HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Athénée de Naucratis, les Deipnosophistes (ou Le Banquet des sages), livre XIII

ὧν



Texte grec :

[13,84] ῾Ορᾶτε οὖν καὶ ὑμεῖς, ὦ φιλόσοφοι, οἱ παρὰ φύσιν τῇ ᾿Αφροδίτῃ χρώμενοι καὶ ἀσεβοῦντες εἰς τὴν θεόν, μὴ τὸν αὐτὸν διαφθαρῆτε τρόπον. Τότε γὰρ καὶ οἱ παῖδές εἰσιν καλοί, ὡς Γλυκέρα ἔφασκεν ἡ ἑταίρα ὅσον ἐοίκασι γυναιξὶ χρόνον, καθάπερ ἱστορεῖ Κλέαρχος. ᾿Εμοὶ μὲν γὰρ καὶ κατὰ φύσιν δοκεῖ πεποιηκέναι Κλεώνυμος ὁ Σπαρτιάτης πρῶτος ἀνθρώπων εἰς ὁμηρείαν λαβών παρὰ Μεταποντίνων γυναῖκας καὶ παρθένους τὰς ἐνδοξοτάτας καὶ καλλίστας διακοσίας, ὡς ἱστορεῖ Δοῦρις ὁ Σάμιος ἐν τῇ τρίτῃ τῶν περὶ ᾿Αγαθοκλέα ῾Ιστοριῶν. Κἀγὼ δὲ κατὰ τὴν ᾿Επικράτους ᾿Αντιλαίδα Τἀρωτίκ' ἐκμεμάθηκα ταῦθα παντελῶς Σαπφοῦς, Μελήτου, Κλεομένους, Λαμυνθίου. ῾Υμεῖς δέ, ὦ φιλόσοφοι, κἂν ἐρασθέντες ποτὲ γυναικῶν ἐν ἐννοίᾳ λάβητε ὡς ἀδύνατόν ἐστι τὸ τυχεῖν, μάθετε - - - παύονται οἱ ἔρωτες, ὥς φησι Κλέαρχος. Tῇ τε γὰρ περὶ τὴν Πειρήνην χαλκῇ βοὶ βοῦς ἐπανέβη· καὶ γεγραμμένῃ κυνὶ καὶ περιστερᾳ καὶ χηνὶ τῇ μὲν κύων, τῇ δὲ περιστερά, τῇ δὲ χὴν προσῆλθον καὶ ἐπεπήδησαν · φανέντων δὲ πᾶσι τούτοις ἀδυνάτων ἀπέστησαν, καθάπερ Κλείσοφος ὁ Σηλυμβριανός. Οὗτος γὰρ τοῦ ἐν Σάμῳ Παρίου ἀγάλματός ἐρασθεὶς κατέκλεισεν αὑτὸν ἐν τῷ ναῷ, ὡς πλησιάσαι δυνησόμενος · καὶ ὡς ἠδυνάτει διά τε τὴν ψυχρότητα καὶ τὸν ἀντίτυπον τοῦ λίθου, τηνικαῦτα τῆς ἐπιθυμίας ἀπέστη καὶ προβαλλόμενος τὸ σαρκίον ἐπλησίασεν. Τῆς πράξεως ταύτης μνημονεύει καὶ ῎Αλεξις ὁ ποιητὴς ἐν τῷ ἐπιγραφομένῳ δράματι Γραφῇ λέγων ὧδε · Γεγένηται δ' , ὡς λέγουσιν, κἀν Σάμῳ τοιοῦθ' ἕτερον. Λιθίνης ἐπεθύμησεν κόρης ἄνθρωπος ἐγκατέκλεισέ θ' αὑτὸν τῷ νεῷ. Φιλήμων τοῦ αὐτοῦ μνημονεύων φησί · ᾿Aλλ' ἐν Σάμῳ μὲν τοῦ λιθίνου ζῴου ποτὲ ἄνθρωπος ἠράσθη τις · εἶ τ' εἰς τὸν νεὼν κατέκλεισεν αὑτόν. Κτησικλέους δ' ἐστὶν ἔργον τὸ ἄγαλμα, ὥς φησιν ᾿Αδαῖος ὁ Μιτυληναῖος ἐν τῷ περὶ ᾿Αγαλματοποιῶν. Πολέμων δὲ ἢ ὁ ποιήσας τὀν ἐπιγραφόμενον ῾Ελλαδικὸν «Ἐν Δελφοῖς, φησίν, ἐν τῷ Σπινατῶν θησαυρῷ παίδές εἰσιν λίθινοι δύο, ὧν τοῦ ἑτέρου Δελφοί φασι τῶν θεωρῶν ἐπιθυμήσαντά τινα συγκατακλεισθῆναι καὶ τῆς ὁμιλίας - - - καταλιπεῖν στέφανον. φωραθέντος δ' αὐτοῦ τὸν θεὸν χρωμένοις τοῖς Δελφοῖς συντάξαι ἀφεῖναι τὸν ἄνθρωπον · δεδωκέναι γὰρ αὐτὸν μισθόν.»

