HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Diodore de Sicile, La Bibliothèque historique, livre XV

παρρησίᾳ



Texte grec :

[15,52] 52. Οὗτοι μὲν οὖν προάγοντες ὡς ἧκον εἰς Κορώνειαν, κατεστρατοπέδευσαν καὶ τοὺς καθυστεροῦντας τῶν συμμάχων ἀνέμενον. Οἱ δὲ Θηβαῖοι διὰ τὴν παρουσίαν τῶν πολεμίων ἐψηφίσαντο τέκνα μὲν καὶ γυναῖκας εἰς ᾿Αθήνας ὑπεκθέσθαι, αὐτοὶ δ' ᾿Επαμεινώνδαν στρατηγὸν ἑλόμενοι τούτῳ τὰ κατὰ τὸν πόλεμον ἐπέτρεψαν, συμπαρόντων αὐτῷ βοιωταρχῶν ἕξ. (2) Ὁ δ' ᾿Επαμεινώνδας πανδημεὶ τοὺς Θηβαίους τοὺς ἐν ἡλικίᾳ στρατιᾶς ὄντας καταλέξας εἰς τὴν μάχην καὶ τῶν ἄλλων Βοιωτῶν τοὺς εὐθέτους, προῆγε τὴν δύναμιν ἐκ τῶν Θηβῶν, ἔχων τοὺς σύμπαντας οὐ πλείους τῶν ἑξακισχιλίων. (3) Κατὰ δὲ τὴν τῆς πόλεως ἔξοδον τῶν στρατιωτῶν πολλοῖς ἔδοξε δυσχερῆ σημεῖα φανῆναι τῷ στρατοπέδῳ. Περὶ γὰρ τὰς πύλας ἀπήντησε τοῖς περὶ τὸν ᾿Επαμεινώνδαν κῆρυξ τυφλός, ὃς ἀνδράποδ' ἀποδεδρακότα, ἀνακομίζων, καὶ καθάπερ ἦν εἰθισμένον, ἀνηγόρευε κηρύττων μήτ' ἐξάγειν Θήβηθεν μήτ' ἀφανίζειν, ἀλλ' ἀπάγοντα πάλιν ἀνασώζειν. (4) Οἱ μὲν οὖν πρεσβύτεροι τῶν ἀκουόντων τοῦ κήρυκος οἰωνὸν ἐποιοῦντο τοῦ μέλλοντος, οἱ δὲ νεώτεροι ἡσυχίαν εἶχον, ἵνα μὴ δόξωσι διὰ δειλίαν ἀποτρέπειν τὸν ᾿Επαμεινώνδαν τῆς στρατείας. Ὁ δ' ᾿Επαμεινώνδας πρὸς τοὺς λέγοντας προσέχειν δεῖν τοῖς οἰωνοῖς εἶπεν εἷς οἰωνὸς ἄριστος ἀμύνεσθαι περὶ πάτρης. (5) Ταύτῃ δὲ τῇ παρρησίᾳ καταπληξαμένου τοῦ ᾿Επαμεινώνδου τοὺς εὐλαβῶς ἔχοντας, ἕτερος οἱωνὸς ἐφάνη δυσχερέστερος τοῦ προτέρου. Ὁ γὰρ γραμματεὺς προῆγεν ἔχων δόρυ καὶ ταινίαν ἐπ' αὐτῷ, καὶ προεσήμαινε τὸ παραγγελλόμενον ὑπὸ τῶν ἡγεμόνων· πνεύματος δὲ γενομένου συνέβη τὴν ταινίαν ἀποσπασθεῖσαν περιαμπίσχεσθαι περί τινα στήλην ἐφεστῶσαν τάφῳ· ἦσαν δὲ ἐν τῷ τόπῳ τούτῳ τεθαμμένοι τινὲς Λακεδαιμόνιοι καὶ Πελοποννήσιοι, οἳ μετ' ᾿Αγησιλάου στρατεύσαντες ἐτελεύτησαν. (6) Τῶν δὲ πρεσβυτέρων τινὲς πάλιν ἐντυχόντες διεμαρτύραντο μὴ προάγειν τὴν δύναμιν, φανερῶς τῶν θεῶν κωλυόντων, ὁ δ' οὐδὲν αὐτοῖς ἀποκριθεὶς προῆγε τὸ στρατόπεδον, ἡγούμενος τὸν ὑπὲρ τῶν καλῶν λογισμὸν καὶ τὴν ὑπὲρ τῶν δικαίων μνήμην αἱρετωτέραν εἶναι τῶν παρόντων σημείων. (7) Ὁ μὲν οὖν ᾿Επαμεινώνδας πεφιλοσοφηκὼς καὶ τοῖς ἐν παιδείᾳ λογισμοῖς ἐμφρόνως χρησάμενος παραυτίκα μὲν ὑπὸ πολλῶν μέμψεως ἔτυχεν, ὕστερον δὲ διὰ τῶν κατορθωμάτων δόξας στρατηγικῇ συνέσει διαφέρειν μεγίστων ἀγαθῶν αἴτιος ἐγένετο τῇ πατρίδι. Εὐθὺς γὰρ προαγαγὼν τὴν δύναμιν, καὶ προκαταλαβόμενος τὰ περὶ τὴν Κορώνειαν στενά, κατεστρατοπέδευσεν.

