Texte grec :
| [48,19] γενομένου δὲ τούτου τήν τε νῆσον πᾶσαν ὁ Σέξτος κατέσχε,
καὶ τὸν Βιθυνικὸν ὡς καὶ ἐπιβουλεύσαντα αὐτῷ ἀπέκτεινε,
θέας τε ἐπινικίους ἤγαγε, καὶ ναυμαχίαν τῶν αἰχμαλώτων ἐν τῷ
πορθμῷ παρ´ αὐτὸ τὸ Ῥήγιον, ὥστε καὶ τοὺς ἐναντίους ὁρᾶν,
ἐποίησε, πλοιάριά τινα ξύλινα πρὸς ἕτερα βύρσινα ἐς τὸν τοῦ
Ῥούφου κατάγελων συμβαλών. καὶ μετὰ τοῦτο ναῦς τε πλείους
ἐναυπηγήσατο καὶ τῆς πέριξ θαλάσσης ἐκράτησε, δόξαν τέ τινα
καὶ φρόνημα ὡς καὶ τοῦ Ποσειδῶνος παῖς ὤν, ὅτι πάσης ποτὲ ὁ
πατὴρ αὐτοῦ τῆς θαλάσσης ἦρξε, προσέθετο. ταῦτα μέν, ἕως ἔτι
τά τε τοῦ Κασσίου καὶ τὰ τοῦ Βρούτου συνειστήκει, ἔπραξε·
φθαρέντων δὲ ἐκείνων ἄλλοι τε πρὸς αὐτὸν συγκατέφυγον καὶ ὁ
Στάιος ὁ Λούκιος. καὶ αὐτὸν τὰ μὲν πρῶτα ἀσμένως ἐδέξατο
(καὶ γὰρ τὴν δύναμιν ἧς ἦρχεν ἐπηγάγετο), ἔπειτα δὲ καὶ δραστήριον
καὶ φρονηματώδη ἰδὼν ὄντα ἀπέκτεινεν, ἔγκλημα αὐτῷ προδοσίας
ἐπενεγκών. κἀκ τούτου τό τε ἐκείνου ναυτικὸν καὶ τὸ τῶν
δούλων τῶν ἐκ τῆς Ἰταλίας ἀφικνουμένων πλῆθος προσλαβὼν
πάμπολυ ηὐξήθη· τοσοῦτοι γὰρ δὴ ηὐτομόλουν ὥστε καὶ τὰς ἀειπαρθένους
καθ´ ἱερῶν εὔξασθαι ἐπισχεθῆναί σφων τὰς αὐτομολίας.
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Traduction française :
| [48,19] Sextus devint par là maître de l'île entière, et fit
mourir Bithynicus, sous prétexte qu'il avait conspiré
contre lui ; il donna des spectacles comme après une
victoire et fit livrer par les captifs, sur le détroit, en face
même de Rhégium, de manière à être vu de ses
adversaires, un combat naval où il mettait aux prises,
pour se moquer de Rufus, des bateaux de bois contre
des bateaux de cuir. Ensuite, il construisit des vaisseaux
en grand nombre, établit sa domination sur tout le
littoral, et poussa la présomption et l'orgueil jusqu'à se
regarder comme fils de Neptune, parce que son père
avait eu autrefois le commandement sur toute l'étendue
de la mer. Voilà ce qu'il fit tant que le parti de Cassius
et celui de Brutus furent encore debout; eux morts,
plusieurs de leurs partisans, entre autres L. Statius, se
réfugièrent près de lui. Sextus l'accueillit d'abord avec
joie (Statius amenait avec lui le corps qu'il
commandait), mais ensuite, voyant en lui un homme
d'action et de sentiments élevés, il le fit mourir sous
prétexte de trahison. A partir de ce moment, s'étant mis
à la tête de la flotte de Statius et d'une multitude
d'esclaves qui accouraient d'Italie, il accrut
considérablement sa puissance. En effet, le nombre des
fugitifs était tel que les Vestales, dans les sacrifices,
demandaient aux dieux d'arrêter cette désertion.
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