Traduction française :

[13,84] Prenez garde, chers amis philosophes, qui pratiquez une passion contraire à la nature, vous qui déshonorez la déesse de l'amour : vous pourriez bien subir le même châtiment ! Certes, les garçons restent beaux, tant qu'ils ressemblent à des filles : c'est en tout cas ce qu'aurait dit la courtisane Glycéra, selon Cléarchos. Quant à moi, j'estime que Cléonymos le Spartiate a agi tout à fait en conformité avec la nature, puisqu'il a été le premier des hommes à prendre comme otages, chez les Métapontins, deux cents filles et deux cents femmes d'une grande beauté et d'une prestigieuse noblesse. Douris de Samos rapporte ce fait dans le troisième livre son Histoire d'Agathoclès. Car, moi aussi, comme le dit si bien d'Epicratès dans son Anti-Lais : «J'ai appris à fond toutes les secrets de l'amour chez Sappho, Mélétos, Cleomènès et Lamynthios.» Mais vous, mes chers philosophes, si jamais vous aimez des femmes et que vous constatiez que votre bonheur est inaccessible, apprenez... (lacune) L'amour cesse alors, comme l'affirme Cléarchos. Des exemples ? Non loin de la fontaine de Pirène, un taureau essaya de saillir une vache de bronze ! Dans le même genre, une chienne, une colombe et une oie avaient été peints sur des tableaux : or chacune des peintures fut prise d'assaut, l'une par un chien, l'autre par un pigeon, et la troisième par un jars. Malgré leur ardeur, ils ne purent «apprécier» ces choses et ils finirent par renoncer. Cléisophos de Sélymbria renonça de même. Lui, tomba éperdument amoureux d'une statue en marbre de Paros. Nous étions à Samos. Notre homme s'enferma dans le temple avec l'espoir de faire l'amour à la statue. Mais il se heurta à la froideur et à la résistance du marbre, tant et si bien qu'il renonça à son désir. Il prit alors un bout de viande et baisa avec cet objet… Cette histoire est racontée par le poète Alexis dans la pièce, intitulée La Peinture : «Un cas semblable se produisit, dit-on, à Samos. Un homme conçut une vive passion pour une jeune fille de marbre, et s'enferma dans le temple.» Philémon, lui aussi, parla de cette aventure en ces termes : «Mais à Samos, un jour un homme tomba amoureux d'une image de marbre, si bien qu'il s'enferma dans le temple.» Précisons que cette statue fut sculptée par Ctésiclès, comme nous l'apprend Adéos de Mytilène dans son livre sur les Sculpteurs. Polémon - ou l'auteur du livre sur la Grèce - dit ceci : «À Delphes, dans le trésor du Spinatae, on trouve deux garçons sculptés dans le marbre. Selon les gens de Delphes, un pèlerin serait tombé jadis fort amoureux de l'une des deux images, et il voulut en jouir en s'enfermant dans le temple. Le rapport terminé, il offrit ensuite une couronne comme prix de sa jouissance. Les Delphiens eurent vent de son forfait et consultèrent l'oracle du dieu qui leur ordonna de laisser partir l'homme qui avait si bien payé son plaisir.»





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Dernière mise à jour : 15/09/2005