Traduction française :

[15,52] S'avançant donc jusques à Coronée ils campèrent là pour attendre ceux de leurs alliés qui ne les avaient pas encore joints. Les Thébains à l'approche des ennemis avaient statué par un décret public d'envoyer leurs femmes et leurs enfants à Athènes. Ils nommèrent en même temps Épaminondas pour général et lui confièrent toute la conduite de cette guerre en lui donnant néanmoins six béotarques pour conseil et pour lieutenants. (2) Épaminondas prit d'abord toute la jeunesse de la ville et ce qu'il y avait de meilleur dans celle de la province entière et se mit en marche avec cette armée composée de plus six mille hommes. (3) Dès la sortie des portes de Thèbes, ils crurent faire une rencontre de mauvaise augure. Il se présenta un huissier du peuple qui conduisait un esclave aveugle pris en fuite, et suivant la formule établie chez les Thébains, l'huissier criait qu'on ne le chasse point de Thèbes et qu'on ne le punisse point de mort mais que son maître en le reprenant lui sauve la vie. (4) Les plus âgés d'entre les soldats disaient que cette aventure pronostiquait un fâcheux retour, mais les plus jeunes gardaient le silence, de peur d'être soupçonnés de lâcheté s'ils proposaient à Épaminondas de suspendre son entreprise. En effet, Épaminondas n'opposa à ceux qui voulaient lui faire trouver dans cette aventure un avis du ciel que ce vers d'Homére. Mon augure est l'honneur de servir ma patrie. (5) A peine ce général avait-il imposé silence par cette réponse aux hommes superstitieux qu'un autre fait qui arriva parut d'un présage encore plus funeste. Le secrétaire du général ou du conseil de guerre portait les ordres dans le camp ayant à la main une pique ou une lance , où pendait une banderole. Or il arriva qu'un grand vent ayant enlevé cette banderole en alla envelopper une colonne posée sur un tombeau : et c'était là qu'étaient ensevelis quelques Lacédémoniens et autres soldats du Péloponnèse qui avaient combattu sous Agésilas. (6) Là-dessus les vieillards insistèrent plus fort qu'auparavant et soutenaient qu'il ne fallait point avancer contre l'indication formelle de la volonté des dieux. Épaminondas ne leur répondit rien et continua sa marche, jugeant que l'honneur, le devoir et la justice étaient préférables à des interprétations superstitieuses des premiers objets que le hasard offrait à la vue. (7) C'est par là qu'Épaminondas véritablement philosophe et ayant cultivé en lui dès son enfance une raison courageuse, fut d'abord condamné par la multitude ; mais justifié dans la suite par la supériorité de son intelligence et de sa valeur, il procura de très grands avantages à sa patrie. Car s'étant saisi avec toutes ses forces du passage étroit de Coronée, il y dressa son camp.





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Dernière mise à jour : 29/09/2005