HODOI ELEKTRONIKAI
Corpora

Aristote, Éthique à Nicomaque, livre IV

ἐκ



Texte grec :

[4,1125] (1125a) (1) δουλικὸν γάρ· διὸ καὶ πάντες οἱ κόλακες θητικοὶ καὶ οἱ ταπεινοὶ κόλακες. Οὐδὲ θαυμαστικός· οὐδὲν γὰρ μέγα αὐτῷ ἐστίν. Οὐδὲ μνησίκακος· οὐ γὰρ μεγαλοψύχου τὸ ἀπομνημονεύειν, ἄλλως τε καὶ κακά, ἀλλὰ (5) μᾶλλον παρορᾶν. Οὐδ᾽ ἀνθρωπολόγος· οὔτε γὰρ περὶ αὑτοῦ ἐρεῖ οὔτε περὶ ἑτέρου· οὔτε γὰρ ἵνα ἐπαινῆται μέλει αὐτῷ οὔθ᾽ ὅπως οἱ ἄλλοι ψέγωνται· οὐδ᾽ αὖ ἐπαινετικός ἐστιν· διόπερ οὐδὲ κακολόγος, οὐδὲ τῶν ἐχθρῶν, εἰ μὴ δι᾽ ὕβριν. Καὶ περὶ ἀναγκαίων ἢ μικρῶν ἥκιστα ὀλοφυρτικὸς (10) καὶ δεητικός· σπουδάζοντος γὰρ οὕτως ἔχειν περὶ ταῦτα. Καὶ οἷος κεκτῆσθαι μᾶλλον τὰ καλὰ καὶ ἄκαρπα τῶν καρπίμων καὶ ὠφελίμων· αὐτάρκους γὰρ μᾶλλον. Καὶ κίνησις δὲ βραδεῖα τοῦ μεγαλοψύχου δοκεῖ εἶναι, καὶ φωνὴ βαρεῖα, καὶ λέξις στάσιμος· οὐ γὰρ σπευστικὸς ὁ περὶ ὀλίγα (15) σπουδάζων, οὐδὲ σύντονος ὁ μηδὲν μέγα οἰόμενος· ἡ δ᾽ ὀξυφωνία καὶ ἡ ταχυτὴς διὰ τούτων. Τοιοῦτος μὲν οὖν ὁ μεγαλόψυχος· ὁ δ᾽ ἐλλείπων μικρόψυχος, ὁ δ᾽ ὑπερβάλλων χαῦνος. Οὐ κακοὶ μὲν οὖν δοκοῦσιν εἶναι οὐδ᾽ οὗτοι (οὐ γὰρ κακοποιοί εἰσιν), ἡμαρτημένοι δέ. Ὁ μὲν γὰρ μικρόψυχος (20) ἄξιος ὢν ἀγαθῶν ἑαυτὸν ἀποστερεῖ ὧν ἄξιός ἐστι, καὶ ἔοικε κακὸν ἔχειν τι ἐκ τοῦ μὴ ἀξιοῦν ἑαυτὸν τῶν ἀγαθῶν, καὶ ἀγνοεῖν δ᾽ ἑαυτόν· ὠρέγετο γὰρ ἂν ὧν ἄξιος ἦν, ἀγαθῶν γε ὄντων. Οὐ μὴν ἠλίθιοί γε οἱ τοιοῦτοι δοκοῦσιν εἶναι, ἀλλὰ μᾶλλον ὀκνηροί. Ἡ τοιαύτη δὲ δόξα δοκεῖ καὶ χείρους ποιεῖν· (25) ἕκαστοι γὰρ ἐφίενται τῶν κατ᾽ ἀξίαν, ἀφίστανται δὲ καὶ τῶν πράξεων τῶν καλῶν καὶ τῶν ἐπιτηδευμάτων ὡς ἀνάξιοι ὄντες, ὁμοίως δὲ καὶ τῶν ἐκτὸς ἀγαθῶν. Οἱ δὲ χαῦνοι ἠλίθιοι καὶ ἑαυτοὺς ἀγνοοῦντες, καὶ ταῦτ᾽ ἐπιφανῶς· οὐ γὰρ ἄξιοι ὄντες τοῖς ἐντίμοις ἐπιχειροῦσιν, εἶτα ἐξελέγχονται· (30) καὶ ἐσθῆτι κοσμοῦνται καὶ σχήματι καὶ τοῖς τοιούτοις, καὶ βούλονται τὰ εὐτυχήματα καὶ φανερὰ εἶναι αὑτῶν, καὶ λέγουσι περὶ αὐτῶν ὡς διὰ τούτων τιμηθησόμενοι. Ἀντιτίθεται δὲ τῇ μεγαλοψυχίᾳ ἡ μικροψυχία μᾶλλον τῆς χαυνότητος· καὶ γὰρ γίνεται μᾶλλον καὶ χεῖρόν ἐστιν. Ἡ μὲν οὖν μεγαλοψυχία (35) περὶ τιμήν ἐστι μεγάλην, ὥσπερ εἴρηται. IV. (1125b) (1) ἔοικε δὲ καὶ περὶ ταύτην εἶναι ἀρετή τις, καθάπερ ἐν τοῖς πρώτοις ἐλέχθη, ἣ δόξειεν ἂν παραπλησίως ἔχειν πρὸς τὴν μεγαλοψυχίαν ὥσπερ καὶ ἡ ἐλευθεριότης πρὸς τὴν μεγαλοπρέπειαν. Ἄμφω γὰρ αὗται τοῦ μὲν μεγάλου ἀφεστᾶσι, (5) περὶ δὲ τὰ μέτρια καὶ μικρὰ διατιθέασιν ἡμᾶς ὡς δεῖ· ὥσπερ δ᾽ ἐν λήψει καὶ δόσει χρημάτων μεσότης ἔστι καὶ ὑπερβολή τε καὶ ἔλλειψις, οὕτω καὶ ἐν τιμῆς ὀρέξει τὸ μᾶλλον ἢ δεῖ καὶ ἧττον, καὶ τὸ ὅθεν δεῖ καὶ ὡς δεῖ. Τόν τε γὰρ φιλότιμον ψέγομεν ὡς μᾶλλον ἢ δεῖ καὶ ὅθεν οὐ δεῖ (10) τῆς τιμῆς ἐφιέμενον, τόν τε ἀφιλότιμον ὡς οὐδ᾽ ἐπὶ τοῖς καλοῖς προαιρούμενον τιμᾶσθαι. Ἔστι δ᾽ ὅτε τὸν φιλότιμον ἐπαινοῦμεν ὡς ἀνδρώδη καὶ φιλόκαλον, τὸν δ᾽ ἀφιλότιμον ὡς μέτριον καὶ σώφρονα, ὥσπερ καὶ ἐν τοῖς πρώτοις εἴπομεν. Δῆλον δ᾽ ὅτι πλεοναχῶς τοῦ φιλοτοιούτου λεγομένου οὐκ (15) ἐπὶ τὸ αὐτὸ φέρομεν ἀεὶ τὸ φιλότιμον, ἀλλ᾽ ἐπαινοῦντες μὲν ἐπὶ τὸ μᾶλλον ἢ οἱ πολλοί, ψέγοντες δ᾽ ἐπὶ τὸ μᾶλλον ἢ δεῖ. Ἀνωνύμου δ᾽ οὔσης τῆς μεσότητος, ὡς ἐρήμης ἔοικεν ἀμφισβητεῖν τὰ ἄκρα. Ἐν οἷς δ᾽ ἔστιν ὑπερβολὴ καὶ ἔλλειψις, καὶ τὸ μέσον· ὀρέγονται δὲ τῆς τιμῆς καὶ μᾶλλον ἢ (20) δεῖ καὶ ἧττον· ἔστι δὴ καὶ ὡς δεῖ· ἐπαινεῖται δ᾽ οὖν ἡ ἕξις αὕτη, μεσότης οὖσα περὶ τιμὴν ἀνώνυμος. Φαίνεται δὲ πρὸς μὲν τὴν φιλοτιμίαν ἀφιλοτιμία, πρὸς δὲ τὴν ἀφιλοτιμίαν φιλοτιμία, πρὸς ἀμφότερα δὲ ἀμφότερά πως. Ἔοικε δὲ τοῦτ᾽ εἶναι καὶ περὶ τὰς ἄλλας ἀρετάς. Ἀντικεῖσθαι δ᾽ ἐνταῦθ᾽ (25) οἱ ἄκροι φαίνονται διὰ τὸ μὴ ὠνομάσθαι τὸν μέσον. V. Πραότης δ᾽ ἐστὶ μεσότης περὶ ὀργάς· ἀνωνύμου δ᾽ ὄντος τοῦ μέσου, σχεδὸν δὲ καὶ τῶν ἄκρων, ἐπὶ τὸ μέσον τὴν πραότητα φέρομεν, πρὸς τὴν ἔλλειψιν ἀποκλίνουσαν, ἀνώνυμον οὖσαν. Ἡ δ᾽ ὑπερβολὴ ὀργιλότης τις λέγοιτ᾽ ἄν. (30) Τὸ μὲν γὰρ πάθος ἐστὶν ὀργή, τὰ δ᾽ ἐμποιοῦντα πολλὰ καὶ διαφέροντα. Ὁ μὲν οὖν ἐφ᾽ οἷς δεῖ καὶ οἷς δεῖ ὀργιζόμενος, ἔτι δὲ καὶ ὡς δεῖ καὶ ὅτε καὶ ὅσον χρόνον, ἐπαινεῖται· πρᾶος δὴ οὗτος ἂν εἴη, εἴπερ ἡ πραότης ἐπαινεῖται. Βούλεται γὰρ ὁ πρᾶος ἀτάραχος εἶναι καὶ μὴ ἄγεσθαι ὑπὸ τοῦ πάθους, (35) ἀλλ᾽ ὡς ἂν ὁ λόγος τάξῃ, οὕτω καὶ ἐπὶ τούτοις καὶ ἐπὶ τοσοῦτον χρόνον χαλεπαίνειν·

