HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Denys d'Halicarnasse, Les Antiquités romaines, livre VIII (avec trad. française)

Κασσίου



Texte grec :

[8,81] Μετὰ γὰρ τὸν τοῦ Κασσίου θάνατον οἱ μὲν αὐξάνοντες τὴν ἀριστοκρατίαν θρασύτεροί τε καὶ ὑπεροπτικώτεροι τῶν δημοτικῶν ἐγεγόνεσαν· οἱ δ´ ἐν ἀφανεῖ τῆς δόξης φερόμενοι καὶ βίου εἰς ταπεινὰ συνεστάλησαν, καὶ ὡς ἄριστον ἀπολωλεκότες φύλακα τῆς δημοτικῆς μερίδος πολλὴν ἄνοιαν ἑαυτῶν ἐπὶ τῇ καταδίκῃ κατηγόρουν. τούτου δ´ αἴτιον ἦν, ὅτι τὰ δόξαντα τῇ βουλῇ περὶ τῆς κληρουχίας οὐκ ἔπραττον οἱ ὕπατοι, δέον αὐτοὺς ἄνδρας τ´ ἀποδεῖξαι δέκα τοὺς ὁριοῦντας τὴν γῆν καὶ γνώμην εἰσηγήσασθαι πόσην τ´ αὐτῆς καὶ τίσι δεήσει νεμηθῆναι. συνῄεσάν τε πολλοὶ κατὰ συστροφὰς περὶ τῆς ἀπάτης ἑκάστοτε διαλεγόμενοι, καὶ ἐν αἰτίᾳ τοὺς προτέρους εἶχον δημάρχους ὡς προδεδωκότας τὸ κοινόν· ἐκκλησίαι τε συνεχεῖς ὑπὸ τῶν τότε δημάρχων ἐγίνοντο καὶ ἀπαιτήσεις τῆς ὑποσχέσεως. ταῦτα συνιδόντες οἱ ὕπατοι γνώμην ἐποιήσαντο πολέμων προφάσει τὸ παρακινοῦν ἐν τῇ πόλει μέρος καὶ ταραττόμενον καταστεῖλαι· ἔτυχε γὰρ ἐν τῷ αὐτῷ χρόνῳ λῃστηρίοις τε ὑπὸ τῶν πλησιοχώρων πόλεων καὶ καταδρομαῖς τισιν ἡ γῆ βλαπτομένη. τιμωρίας μὲν δὴ τῶν ἀδικούντων ἕνεκα προὔθεσαν τὰ τοῦ πολέμου σημεῖα, καὶ τὰς δυνάμεις τῆς πόλεως κατέγραφον· οὐ προσιόντων δὲ τῇ καταγραφῇ τῶν ἀπόρων ἀδύνατοι ὄντες τὴν ἐκ τῶν νόμων ἀνάγκην τοῖς ἀπειθοῦσι προσφέρειν· προειστήκεσαν γὰρ τοῦ πλήθους οἱ δήμαρχοι καὶ κωλύσειν ἔμελλον, εἴ τις ἐπιχειρήσειεν ἢ τὰ σώματα τῶν ἐκλειπόντων τὴν στρατείαν ἄγειν ἢ τὰ χρήματα φέρειν· ἀπειλαῖς χρησάμενοι πολλαῖς ὡς οὐκ ἐπιτρέψοντες τοῖς ἀνασείουσι τὸ πλῆθος, λεληθυῖαν ὑποψίαν κατέλιπον ὡς δικτάτορα ἀποδείξοντες, ὃς ἔμελλε καταλύσας τὰς ἄλλας ἀρχὰς τὴν τυραννικὴν καὶ ἀνυπεύθυνον μόνος ἕξειν ἐξουσίαν. ὡς δὲ ταύτην ἔλαβον τὴν ὑπόνοιαν οἱ δημοτικοί, δείσαντες, μὴ τὸν Ἄππιον ἀποδείξωσι πικρὸν ὄντα καὶ χαλεπόν, πάντα πρὸ τούτου πάσχειν ὑπέμενον.

Traduction française :

[8,81] IX. APRES la mort de Cassius, les partisans du gouvernement aristocratique devenus plus hardis, méprisèrent de plus en plus les plébéiens. Ceux-ci au contraire, qui se voyaient dans l'humiliation, et retenus plus court qu'auparavant, perdirent entièrement courage, et commencèrent à se repentir de la folie qu'ils avaient faite en condamnant à mort le plus zélé défenseur du peuple. Ce qui faisait le plus d'impression sur les esprits, c'est que les consuls n'exécutaient point l'arrêt du sénat qui ordonnait le partage des terres publiques, quoiqu'on les eût chargés de nommer dix députés pour en faire l'arpentage, et de déterminer combien et à quels citoyens on en devait distribuer. X. DEJA ils commençaient à s'attrouper, et courant de côté et d'autre ils se plaignaient qu'on les avait trompés. Ils accusaient les tribuns de l'année précédente d'avoir trahi la république: les tribuns alors en charge, tenaient de fréquentes assemblées, et demandaient l'exécution des promesses que le sénat avait faites. XI. Les consuls informés de ce qui se passait, résolurent d'éloigner les séditieux sous prétexte des guerres, afin qu'ils cessassent d'exciter des troubles dans la ville. Il arriva fort à propos dans ce même temps que les villes voisines ravagèrent les terres des Romains par des courses et des brigandages. Pour venger cet affront, les consuls arborant l'étendard de la guerre, commencèrent à enrôler les troupes de la ville. Mais les pauvres refusaient de donner leurs noms, et l'on ne pouvait les contraindre par les lois à servir malgré eux. Les tribuns prenaient le parti du peuple; il y avait apparence qu'ils empêcheraient qu'on ne mît la main sur la personne et sur les biens de ceux qui refusaient d'aller à la guerre. XII POUR arrêter ces désordres, les consuls protestèrent hautement qu'ils trouveraient bien les moyens de réduire ceux qui fomentaient la désobéissance du peuple , donnant à entendre par ces menaces qu'on créerait un dictateur, qui revêtu d'une puissance absolue dont il ne serait comptable à personne, ferait bientôt cesser tous les pouvoirs des autres magistrats. Dès que les plébéiens en eurent quelque soupçon, ils furent intimidés ; et craignant qu'on ne choisît pour dictateur Appius Claudius dont ils redoutaient la sévérité, ils aimèrent mieux tout souffrir que de l'avoir pour maître. Il n'en fallut pas davantage : le peuple obéit, et les troupes furent bientôt levées.





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Dernière mise à jour : 19/08/2009