Texte grec :
| [48,6] ἦν δὲ ἐν τῇ κληρουχίᾳ ἀμφοτέροις ἡ πλείστη τῆς δυνάμεως
ἐλπίς, καὶ διὰ τοῦθ´ ὑπὲρ αὐτῆς πρῶτον ἀρξάμενοι διεφέροντο.
ὅ τε γὰρ Καῖσαρ αὐτὸς πᾶσιν τοῖς τε ἑαυτῷ καὶ τοῖς τῷ Ἀντωνίῳ
συστρατευσαμένοις ἤθελεν αὐτὴν κατὰ τὰς συνθήκας τὰς μετὰ τὴν
νίκην αὐτοῖς γενομένας, ὅπως ἐς εὔνοιάν σφας ὑπαγάγηται, ποιήσασθαι·
καὶ ἐκεῖνοι τήν τε ἐπιβάλλουσαν τοῖς σφετέροις κληρουχῆσαι
καὶ τὰς πόλεις αὐτοὶ ἀποικίσαι ἠξίουν, ἵνα τὴν ἰσχὺν αὐτῶν
σφετερίσωνται. καὶ γὰρ ἑτοιμότατον ἀμφοτέροις ἐδόκει εἶναι τὰ
τῶν ἀόπλων τοῖς συμπολεμήσασι χαρίσασθαι. ὡς γοῦν παρὰ τὴν
δόξαν αὐτῶν πολλὴ ταραχὴ ἐγίγνετο καὶ τὸ πρᾶγμα ἐς πόλεμον
προήγετο (πᾶσαν γὰρ κατ´ ἀρχὰς τὴν Ἰταλίαν, πλὴν εἴ τί τις
τῶν ἐστρατευμένων ἐν δωρεᾶς μέρει λαβὼν ἢ καὶ ἐκ τοῦ δημοσίου
πριάμενος εἶχε, μετά τε τῆς δουλείας καὶ μετὰ τῆς ἄλλης κατασκευῆς
τοὺς δεσπότας ὁ Καῖσαρ ἀφῃρεῖτο καὶ ἐκείνοις ἐδίδου, καὶ
διὰ τοῦτο τῶν κτημάτων ἀποστερούμενοι δεινῶς πρὸς αὐτὸν ἠγανάκτουν),
μετεβάλοντο ἥ τε Φουλουία καὶ ὁ ὕπατος, πλείω δύναμιν
ἐν τοῖς ἑτέροις τοῖς ἀδικουμένοις σχήσειν ἐλπίσαντες, καὶ τῶν μὲν
ληψομένων τοὺς ἀγροὺς ἠμέλησαν, πρὸς δὲ ἐκείνους, ἅτε καὶ πλείονας
ὄντας καὶ ὀργὴν δικαίαν ὑπὲρ ὧν ἀπεστεροῦντο ποιουμένους,
ἐτράποντο. κἀκ τούτου ὑπολαμβάνοντες αὐτοὺς ὡς ἑκάστους καὶ
συνῄροντο καὶ συνίστων, ὥστε καὶ τοὺς ἐν τῷ πρὶν τὸν Καίσαρα
φοβουμένους τότε προστατῶν ἐπιλαβομένους ἀναθαρσῆσαι καὶ μηδενὸς
ἔτι τῶν οἰκείων ἀφεῖσθαι· καὶ γὰρ καὶ τῷ Μάρκῳ ταῦτα συνδοκεῖν ἐνόμιζον.
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Traduction française :
| [48,6] Les uns et les autres mettaient dans la distribution
des terres leur plus grand espoir de puissance, et c'est
pour cela qu'ils en firent leur premier motif de
dissension. César voulait, conformément aux
conventions arrêtées à la suite de la victoire, faire lui-même
le partage à ses propres soldats et à ceux
d'Antoine, afin de s'attirer leur faveur; Lucius et Fulvie
prétendaient assigner aux leurs la part qui leur revenait
et envoyer eux-mêmes les colonies dans les villes, afin
de se les attacher du même coup. Les uns et les autres,
en effet, regardaient comme le moyen le plus expéditif
de donner à ceux qui avaient combattu pour eux les
biens de ceux qui n'avaient pas d'armes. Mais comme,
contrairement à leur opinion, il s'éleva un grand tumulte
et que la guerre menaçait (car, d'abord, dans toute
l'Italie, à la réserve des portions possédées par quelques
vétérans, qui les avaient soit reçues comme récompense,
soit achetées de l'Etat, César enlevait aux maîtres leurs
terres avec leurs esclaves et tout le reste de leur
mobilier pour en faire don aux soldats; ce qui donnait
lieu, de la part des citoyens dépouillés, à une violente
irritation contre lui). Fulvie et le consul changèrent de
conduite, espérant trouver une ressource plus grande
dans les victimes de cette mesure : ils négligèrent ceux
qui devaient recevoir des terres pour tourner leurs vues
du côté des citoyens, plus nombreux, qui, pour avoir été
dépouillés, faisaient éclater une juste colère. C'est
pourquoi, les prenant sous leur protection, ils prêtèrent
leur aide à chacun d'eux et en formèrent une ligue, de
telle sorte que ceux qui, auparavant, redoutaient César,
maintenant qu'ils se sentaient soutenus, reprirent
courage, et ne cédèrent plus rien de ce qui leur appartenait,
croyant cette conduite approuvée aussi de Marcus.
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