HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Denys d'Halicarnasse, Les Antiquités romaines, livre VIII (avec trad. française)

ἀγρῶν



Texte grec :

[8,73] Ὡς δ´ οὐδὲν ἐγίνετο πέρας, δείσαντες οἱ πατρίκιοι, μὴ ψήφων θ´ ἁρπαγαὶ καὶ χειρῶν ἐπιβολαὶ γένωνται καὶ ἄλλα, ὅσα φιλεῖ βίαια συμβαίνειν ἐν ταῖς στασιαζούσαις ἐκκλησίαις εἰσφερομένου τοῦ νόμου, συνῆλθον εἰς τὸ συνέδριον ὡς ὑπὲρ ἁπάντων ἅπαξ βουλευσόμενοι. Ἄππιος μὲν οὖν πρῶτος ἐρωτηθεὶς γνώμην οὐκ εἴα συγχωρεῖν τῷ δήμῳ τὴν διανομὴν διδάσκων, ὡς χαλεπὸς ἔσται καὶ ἀλυσιτελὴς σύνοικος ὄχλος ἀργὸς ἐθισθεὶς τὰ δημόσια λιχνεύειν, καὶ οὐθὲν ἐάσει ποτὲ τῶν κοινῶν οὔτε κτημάτων οὔτε χρημάτων ἔτι κοινὸν μένειν· αἰσχύνης τ´ ἄξιον πρᾶγμα εἶναι λέγων, εἰ Κασσίου κατηγοροῦντες ὡς πονηρὰ καὶ ἀσύμφορα πολιτευομένου καὶ τὸν δῆμον διαφθείροντος, ἔπειτ´ αὐτοὶ κοινῇ γνώμῃ ταῦτ´ ἐπικυρώσουσιν ὡς δίκαια καὶ συμφέροντα· ἐνθυμεῖσθαί τ´ αὐτοὺς ἀξιῶν, ὡς οὐδ´ ἡ χάρις ἡ παρὰ τῶν πενήτων, εἰ τὰ κοινὰ διανείμαιντο τοῖς συγχωρήσασι καὶ ἐπιψηφισαμένοις, ὑπάρξει, ἀλλ´ ἑνὶ τῷ προθέντι τὴν γνώμην Κασσίῳ καὶ δόξαντι ἠναγκακέναι τὴν βουλὴν ἄκουσαν ἐπικυρῶσαι. προειπὼν δὴ ταῦτα καὶ παραπλήσια τούτοις ἕτερα τελευτῶν τάδε συνεβούλευσεν· ἄνδρας ἐκ τῶν ἐντιμοτάτων βουλευτῶν ἑλέσθαι δέκα, οἵτινες ἐπελθόντες τὴν δημοσίαν γῆν ἀφοριοῦσι, καὶ εἴ τινα ἐξ αὐτῆς κλέπτοντες ἢ βιαζόμενοί τινες ἰδιῶται κατανέμουσιν ἢ ἐπεργάζονται διαγνόντες ἀποδώσουσι τῷ δημοσίῳ. τὴν δ´ ὁρισθεῖσαν ὑπ´ ἐκείνων γῆν διαιρεθεῖσαν εἰς κλήρους ὅσους δή τινας καὶ στήλαις εὐκόσμοις διαγραφεῖσαν τὴν μὲν ἀπεμποληθῆναι παρῄνει καὶ μάλιστα περὶ ἧς ἀμφίλογόν τι πρὸς ἰδιώτας ἦν, ὥστε τοῖς ὠνησαμένοις μὴ εἶναι πρὸς τοὺς ἀντιποιησομένους ὑπὲρ αὐτῶν κρίσεις, τὴν δὲ πενταετῆ μισθοῦν χρόνον· τὸ δὲ προσιὸν ἐκ τῶν μισθώσεων ἀργύριον εἰς τοὺς ὀψωνιασμοὺς τῶν στρατευομένων ἀναλοῦσθαι καὶ εἰς τὰς μισθώσεις ὧν οἱ πόλεμοι χορηγιῶν δέονται· Νῦν μὲν γάρ, ἔφησεν, ὁ φθόνος τῶν πενήτων ὁ πρὸς τοὺς πλουσίους, ὅσοι σφετερισάμενοι τὰ κοινὰ διακατέχουσι, δίκαιός ἐστι· καὶ οὐθὲν θαυμαστόν, εἰ τὰ κοινὰ πάντας διανείμασθαι μᾶλλον ἀξιοῦσιν, ἢ τοὺς ἀναιδεστάτους τε καὶ ὀλίγους κατέχειν· ἐὰν δ´ ἀφισταμένους αὐτῆς ὁρῶσι τοὺς νῦν καρπουμένους καὶ τὰ κοινὰ ὄντως κοινὰ γινόμενα, παύσονται φθονοῦντες ἡμῖν, τήν τ´ ἐπιθυμίαν τῆς κατ´ ἄνδρα διανομῆς τῶν ἀγρῶν ἐπανήσουσι μαθόντες, ὅτι λυσιτελεστέρα τῆς μικρᾶς ἑκάστῳ μερίδος ἡ κοινὴ μετὰ πάντων ἔσται κτῆσις. διδάσκωμεν γὰρ αὐτούς, ἔλεγεν, ὅσον τὸ διάφορον, καὶ ὡς εἷς μὲν ἕκαστος τῶν πενήτων γῄδιον οὐ μέγα λαβὼν καὶ εἰ τύχοι γείτονας ὀχληροὺς ἔχων οὔτ´ αὐτὸς ἱκανὸς ἔσται τοῦτο γεωργεῖν δι´ ἀπορίαν, οὔτε τὸν μισθωσόμενον ὅτι μὴ τὸν γείτονα εὑρήσει· εἰ δὲ μεγάλοι κλῆροι ποικίλας τε καὶ ἀξιολόγους ἔχοντες γεωργοῖς ἐργασίας ὑπὸ τοῦ κοινοῦ μισθοῖντο, πολλὰς οἴσουσι προσόδους· καὶ ὅτι κρεῖττον αὐτοῖς ἐστιν, ὅταν ἐξίωσιν ἐπὶ τοὺς πολέμους ἐκ τοῦ δημοσίου ταμιείου τὸν ἐπισιτισμόν τε καὶ ὀψωνιασμὸν λαμβάνειν, ἢ ἐκ τῶν ἰδίων οἴκων εἰς τὸ ταμιεῖον ἕκαστον εἰσφέρειν τεθλιμμένων ἔστιν ὅτε τῶν βίων καὶ ἔτι μᾶλλον ἐν τῷ συμπορίζειν τὸ ἀργύριον ἐπιβαρησομένων.

