HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Clément d'Alexandrie, Discours aux gentils

πῇ



Texte grec :

[8] Φύγωμεν οὖν ἀποστολικῇ πειθόμενοι παραγγελίᾳ "τὸν ἄρχοντα τῆς ἐξουσίας τοῦ ἀέρος, τοῦ πνεύματος τοῦ νῦν ἐνεργοῦντος ἐν τοῖς υἱοῖς τῆς ἀπειθείας", καὶ τῷ σωτῆρι τῷ κυρίῳ προσδράμωμεν, ὃς καὶ νῦν καὶ ἀεὶ προὔτρεπεν εἰς σωτηρίαν, διὰ τεράτων καὶ σημείων ἐν Αἰγύπτῳ, ἐν ἐρήμῳ διά τε τῆς βάτου καὶ τῆς ἀκολουθούσης χάριτι φιλανθρωπίας (1.8.2) θεραπαίνης δίκην Ἑβραίοις νεφέλης. Τούτῳ μὲν δὴ τῷ φόβῳ τοὺς σκληροκαρδίους προὔτρεπεν· ἤδη δὲ καὶ διὰ Μωσέως τοῦ πανσόφου καὶ τοῦ φιλαλήθους Ἡσαΐα καὶ παντὸς τοῦ προφητικοῦ χοροῦ λογικώτερον ἐπὶ τὸν λόγον ἐπιστρέφει τοὺς τὰ ὦτα κεκτημένους· καὶ ἔσθ' ὅπῃ μὲν λοιδορεῖται, ἔστιν δ' οὗ καὶ ἀπειλεῖ· τοὺς δὲ καὶ θρηνεῖ τῶν ἀνθρώπων· ᾄδει δὲ ἄλλοις, καθάπερ ἰατρὸς ἀγαθὸς τῶν νοσούντων σωμάτων τὰ μὲν καταπλάττων, τὰ δὲ καταλεαίνων, τὰ δὲ καταντλῶν, τὰ δὲ καὶ σιδήρῳ διαιρῶν, ἐπικαίων δὲ ἄλλα, ἔστι δ' οὗ καὶ ἀποπρίων, εἴ πως οἷόν τε (1.8.3) κἂν παρὰ μέρος ἢ μέλος τὸν ἄνθρωπον ὑγιᾶναι. Πολύφωνός γε ὁ σωτὴρ καὶ πολύτροπος εἰς ἀνθρώπων σωτηρίαν· ἀπειλῶν νουθετεῖ, λοιδορούμενος ἐπιστρέφει, θρηνῶν ἐλεεῖ, ψάλλων παρακαλεῖ, διὰ βάτου λαλεῖ (σημείων ἐκεῖνοι καὶ τεράτων ἔχρῃζον) καὶ τῷ πυρὶ δεδίττεται τοὺς ἀνθρώπους, ἀνάπτων ἐκ κίονος τὴν φλόγα, δεῖγμα ὁμοῦ χάριτος καὶ φόβου· ἐὰν ὑπακούσῃς, τὸ φῶς, ἐὰν παρακούσῃς, τὸ πῦρ. Ἐπειδὴ δὲ καὶ κίονος καὶ βάτου ἡ σὰρξ τιμιωτέρα, προφῆται μετ' ἐκεῖνα φθέγγονται, αὐτὸς ἐν Ἡσαΐᾳ ὁ κύριος λαλῶν, (1.8.4) αὐτὸς ἐν Ἠλίᾳ, ἐν στόματι προφητῶν αὐτός· σὺ δὲ ἀλλ' εἰ προφήταις μὴ πιστεύεις, μῦθον δ' ὑπολαμβάνεις καὶ τοὺς ἄνδρας καὶ τὸ πῦρ, αὐτός σοι λαλήσει ὁ κύριος, "ὃς ἐν μορφῇ θεοῦ ὑπάρχων οὐχ ἁρπαγμὸν ἡγήσατο τὸ εἶναι ἴσα θεῷ· ἐκένωσεν δὲ ἑαυτόν" ὁ φιλοικτίρμων θεός, σῶσαι τὸν ἄνθρωπον γλιχόμενος· καὶ αὐτὸς ἤδη σοὶ ἐναργῶς ὁ λόγος λαλεῖ, δυσωπῶν τὴν ἀπιστίαν, ναί φημι, ὁ λόγος ὁ τοῦ θεοῦ ἄνθρωπος γενόμενος, ἵνα δὴ καὶ σὺ παρὰ ἀνθρώπου μάθῃς, πῇ ποτε ἄρα ἄνθρωπος γένηται θεός.

Traduction française :

[8] Fuyons, nous dit-il par un apôtre, fuyons le prince des puissances de l'air, fuyons l'esprit qui agit maintenant sur les enfants d'incrédulité; mais fuyons entre les bras du Dieu sauveur qui nous appelle au salut par tant de prodiges opérés dans la terre d'Égypte et dans le désert, tel que le buisson ardent, telle que la nuée lumineuse, esclave obéissante, qu'une grâce toute divine attachait aux pas des Hébreux. Les rebelles au cœur dur, il les presse par la crainte. Ceux qui savent écouter, il les amène par la raison à la raison même qui est le Verbe : il leur parle tantôt par Moïse, ce maître plein de sagesse, tantôt par Isaïe, cet ami de la vérité, enfin, par le chœur harmonieux de tous les prophètes. Là il emploie le reproche, ici la menace; il donne des larmes à ceux-ci, il charme ceux-là par ses chants. Médecin habile, il guérit les malades, les uns par une boisson amère, les autres par un doux breuvage. Il soulage la douleur, tantôt par un baume qui l'adoucit, tantôt par le fer qui ouvre la veine. Ailleurs il taille la plaie, ici il la brûle. Que ne fait-il pas pour guérir le membre qui souffre. Ce Dieu sauveur emploie tous les langages, essaye de tous les moyens pour amener l'homme au salut. Il avertit par ses menaces, il réveille par ses reproches ; il attire par ses chants, il s'attendrit et pleure lui-même. Il fait entendre sa voix du milieu d'un buisson, quand il faut le langage des prodiges ; il épouvante par le son de la colonne suspendue dans les airs ; il en fait jaillir la flamme, signe tout à la fois de colère et de clémence; flambeau qui éclaire l'homme docile, foudre qui écrase le rebelle. Mais, comme la bouche humaine est un interprète du ciel plus noble qu'un buisson ou une colonne, il a fait entendre la voix des prophètes, ou plutôt il parlait lui-même par Isaïe, par Élie, par d'autres hommes qu'il inspirait, et qui lui prêtaient leur voix. Si vous refusez d'ajouter foi aux prophètes, si vous placez et les hommes et le feu de la colonne ou du buisson au rang des fables, il parlera lui-même, ce Verbe qui, possédant la nature divine, n'a pas cru que c'était usurpation de sa part de s'égaler à Dieu, et qui s'est anéanti, Dieu de miséricorde, pour sauver l'homme. Homme, le Verbe lui-même te parle à haute voix, pour te faire rougir de ton incrédulité. Dieu fait homme, il t'apprend comment l'homme peut devenir Dieu.





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Dernière mise à jour : 26/02/2009