Traduction française :

[4,1125] (1125a) car il y a en cela quelque chose de servile. Aussi tous les flatteurs sont-ils de vils mercenaires, et les hommes d'un caractère servile et bas sont des flatteurs. Il n'est pas porté à l'admiration, car peu de choses ont une véritable grandeur à ses yeux. Il oublie volontiers les injures, car il n'y a guère de magnanimité à se ressouvenir surtout du mal : il vaut mieux n'en pas tenir compte. Il ne prend point part aux conversations frivoles, car il n'est enclin à parler ni de lui-même, ni des autres. Il se soucie peu, en effet, qu'on le loue, ou qu'on blâme les autres. Aussi n'est-il pas louangeur; et il ne dit pas même du mal de ses ennemis, si ce n'est quand on l'a outragé. Il ne descendra jamais aux gémissements et aux prières pour des choses de peu d'importance, ou qui lui sont nécessaires ; car ce serait y attacher de l'intérêt. Il aimera mieux posséder ce qui a de la beauté et qui ne donne aucun profit, que ce qui est utile et profitable ; cela convient mieux à celui qui sait se suffire à soi-même. Il a de la lenteur dans les mouvements, un ton de voix grave et un langage posé, parce que celui qui ne prend intérêt qu'à très peu de choses, n'a point cet air de vivacité et d'empressement, et qu'on ne s'emporte pas, quand on ne trouve rien qui ait une véritable grandeur : or ce sont là les causes qui donnent au langage des accents passionnés et une volubilité extraordinaire. Tel est donc celui qui a la véritable grandeur d'âme. Mais l'homme sans élévation pèche par défaut, et l'insolent par excès. Cependant ils ne sont pas proprement vicieux; car ils ne sont pas malfaisants : mais ils manquent de connaissance et de discernement. En effet, celui qui manque d'une certaine grandeur d'âme, quoiqu'il ait droit à des avantages réels, se prive lui-même de ce qu'il méritait d'obtenir, et semble être entaché de quelque imperfection, en ce qu'il ne se croit pas digne de jouir de ces avantages, et qu'il s'ignore (en quelque sorte) lui-même; car (autrement) il désirerait d'obtenir ce dont il est digne, puisque ce sont des biens. Cependant c'est moins de stupidité qu'on pourrait taxer des hommes de ce caractère, que de nonchalance ; mais leur manière de penser les dégrade : car ils désirent à la vérité ce qu'ils croient mériter; mais ils renoncent aux actions honorables, et aux occupations estimables, comme s'ils en étaient incapables, et s'interdisent pareillement la jouissance des biens extérieurs. Mais les gens vaniteux sont stupides, et font bien voir qu'ils se méconnaissent eux-mêmes ; car ils aspirent à tous les emplois honorables, et leur incapacité est bientôt dévoilée. Ils cherchent à attirer les regards par la magnificence de leurs habits, par leur air, leur démarche, et d'autres moyens de ce genre; ils affectent de faire savoir au public les évènements heureux qui leur arrivent ; ils aiment à en parler, s'imaginant que cela doit leur attirer une grande considération. Au reste, la bassesse d'âme est plus opposée à la magnanimité que la vanité sotte ; car elle se rencontre plus souvent, et elle est, en effet, plus dommageable à la société. La magnanimité se rapporte donc, comme on l'a dit, aux honneurs et au plus haut degré de la considération publique. IV. (1125b) Mais il semble qu'il y a aussi en ce genre une vertu, comme on l'a dit au commencement, qui se rapprocherait, à quelques égards, de la magnanimité, et qui serait avec elle dans le même rapport que la libéralité avec la magnificence. Car l'une et l'autre des dispositions dont je parle ici, loin de nous porter à ce qui est grand ou important, nous retiennent, au contraire, dans