶν χρημάτων φθορᾶς οὐδὲν ὅ τι οὐχὶ καὶ τῶν ὁμοίων καὶ
τῶν χειρόνων, ἅτε καὶ παντελῶς κεκρατημένοι, προσεδέχοντο. ὅθενπερ
καὶ ὁ Καῖσαρ φοβηθεὶς μή τι ἄλλως τε καὶ τοῦ Λεπίδου
παρόντος νεοχμώσωσιν, ἐπέστειλε τῇ γερουσίᾳ θαρσεῖν τε αὐτῇ
παραινῶν, καὶ προσυπισχνούμενος πάντα καὶ πρᾴως καὶ φιλανθρώπως
κατὰ τὸν πατέρα ποιήσειν.
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Traduction française :
| [48,3] Dans le trajet et pendant la traversée, il fut saisi par
la maladie avec une telle violence que, dans Rome, on
alla jusqu'à croire qu'il était mort. Cependant on pensait
généralement que c'était moins sa santé qui causait ses
retards que les apprêts de quelque méchant coup, et, par
suite, on s'attendait à subir toutes les calamités
imaginables. On ne laissa pas, néanmoins, outre les
honneurs sans nombre décernés en commun aux
triumvirs à l'occasion de leur victoire, honneurs qu'on
aurait rendus à leurs adversaires s'ils avaient eu
l'avantage (tout le monde, en pareilles circonstances,
attaque le parti vaincu et prodigue les honneurs au
vainqueur), de décréter, bien malgré soi, des
supplications à remplir presque toute l'année; César, en
effet, les avait ouvertement ordonnées en actions de
grâces de la punition des meurtriers. Comme il tardait,
des bruits de toute espèce coururent parmi le peuple et
y produisirent des sentiments fort divers. Les uns, en
effet, répandaient qu'il était mort, et ainsi causaient de
la joie à bien des gens; d'autres, qu'il méditait quelque
attentat, et inspiraient des craintes à un grand nombre.
Aussi, une partie des citoyens cachait ses richesses et se
tenait sur ses gardes, une partie cherchait où fuir.
D'autres, et c'étaient les plus nombreux, ne pouvant
respirer, tant leur crainte était forte, se croyaient perdus
corps et biens. La quantité de ceux qui avaient
confiance était fort restreinte et fort petite: tant de
désastres divers avaient frappé les hommes et les
fortunes que, les triumvirs l'emportant, il n'y avait
aucun malheur semblable ou pire encore auquel on ne
s'attendît. C'est pourquoi César, qui craignait que la
présence de Lépidus n'excitât quelque nouveau trouble,
écrivit au sénat pour l'exhorter a prendre confiance et
lui promettre de se conduire en toutes choses avec
clémence et humanité, suivant l'exemple de son père.
Tels étaient les événements qui se passaient alors.
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