Texte grec :
[33] Πῶς οὖν ὁ ἄνθρωπος ταῦτα δίδωσιν; ὅτι διὰ τὴν ἐκείνου τιμὴν
καὶ εὔνοιαν καὶ οἰκείωσιν ὁ κύριος δίδωσι· »δώσω γὰρ οὐ μόνον τοῖς
φίλοις, ἀλλὰ καὶ τοῖς φίλοις τῶν φίλων.« καὶ τίς οὗτός ἐστιν ὁ
φίλος τοῦ θεοῦ; σὺ μὲν μὴ κρῖνε, τίς ἄξιος καὶ τίς ἀνάξιος· ἐνδέχεται
γάρ σε διαμαρτεῖν περὶ τὴν δόξαν· ὡς ἐν ἀμφιβόλῳ δὲ τῆς ἀγνοίας
ἄμεινον καὶ τοὺς ἀναξίους εὖ ποιεῖν διὰ τοὺς ἀξίους ἢ φυλασσόμενον
τοὺς ἧσσον ἀγαθοὺς μηδὲ τοῖς σπουδαίοις περιπεσεῖν. ἐκ μὲν γὰρ
τοῦ φείδεσθαι καὶ προσποιεῖσθαι δοκιμάζειν τοὺς εὐλόγως ἢ μὴ
τευξομένους ἐνδέχεταί σε καὶ θεοφιλῶν ἀμελῆσαί τινων, οὗ τὸ ἐπιτίμιον
κόλασις ἔμπυρος αἰώνιος· ἐκ δὲ τοῦ προΐεσθαι πᾶσιν ἑξῆς
τοῖς χρῄζουσιν ἀνάγκη πάντως εὑρεῖν τινα καὶ τῶν σῶσαι παρὰ θεῷ
δυναμένων. »μὴ κρῖνε« τοίνυν, »ἵνα μὴ κριθῇς· ᾧ μέτρῳ μετρεῖς,
τούτῳ καὶ ἀντιμετρηθήσεταί σοι· μέτρον καλόν, πεπιεσμένον καὶ
σεσαλευμένον, ὑπερεκχυνόμενον, ἀποδοθήσεταί σοι.« πᾶσιν ἄνοιξον
τὰ σπλάγχνα τοῖς τοῦ θεοῦ μαθηταῖς ἀπογεγραμμένοις, μὴ πρὸς
σῶμα ἀπιδὼν ὑπερόπτως, μὴ πρὸς ἡλικίαν ἀμελῶς διατεθείς, μηδ´
εἴ τις ἀκτήμων ἢ δυσείμων ἢ δυσειδὴς ἢ ἀσθενὴς φαίνεται, πρὸς
τοῦτο τῇ ψυχῇ δυσχεράνῃς καὶ ἀποστραφῇς. σχῆμα τοῦτ´ ἔστιν
ἔξωθεν ἡμῖν περιβεβλημένον τῆς εἰς κόσμον παρόδου προφάσει, ἵν´
εἰς τὸ κοινὸν τοῦτο παιδευτήριον εἰσελθεῖν δυνηθῶμεν· ἀλλ´ ἔνδον
κρυπτὸς ἐνοικεῖ ὁ πατὴρ καὶ ὁ τούτου παῖς ὁ ὑπὲρ ἡμῶν ἀποθανὼν
καὶ μεθ´ ἡμῶν ἀναστάς.
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Traduction française :
[33] Comment un homme nous distribuera-t-il les trésors du ciel? écoutez ce que
dit le Seigneur: « Je ne donnerai pas seulement à mes amis, mais aux amis
de mes amis. » Eh ! qui est l'ami de Dieu ? Ce n'est point à vous à juger
lequel de vos frères est digne ou indigne de ce nom. Vous pourriez vous
tromper en choisissant. Ne choisissez donc pas. Donnez à tous
indistinctement ; n'enchaînez point votre bienfaisance par la crainte de
la répandre sur ceux qui en sont indignes. Vous pourriez, par cette
précaution dangereuse, passer sans les secourir auprès des amis de Dieu,
et un seul, vous le savez, un seul d'entre eux que vous négligez de
secourir, vous rend digne du feu de l'enfer. D'ailleurs, en donnant à tous
ceux qui sont dans le besoin, vous donnerez infailliblement à celui qui
peut faire votre salut auprès de Dieu. « Ne jugez point, de peur d'être
jugés. La mesure que vous ferez aux autres est celle qui vous sera faite. »
Dieu vous la rendra bonne, pleine et surabondante. » Ouvrez donc vos
entrailles à tous vos frères inscrits au nombre des disciples du Seigneur,
n'en repoussez aucun par dégoût de leur âge, de leur faiblesse ou de leur
laideur. Ces haillons qui les couvrent, ces maladies qui rendent leur
corps difforme ou défigurent leur visage, loin de vous inspirer de
l'aversion, doivent, par un juste retour sur vous-mêmes, vous faire
réfléchir que c'est une des nécessités de notre faible humanité, une leçon
commune à tous les hommes. Songez d'ailleurs que, sous cet extérieur
repoussant, sont cachés le Père et le Fils : le Père, qui nous a créés ;
le Fils, qui est mort pour nous et qui ressuscite avec nous.
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