Texte grec :
[12,69] (547d) Καὶ Λύκων δὲ ὁ Περιπατητικός, ὥς φησιν
᾽Αντίγονος ὁ Καρύστιος, κατ' ἀρχὰς ἐπιδημήσας
παιδείας ἕνεκα ταῖς ᾽Αθήναις περὶ συμβολικοῦ
κώθωνος καὶ πόσον ἑκάστη τῶν ἑταιρουσῶν ἐπράττετο
μίσθωμα ἀκριβῶς ἠπίστατο. Ὕστερον δὲ κα τοῦ
Περιπάτου προστὰς ἐδείπνιζε τοὺς φίλους ἀλαζονείᾳ
καὶ πολυτελείᾳ πολλῇ χρώμενος. Χωρὶς γὰρ τῶν
παραλαμβανομένων εἰς αὐτὰ ἀκροαμάτων καὶ
ἀργυρωμάτων καὶ στρωμνῆς ἡ λοιπὴ παρασκευὴ καὶ ἡ
τῶν δείπνων περιεργία καὶ ὁ τῶν τραπεζοποιῶνι καὶ
μαγείρων ὄχλος τοσοῦτος ἧν (547e) ὥστε πολλοὺς
ὀρρωδεῖν καὶ βουλομένους προσιέναι πρὸς τὴν
διατριβὴν ἀνακόπτεσθαι, καθάπερ εἰς πολίτευμα
πονηρὸν καὶ χορηγιῶν καὶ λειτουργιῶν πλῆρες
εὐλαρουμένους προσάγειν, ἔδει γὰρ ἄρξαι τε τὴν
νομιζομένην ἐν τῷ περιπάτῳ ἀρχὴν (αὕτη δ' ἦν ἐπὶ τῆς
εὐκοσμίας τῶν ἐπιχείρούντων) τριάκονθ' ἡμέρας, εἱτα
τῇ ἕνῃ καὶ νέᾳ λαβόντα ἀφ' ἑκάστου τῶν ἐπιχειρούντων
ἐννέα ὀβολοὺς ὑπο δέξασθαι μὴ μόνον αὐτοὺς τοὺς τὴν
συμβολὴν εἰσενεγκόντας, ἀλλὰ καὶ οὗς παρακαλέσειεν
ὁ Λύκων, ἔτι δὲ καὶ τοὺς ἐπιμελῶς συναντῶντας τῶν
πρεσβυτέρων (547f) εἰς τὴν σχολήν, ὥστε γίνεσθαι μηδὲ
εἰς τὸν μυρισμὸν καὶ τοὺς στεφάνους ἱκανὸν τὸ
ἐκλεγόμενον ἀργύριον· ἱεροποιῆσαί τε καὶ τῶν
Μουσείων ἐπιμελητὴν γενέσθαι. Ἅ δὴ πάντα ἐφαίνετο
λόγου μὲν ἀλλότρια καὶ φιλοσοφίας εἱναι, τρυφῆς δὲ
καὶ περιστάσεως οἰκειότερα. Καὶ γὰρ εἰ παρίεντό τινες
τῶν μὴ δυναμένων εἰς ταῦτα ἀναλίσκειν ἀπὸ βραχείας
καὶ τῆς τυχούσης ὁρμώμενοι χορηγίας, ὅ γ' ἐθισμὸς
ἱκανῶς ἡν ἄτοπος. Οὐ γὰρ ἵνα συρρυέντες ἐπὶ τὸ αὐτὸ
τῆς ἕως τοῦ ὀρθρίου γενομένης τραπέζης ἀπολαυσωσιν
ἢ χάριν ἐξοινίας ἐποιήσαντο τὰς συνόδους, ταύτας οἱ
περὶ Πλάτωνα καὶ (548) Σπεύσιππον, ἀλλ' ἵνα φαίνωνται
και τὸ θεῖον τιμῶντες καὶ μουσικῶς ἀλλήλοις
συμπεριφερόμενοι, καὶ τὸ πλεῖστον, ἕνεκεν ἀνέσεως καὶ
φιλολογίας. Ἃ δὴ πάντα γέγονεν δεύτερα παρὰ τοῖς
ὕστερον τῶν τε χλανίδων καὶ τῆς πολυτελείας τῆς
εἰρημένης· οὐ γὰρ ἔγωγε τοὺς λοιποὺς ὑπεξαιροῦμαι. Ὁ
δὲ Λύκων ὑπ' ἀλαζονείας καὶ ἐν τῷ ἐπιφανεστάτω τῆς
πόλεως (548b) τόπῳ ἐν τῇ Κόνωνος οἰκίᾳ εἷχεν
εἰκοσίκλινον οἷκον, ὃς ἦν ἐπιτήδειος αὐτῷ πρὸς τὰς
ὑποδοχάς. Ἦν δὲ ὁ Λύκων καὶ σφαιριστὴς ἀγαθὸς καὶ
ἐπιδέξιος.
