Texte grec :
[15,676] προσσχών ποτε καὶ
Πάφῳ τῆς (676a) Κύπρου ἀγαλμάτιον Ἀφροδίτης σπιθαμιαῖον, ἀρχαῖον τῇ τέχνῃ,
ὠνησάμενος ᾔει φέρων εἰς τὴν Ναύκρατιν. Καὶ αὐτῷ πλησίον φερομένῳ τῆς
Αἰγύπτου ἐπεὶ χειμὼν αἰφνίδιον ἐπέπεσεν καὶ (οὐ) συνιδεῖν οὐκ ἦν ὅπου γῆς
ἦσαν, κατέφυγον ἅπαντες ἐπὶ τὸ τῆς Ἀφροδίτης ἄγαλμα σῴζειν αὑτοὺς αὐτὴν
δεόμενοι.
« Ἡ δὲ θεὸς (προσφιλὴς γὰρ τοῖς Ναυκρατίταις ἦν) αἰφνίδιον ἐποίησε πάντα
τὰ παρακείμενα αὐτῇ μυρρίνης χλωρᾶς πλήρη (676b) ὀδμῆς τε ἡδίστης
ἐπλήρωσεν τὴν ναῦν ἤδη ἀπειρηκόσι τοῖς ἐμπλέουσιν τὴν σωτηρίαν (διὰ τὴν
πολλὴν ναυτίαν γενομένου τε ἐμέτου πολλοῦ), καὶ ἡλίου ἐκλάμψαντος
κατιδόντες τοὺς ὅρμους ἧκον εἰς τὴν Ναύκρατιν.
« Καὶ ὁ Ἡρόστρατος ἐξορμήσας τῆς νεὼς μετὰ τοῦ ἀγάλματος, ἔχων καὶ τὰς
αἰφνίδιον αὐτῷ ἀναφανείσας χλωρὰς μυρρίνας, ἀνέθηκεν ἐν τῷ τῆς Ἀφροδίτης
ἱερῷ, θύσας δὲ τῇ θεῷ καὶ ἀναθεὶς τῇ Ἀφροδίτῃ τἄγαλμα, καλέσας δὲ καὶ ἐφ´
ἑστίασιν ἐν αὐτῷ τῷ ἱερῷ τοὺς (676c) προσήκοντας καὶ τοὺς οἰκειοτάτους
ἔδωκεν ἑκάστῳ καὶ στέφανον ἐκ τῆς μυρρίνης, ὃν καὶ τότε ἐκάλεσε Ναυκρατίτην. »
Ὁ μὲν οὖν Πολύχαρμος ταῦτα. Οἷς κἀγὼ πείθομαι, ἡγούμενος οὐκ ἄλλον τινὰ
εἶναι Ναυκρατίτην στέφανον ἢ τὸν ἐκ τῆς μυρρίνης, τῷ καὶ μετὰ τῶν ῥόδων
ὑπὸ τοῦ Ἀνακρέοντος φορεῖσθαι.
Καὶ ὁ Φιλωνίδης δὲ εἴρηκεν ὡς ὁ τῆς μυρρίνης στέφανος τὴν ἐκ τῶν οἴνων
ἀναθυμίασιν ἀποκρούεται καὶ ὁ τῶν ῥόδων ἔχει τι κεφαλαλγίας παρηγορικὸν
πρὸς τῷ καὶ ἐμψύχειν. Γελοῖοι οὖν εἰσιν καὶ οἱ λέγοντες Ναυκρατίτην εἶναι
στέφανον τὸν ἐκ τῆς βύβλου τῆς στεφανωτρίδος καλουμένης παρ´ Αἰγυπτίοις
(676d) (στεφόμενον), παρατιθέμενοι Θεοπόμπου ἐκ τῆς τρίτης τῶν Ἑλληνικῶν,
ὅς φησιν Ἀγησιλάῳ τῷ Λάκωνι παραγενομένῳ εἰς Αἴγυπτον δῶρα πέμψαι τοὺς
Αἰγυπτίους ἄλλα τέ τινα καὶ δὴ καὶ τὴν στεφανωτρίδα βύβλον.
Ἐγὼ δὲ οὐκ οἶδα τίνα ὠφέλειαν ἢ ἡδονὴν ἔχει τὸ βύβλῳ στεφανοῦσθαι μετὰ
ῥόδων, πλὴν εἰ μή τι οἱ τούτοις χαίροντες στέψονται ὁμοῦ ῥόδοις καὶ
σκόροδα. Παμπόλλους δὲ οἶδα λέγοντας τὸν ἐκ τῆς σαμψύχου στέφανον εἶναι
τὸν Ναυκρατίτην· πολὺ δὲ τὸ ἄνθος τοῦτο κατὰ τὴν Αἴγυπτον.
