HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Denys d'Halicarnasse, Les Antiquités romaines, livre VIII (avec trad. française)

ἔξοδον



Texte grec :

[8,35] Περὶ δὲ τῆς μετριότητος, ἐφ´ ἣν παρακαλεῖτέ με, καὶ τοῦ μὴ πρόρριζον ἀνελεῖν τὸ Ῥωμαίων γένος μηδ´ ἐκ βάθρων ὅλην ἀναστῆσαι τὴν πόλιν, εἶχον μέν, ὦ Μηνύκιε, λέγειν, ὅτι οὐκ ἐγὼ τούτου κύριος οὐδὲ πρὸς ἐμὲ ὁ περὶ τούτων ἐστὶ λόγος, ἀλλ´ ἐγὼ στρατηγός εἰμι τῆς δυνάμεως, πολέμου δὲ καὶ εἰρήνης οὗτοι κύριοι· ὥστε παρὰ τούτων αἰτεῖσθέ γ´ ἀνοχὰς ἐπὶ διαλλαγαῖς, ἀλλὰ μὴ παρ´ ἐμοῦ. οὐ μὴν {ταύτην γε δίδωμι τὴν ἀπόκρισιν} ἀλλὰ καὶ θεοὺς σέβων τοὺς πατρῴους καὶ τάφους αἰδούμενος προγόνων καὶ γῆν, ἐξ ἧς ἔφυν, γυναῖκάς τε καὶ παῖδας ὑμῶν ἐλεῶν, οἷς οὐκ ἐπιτηδείοις οὖσι τὰ πατέρων καὶ ἀνδρῶν ἥξει σφάλματα, καὶ οὐχ ἥκιστα τῶν ἄλλων καὶ δι´ ὑμᾶς, ὦ Μηνύκιε, τοὺς προχειρισθέντας ὑπὸ τῆς πόλεως, τάδε ἀποκρίνομαι· ἐὰν ἀποδῶσι Ῥωμαῖοι Οὐολούσκοις χώραν τε ὅσην αὐτοὺς ἀφῄρηνται καὶ πόλεις ὅσας κατέχουσιν ἀνακαλεσάμενοι τοὺς ἐποίκους, φιλίαν τε ποιήσωνται πρὸς αὐτοὺς εἰς τὸν ἀεὶ χρόνον καὶ ἰσοπολιτείας μεταδῶσιν ὥσπερ Λατίνοις ὅρκους καὶ ἀρὰς κατὰ τῶν παραβαινόντων τὰ συγκείμενα ποιησάμενοι, διαλύσομαι πρὸς αὐτοὺς τὸν πόλεμον, πρότερον δὲ οὔ. ταῦτ´ οὖν ἀπαγγέλλετε αὐτοῖς, καὶ τὸν αὐτὸν τρόπον ὅνπερ πρὸς ἐμὲ καὶ πρὸς ἐκείνους περὶ τοῦ δικαίου πάνυ ἐπιστρεφῶς ταῦτα διαλέγεσθε· καλόν τοι τὰς ἰδίας ἕκαστον ἔχοντα κτήσεις ἐν εἰρήνῃ ζῆν, καὶ πολλοῦ ἄξιον τὸ μηθένα δεδοικέναι μήτ´ ἐχθρὸν μήτε καιρόν, αἰσχρὸν δὲ τῶν ἀλλοτρίων περιεχομένους οὐκ ἀναγκαῖον πόλεμον ὑπομένειν, ἐν ᾧ καὶ περὶ τῶν ἰδίων ἁπάντων κινδυνεύσουσιν ἀγαθῶν· τά τ´ ἆθλα ἐπιδείκνυτε αὐτοῖς οὐκ ἴσα κατορθοῦσί τε καὶ μὴ τυχοῦσι γινόμενα γῆς ἀλλοτρίας γλιχομένοις, εἰ δὲ βούλεσθε, προστίθετε καὶ τὰς πόλεις τῶν ἠδικημένων προσλαβεῖν βουλομένοις, ἐὰν μὴ κρατῶσι, καὶ τὴν ἑαυτῶν γῆν τε καὶ πόλιν ἀφαιρεθῆναι, καὶ ἔτι πρὸς τούτῳ γυναῖκας ἐπιδεῖν τὰ αἴσχιστα πασχούσας καὶ παῖδας εἰς ὕβριν ἀγομένους καὶ γονεῖς δούλους ἀντ´ ἐλευθέρων ἐπὶ γήρως ὀδῷ γινομένους. καὶ ἅμα διδάσκετε τὴν βουλήν, ὅτι τούτων τῶν κακῶν οὐκ ἂν ἔχοιεν αἰτιάσασθαι Μάρκιον, ἀλλὰ τὴν ἑαυτῶν ἀφροσύνην. παρὸν γὰρ αὐτοῖς τὰ δίκαια ποιεῖν καὶ μηδενὶ δεινῷ περιπεσεῖν τὸν ὑπὲρ τῶν ἐσχάτων κίνδυνον ἀναιρήσονται μέχρι παντὸς φιλοχωροῦντες {ἐν} τοῖς ἀλλοτρίοις. ἔχετε τὰς ἀποκρίσεις· τούτων οὐθὲν ἂν εὕροισθε παρ´ ἐμοῦ πλέον, ἀλλ´ ἄπιτε καὶ σκοπεῖτε, ὅ τι πρακτέον ὑμῖν· ἕως δὲ βουλεύσησθε, δίδωμι χρόνον ὑμῖν ἡμερῶν τριάκοντα. ἐν δὲ τῷ μεταξὺ χρόνῳ σήν τε χάριν, ὦ Μηνύκιε, καὶ τῶν ἄλλων ὑμῶν ἕνεκα τὴν στρατιὰν ἐκ τῆς χώρας ἀπάξω· μεγάλα γὰρ ἂν βλάπτοισθε μενούσης αὐτῆς ἐνθάδε. τῇ δὲ τριακοστῇ προσδέχεσθέ με ἡμέρᾳ τὰς ἀποκρίσεις ληψόμενον.

