HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Diodore de Sicile, La Bibliothèque historique, livre XV

παροξυνθέντες



Texte grec :

[15,58] 58. Ἡ δ' οὖν στάσις ἐγένετο διὰ τοιαύτας αἰτίας. Τῆς πόλεως τῶν ᾿Αργείων δημοκρατουμένης καί τινων δημαγωγῶν παροξυνόντων τὸ πλῆθος κατὰ τῶν ταῖς ἐξουσίαις καὶ δόξαις ὑπερεχόντων, οἱ διαβαλλόμενοι συστάντες ἔγνωσαν καταλῦσαι τὸν δῆμον. (2) Βασανισθέντων δέ τινων ἐκ τῶν συνεργεῖν δοκούντων, οἱ μὲν ἄλλοι φοβηθέντες τὴν ἐκ τῶν βασάνων τιμωρίαν ἑαυτοὺς ἐκ τοῦ ζῆν μετέστησαν, ἑνὸς δ' ἐν ταῖς βασάνοις ὁμολογήσαντος καὶ πίστιν λαβόντος, ὁ μὲν μηνυτὴς τριάκοντα τῶν ἐπιφανεστάτων κατηγόρησεν, ὁ δὲ δῆμος οὐκ ἐλέγξας ἀκριβῶς ἅπαντας τοὺς διαβληθέντας ἀπέκτεινε καὶ τὰς οὐσίας αὐτῶν ἐδήμευσεν. (3) Πολλῶν δὲ καὶ ἄλλων ἐν ὑποψίαις ὄντων, καὶ τῶν δημαγωγῶν ψευδέσι διαβολαῖς συνηγορούντων, ἐπὶ τοσοῦτον ἐξηγριώθη τὸ πλῆθος, ὥστε πάντων τῶν κατηγορουμένων, ὄντων πολλῶν (καὶ) μεγαλοπλούτων, καταγνῶναι θάνατον. Ἀναιρεθέντων δὲ τῶν δυνατῶν ἀνδρῶν πλειόνων ἢ χιλίων καὶ διακοσίων, καὶ τῶν δημαγωγῶν αὐτῶν ὁ δῆμος οὐκ ἐφείσατο. (4) Διὰ γὰρ τὸ μέγεθος τῆς συμφορᾶς οἱ μὲν δημαγωγοὶ φοβηθέντες μή τι παράλογον αὐτοῖς ἀπαντήσῃ, τῆς κατηγορίας ἀπέστησαν, οἱ δ' ὄχλοι δόξαντες ὑπ' αὐτῶν ἐγκαταλελεῖφθαι, καὶ διὰ τοῦτο παροξυνθέντες, ἅπαντας τοὺς δημαγωγοὺς ἀπέκτειναν. Οὗτοι μὲν οὖν, ὡσπερεί τινος νεμεσήσαντος δαιμονίου, τῆς ἁρμοζούσης τιμωρίας ἔτυχον, ὁ δὲ δῆμος παυσάμενος τῆς λύττης εἰς τὴν προϋπάρχουσαν ἔννοιαν ἀποκατέστη.

Traduction française :

[15,58] Le peuple se souleva à l'occasion que je vais dire. Le gouvernement d'Argos était purement démocratique. Or les orateurs de la populace s'étant avisés de s'animer contre ceux qui étaient distingués par leur richesse ou par leur réputation, ceux-ci pour se venger entreprirent d'arracher au peuple l'autorité publique. (2) Le soupçon qu'on en eut fit mettre quelques-uns de ces derniers à la torture et d'autres se tuèrent eux-mêmes pour la prévenir. Mais un d'entre eux avoua le fait et donna des indices de sa déposition contre une trentaine des principaux de la ville. Le peuple, sans autre examen, fit mourir tous les accusés et vendit leurs biens à l'encan. (3) Plusieurs autres ayant été soupçonnés du même complot et les orateurs animant encore la populace par de fausses accusations, elle s'aigrit au point de condamner à la mort douze cents de ses plus riches et de ses plus considérables concitoyens. Dans la suite les orateurs eux-mêmes ne furent pas épargnés. (4) Car ces malheureux, craignant que l'effroyable exécution dont ils étaient cause n'eut enfin pour eux un retour funeste, mirent fin tout d'un coup à leurs dépositions. Le peuple, qui crut qu'ils abandonnaient sa cause, tourna aussitôt son indignation contre eux et les égorgea tous sans miséricorde. C'est ainsi que, par un effet de la vengeance divine, ils furent eux-mêmes la victime de la frénésie qu'ils avaient fait naître. Mais enfin cette rage populaire étant passée, les habitants revinrent d'eux-mêmes à cette bienveillance réciproque dans laquelle ils vivaient auparavant.





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Dernière mise à jour : 29/09/2005