(676e) Διάφορος δὲ γίνεται κατὰ τὴν ὀδμὴν ἡ ἐν Αἰγύπτῳ μυρρίνη παρὰ τὰς ἐν
ἄλλαις χώραις, ὡς καὶ Θεόφραστος ἱστορεῖ.«
19. Ἔτι τούτων λεγομένων ἐπεισῆλθον παῖδες στεφάνους φέροντες τῶν
ἀκμαζόντων κατὰ τοὺς καιρούς. Καὶ ὁ Μυρτίλος
« Λέγε, καλέ, εἶπεν, Οὐλπιανέ, στεφάνων ὀνόματα. Οἱ γὰρ παῖδες κατὰ τὸν
Χαιρήμονος Κένταυρον·
« Στεφάνους ἑτοιμάζουσιν, οὓς εὐφημίας
κήρυκας εὐχαῖς προὐβάλοντο δαιμόνων. »
(676f) Καὶ ἐν τῷ Διονύσῳ δὲ ὁ αὐτὸς ἔφη ποιητής·
« Στεφάνους τεμόντες, ἀγγέλους εὐφημίας. »
Σὺ δὲ μὴ τὰ ἐκ τῶν ἐπιγραφομένων Αἰλίου Ἀσκληπιάδου Στεφάνων φέρε ἡμῖν ὡς
ἀνηκόοις αὐτῶν, ἀλλ´ ἄλλο τι παρ´ ἐκεῖνα λέγε. Δεῖξαι γὰρ οὐκ ἔχεις ὅτι
διαλελυμένως τις εἴρηκε ῥόδων στέφανον καὶ ἴων στέφανον· τὸ γὰρ παρὰ
Κρατίνῳ κατὰ παιδιὰν εἴρηται· « ναρκισσίνους ὀλίσβους.
Καὶ ὃς γελάσας
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Traduction française :
[15,676] aborde à Paphos, (676a) ville de Chypre, y achète une petite statue de
Vénus d'un empan de haut, et d'un ouvrage ancien; puis il s'en retourne et
l'emporte à Naucrate. Comme il approchait de l'Égypte, il fut accueilli
d'une tempête subite. Ne pouvant même apercevoir près de quelle côte était
son vaisseau, lui et ses compagnons eurent tous recours à cette statue de
Vénus, la priant de les sauver de ce danger.
La déesse qui aima toujours les Naucratites fit croître dans tout l'espace
qui était autour d'elle une verdure de myrtes, (676b) qui répandit l'odeur
la plus agréable, au moment où tout le monde désespérait de sauver le
vaisseau, vu le vomissement considérable dont on y fut pris. Mais ce
vomissement cessa, le temps devint serein, on aperçut du vaisseau les
côtes voisines, et l'on arriva enfin à Naucrate.
Érostrate sautant aussitôt hors du vaisseau avec sa statue, et tenant les
myrtes qui y avaient poussé subitement, alla les déposer dans le temple de
Vénus. Il offrit un sacrifice à la divinité, lui consacra la petite
statue, invita au repas, qu'il donna dans le temple, (676c) ceux qu'il
convenait et ses amis les plus familiers, et leur donna à chacun une
couronne de myrtes, qu'ils appelèrent à l'instant Naucratite.»
Voilà donc ce que dit Polycharme ; et je le crois d'autant plus, que la
couronne naucratite n'est faite que de myrtes selon moi : car c'est celle
qu'Anacréon portait entrelacée de roses.
Phylonide ajoute à cela que la couronne de myrte est propre à dissiper les
vapeurs du vin; et que celle de rose, outre qu'elle est calmante dans les
cas de Céphalalgie, a encore une qualité rafraîchissante. Ainsi c'est se
rendre ridicule que de dire que la couronne naucratite est celle qui se
fait de papier coronaire, comme l'appellent les Égyptiens. (676d) On
s'appuie mal-à-propos d'un passage de Théopompe lv. 3. de son histoire de
la Grèce. Selon cet écrivain, Agésilas de Sparte étant arrivé en Égypte,
les habitants lui envoyèrent plusieurs présents, et entre autres une
couronne de papyrus coronaire.
Pour moi je ne sais quel avantage ou quel plaisir on peut avoir à se
couronner de papyrus entrelacé de roses ; à moins que ceux qui le font
n'en trouvent aussi à se couronner d'ail et de roses. Je n'ignore pas non
plus que nombre de personnes soutiennent que la couronne de marjolaine est
la naucratite. Il est vrai que cette fleur est fort commune en Égypte.
(676e) Quant au myrte, celui d'Égypte a une odeur bien différente de celle
du myrte de toute autre contrée, comme le rapporte Théophraste.
19. On allait continuer sur cette matière, lorsque des valets survinrent
dans la salle, apportant des couronnes des plus belles fleurs de la
saison. Myrtile prend la parole :
« Charmant Ulpien dis-nous donc tous les noms des couronnes; » car, selon
ce que dit Chérémon dans son Centaure :
« Les valets préparent des couronnes que les prières font marcher devant
les dieux, pour annoncer nos hommages. »
(676f) Le même poète dit aussi dans son Bacchus:
« Faisant des couronnes, messagères de nos hommages. »
Ne vas cependant pas nous produire ce qu'a dit Elius Asclépiade dans son
traité des couronnes, comme si nous n'en avions pas entendu parler : mais
dis-nous quelque chose dont il n'ait pas fait mention. D'abord tu ne
pourras pas nous montrer que quelqu'un ait dit, sans un accord d'adjectif
avec un substantif, g-rhôdoon g-stephanon couronnes de roses, ou g-ioon
g-stephanon couronne de violettes : car si Cratinus a dit ainsi g-narkissou
g-helikiscous de petites guirlandes de narcisse, c'est en badinant.
Ulpien se prit à rire, et dit:
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