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Traduction française :
[12,69] Et aussi Lycon, le péripatéticien, selon Antigone de Carystus, qui au début avait
installé sa résidence à Athènes pour continuer ses études, acquit une grande
connaissance sur les coupes payées par souscription, et sur le prix fort qu'exigeait
chaque femme de petite vertu. Et même plus tard, quand il devint chef de l'école
péripatéticienne il faisait des dépenses somptuaires pour amuser ses amis lors d'un
banquet. Sans compter tous les artistes appelés pour fournir les divertissements,
tous les plats en argent et les lits, les autres arrangements, le prix recherché des
dîners et la foule des serveurs et des cuisiniers étaient tels que beaucoup de
personnes avaient peur et bien qu'ils aient voulu re joindre l'école ils reculaient,
comme des personnes qui craignent d'entrer dans une ville dont le gouvernement est
détestable et accable les gens d'impôts. Ils étaient obligés d'assumer l'administration
journalière de l'école pendant trente jours, ce qui signifiait qu'ils étaient responsables
du bon comportement des nouveaux étudiants; et le dernier jour du mois ils
recevaient neuf oboles chacun des nouveaux étudiants, et avec cette somme ils
devaient divertir lors du repas non seulement ceux qui avaient payé les honoraires,
mais tous les autres que Lycon avait invités sans compter tous ceux parmi les
hommes plus âgés qui venaient pour visiter l'école; c'est pourquoi l'argent obtenu
n'était pas suffisant pour payer la parfumerie et les couronnes; il avait également la
charge des sacrifices, et était l' administrateur des rites en l'honneur des Muses.
Tout ceci n'avait absolument rien à voir avec la dialectique et la philosophie, mais
était plus approprié avec la splendeur et à la pompe de la vie luxueuse. Mais à
supposer que certains qui ne pouvaient dépenser de l'argent pour cela, étaient
dispensés de cette fonction parce que les ressources mises à leur disposition étaient
insuffisantes et insignifiantes, cette pratique était cependant très nocive. Mais les
disciples de Platon et de Speusippe ne se sont pas précipités en foule au même
endroit et ne se sont pas rassemblés simplement pour apprécier un repas qui durait
jusqu'au petit matin ou pour s'enivrer, mais pour prouver plutôt qu'ils révéraient les
dieux et qu'ils se fréquentaient comme devaient le faire des personnes cultivées; et
principalement pour se détendre et pour prendre part à des discussions
intellectuelles. Mais tous ces objectifs, comme nous l' avons vu, sont devenus aux
yeux de leurs successeurs secondaires en regard de leur amour des manteaux
légers et des dépenses somptueuses dont on vient de parler; et je n'en excepte
aucun, mais Lycon était si vulgaire dans son ostentation qu'il prit une salle de vingt
divans dans la maison de Conon, dans la partie la plus belle de la ville, qu'il adapta
pour ses réceptions. Lycon, d'ailleurs, était un bon et habile joueur de balle.
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