Traduction française :

[8,35] XXVI. A l'égard des avertissements que vous me donnez en m'exhortant à garder quelque modération, à ne pas détruire entièrement les Romains ni renverser toute leur ville de fond en comble : je pourrais vous dire, Minucius, que n'étant pas le maitre de ce que vous demandez, ce n'est point à moi qu'il en faut parler; que je commande à la vérité cette nombreuse armée, mais que les Volsques sont les maîtres de la paix et de la guerre ; et qu'ainsi c'est à eux-mêmes, et non pas à moi que vous devez demander la paix ou une trêve pour quelque temps. Mais je ne m'en tiens pas à cette réponse. La vénération que j'ai pour les dieux de la patrie, pour les sépulcres de nos ancêtres, et pour une ville où j'ai pris naissance, la compassion que m'inspirent vos femmes et vos enfants qui sont en danger de porter les peines dues à leurs pères et à leurs maris , mais surtout la considération particulière que j'ai pour vous, Minucius, et pour ceux que le sénat m'a députés : tous ces motifs m'obligent de m'expliquer plus clairement. Si le peuple Romain, rend aux Volsques toutes les terres qu'il leur a enlevées, s'il leur remet toutes les villes dont il s'est emparé et qu'il en rappelle ses colonies , s'il veut conclure une alliance éternelle avec eux ; s'il leur accorde le droit de bourgeoisie comme aux Latins, enfin s'il est prêt de souscrire à tous ces articles avec les serments et les imprécations ordinaires contre ceux qui oseront violer le traité : je terminerai la guerre et je vous accorderai la paix. Allez donc avant toute chose lui porter cette réponse. Faites une exacte dissertation sur la justice et sur le droit, avec le même zèle que vous l'avez faite ici. Montrez-lui qu'il est juste que chacun jouisse en paix de ce qui lui appartient, qu'il n'y a rien de si beau que de n'avoir aucun ennemi et de ne pas craindre les révolutions des temps : mais qu'il n'est rien de plus honteux que de soutenir une guerre qui n'est pas nécessaire, et de risquer à perdre tout ce qu'il possède, plutôt que de restituer le bien d'autrui qu'il retient injustement. Faites-lui bien comprendre quelles sont les suites d'une injuste entreprise sur les terres de ses voisins, lorsque par le caprice de la fortune on ne réussit pas dans ses projets. Ajoutez, si vous le jugez à propos, que souvent ceux qui veulent envahir les villes qui ne leur appartiennent pas, sont chassés et de leur patrie et de leurs terres, s'ils ont le malheur de perdre la victoire : qu'ils ont le chagrin de voir déshonorer leurs femmes d'une manière honteuse, enlever leurs enfants pour être traités avec ignominie, et réduire en servitude leurs pères et mères déjà cassés de vieillesse. Représentez enfin au sénat, qu'on ne pourrait pas accuser Marcius d'être la cause de tous ces maux, et que la faute en retomberait toute entière sur les Romains qui font assez fous pour s'y exposer. En effet lorsqu'il ne tient qu'à eux d'éviter le péril en rendant justice, ils aiment mieux hasarder tout pour empiéter sur leurs voisins. « XXVII. Voila la réponse que j'avais à vous donner: ne me demandez rien davantage, car je ne vous l'accorderais pas. Allez, et voyez ce que vous avez à faire. Je vous donne trente jours pour y penser. En attendant, par considération pour vous, Minucius, et pour les autres députés, je sortirai de vos terres avec mon armée qui ne pourrait y faire un plus long séjour sans causer de grands dommages. Au reste, attendez-moi pour le trentième jour : comptez que je reviendrai sans faute chercher votre réponse. »





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Dernière mise à jour : 19/08/2009