Traduction française :

[8,73] XI. LEURS contestations n'ayant point de fin, les patriciens qui appréhendaient que lorsqu'il s'agirait de confirmer la loi, on n'en vint aux mains, aux armes, et à toutes autres voies de fait trop ordinaires dans les comices jugèrent à propos d'assembler le sénat pour terminer une bonne fois tous les différends. Appius Claudius, le premier à qui on demanda son sentiment, fut d'avis de ne pas accorder au peuple la distribution des terres. Il représenta que si on l'accoutumait à vivre dans l'oisiveté aux dépens de l'état, il deviendrait non seulement oisif et inutile, mais très incommode, et qu'un jour il ne laisserait ni argent au trésor, ni terres à la république ; qu'il serait honteux que les patriciens, après avoir accusé Cassius d'administrer mal les affaires, d'avoir de pernicieux desseins et de corrompre le peuple, approuvassent d'un commun consentement la conduite de ce consul comme juste et tendant au bien de l'état. Il les conjura de faire attention, que l'on distribuait le bien du public, les pauvres n'en sauraient aucun gré à ceux qui leur auraient accordé cette grâce , qu'ils n'en auraient obligation qu'à Cassius, tant parce qu'il était auteur de la loi, que parce qu'il serait censé avoir contraint le sénat à la confirmer malgré lui. Ayant allégué ces raisons et autres semblables, il conclut à choisir les plus illustres des sénateurs pour faire la visite et l'arpentage des terres du domaine, afin que s'ils s'apercevaient que quelques particuliers en fissent paitre ou cultiver la moindre partie par fraude ou par force, ils les obligeaient à les restituer à la république, qu'il fallait distribuer en plusieurs portions les terres que les députés du sénat auraient arpentées, et y planter des bornes convenables, puis en vendre une partie, (principalement celles qui étaient un sujet de disputes entre les particuliers) afin que les acquéreurs eussent action contre ceux qui voudraient se les approprier , que pour celles qu'on ne vendrait point, on les affermerait par un bail de cinq ans, et que l'argent qui proviendrait du fermage, serait employé à payer les armes aux soldats et à acheter les provisions nécessaires pour la guerre. XII « AUJOURD'HUI, ajouta-t-il, les pauvres ont raison de porter envie aux riches qui jouissent du bien public dont ils se sont mis en possession. Il ne faut pas s'étonner s'ils aiment mieux que les terres du domaine soient distribuées {à tous les citoyens}, que de souffrir qu'un petit nombre des plus effrontés en demeurent possesseurs. Mais s'ils voient qu'on les ôte à ceux qui s'en sont emparés injustement, et que le public rentre en possession de son domaine, ils cesseront de nous porter envie, et le désir qu'ils ont de les faire distribuer à chaque citoyen, pourra se ralentir quand on leur fera connaître que ces terres seront d'une plus grande utilité étant possédées en commun par la république, que si chaque particulier en avait une légère portion. C'est à nous à leur faire, comprendre qu'il leur importe peu de posséder en propre un ou deux arpents, et que si chaque citoyen en ayant une légère portion, se trouvait auprès d'incommodes voisins, il ne pourrait ni faire valoir son petit champ par lui-même à cause de sa pauvreté, ni trouver à l'affermer à d'autres qu'à son voisin, qui, comme je le suppose, serait un esprit, et chicaneur et brouillon : au lieu que le public donnant à ferme une grande étendue de terres de différente nature qui répondraient abondamment au travail et aux soins du laboureur, on en tirerait de gros revenus , et que d'ailleurs il leur serait plus avantageux, quand ils iraient à la guerre, de recevoir des provisions et leur paie du public, que d'être obligés de porter du leur au trésor de l'épargne, puisqu'il pourrait quelquefois arriver que n'étant pas bien dans leurs affaires, ils auraient encore plus de peine à trouver de l'argent pour les subsides, qu'à se payer d'un petit héritage »





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Dernière mise à jour : 19/08/2009