un certain degré convenable d'attachement à tout ce qui est médiocre ou modéré. Or, de même qu'il y a un juste milieu, un excès et un défaut, relatifs au penchant qui porte, en général, les hommes à donner ou à prendre de l'argent; ainsi l'on peut considérer, par rapport au désir des honneurs et de la considération, un excès ou un défaut d'énergie, une tendance à les obtenir par des moyens légitimes et convenables. En effet, on blâme l'ambitieux comme aspirant aux honneurs avec plus d'ardeur qu'il ne faut, ou par des moyens répréhensibles ; et l'on blâme pareillement celui qui, trop peu jaloux de l'estime publique, n'éprouve pas le désir de l'acquérir par des actions nobles et généreuses. Il arrive aussi quelquefois qu'on applaudit à l'ambitieux, comme étant un homme de cœur et capable de sentiments élevés, ou qu'on loue la sagesse et la modération de celui qui n'est pas assez touché des sentiments d'une ambition légitime, ainsi que je l'ai déjà remarqué. Au reste, il est facile de voir que, comme les mots qui expriment le penchant ou les passions des hommes pour différentes choses, s'appliquent de bien des manières différentes, on n'emploie pas aussi toujours le terme d'ambitieux pour désigner un même caractère, mais qu'on s'en sert tantôt dans un sens favorable, quand on l'applique à ceux qui désirent l'estime et la considération publiques plus que ne le fait le commun des hommes ; et d'autres fois dans un sens défavorable, en parlant de ceux chez qui ce désir est exagéré et porté au delà des bornes que prescrit la raison. Mais, comme le juste milieu en ce genre n'a pas été marqué par un nom exprès, les extrêmes semblent se disputer cette place qui est, pour ainsi dire, restée vide. Cependant, dans toutes les choses où il y a excès et défaut, il y a aussi un milieu: et, en effet, il y a des gens qui désirent les honneurs plus ou moins qu'il ne faut ; et il s'en trouve chez qui ce désir est tel qu'il doit être : aussi cette disposition de l'âme est-elle un juste sujet de louange, parce qu'elle est, à l'égard du désir des honneurs, ce juste milieu qui n'a pas de nom. Mais, par rapport à l'ambition, il semble être indifférence complète pour les honneurs, et, à l'égard de cette complète indifférence, il semble être ambition. En un mot, comparé à chacun des extrêmes, il semble revêtir l'apparence de l'autre, et la même observation peut, à quelques égards, s'appliquer aux autres vertus. Mais l'opposition qui paraît ici entre les extrêmes vient de ce que le milieu n'a pas reçu de nom. V. La douceur est un juste milieu par rapport aux sentiments de colère : mais comme ce milieu n'a point proprement de nom, et que même c'est à peine si l'on en a pour désigner les extrêmes, on se sert du mot douceur, bien qu'il exprime une manière d'être qui se rapproche plutôt du défaut en ce genre, lequel n'a pas non plus de nom : l'excès pourrait être appelé irascibilité. En effet, l'affection même qu'on éprouve est la colère, et les causes qui peuvent la produire sont nombreuses et diverses. Celui donc qui s'indigne contre les choses, ou contre les personnes qui méritent un pareil sentiment, qui l'éprouve dans le degré qu'il faut, et pendant le temps convenable, ne peut qu'être loué; et, par conséquent, ce sera un homme indulgent et doux, si l'indulgence est digne d'éloges : car un pareil caractère suppose l'absence des mouvements violents et de l'emportement des passions, et qu'on ne soit susceptible de s'irriter que dans les occasions où la raison l'exige, et autant de temps qu'elle le permet.





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Dernière mise à jour : 21/05/2008