HODOI ELEKTRONIKAI
Corpora

Aristote, Éthique à Nicomaque, livre IV

τίνος



Texte grec :

[4,1123] τῶν δὲ ἰδίων ὅσα εἰσάπαξ γίνεται, (1123a) (1) οἷον γάμος καὶ εἴ τι τοιοῦτον, καὶ εἰ περί τι ἡ πᾶσα πόλις σπουδάζει ἢ οἱ ἐν ἀξιώματι, καὶ περὶ ξένων δὲ ὑποδοχὰς καὶ ἀποστολάς, καὶ δωρεὰς καὶ ἀντιδωρεάς· οὐ γὰρ εἰς ἑαυτὸν δαπανηρὸς ὁ μεγαλοπρεπὴς ἀλλ᾽ (5) εἰς τὰ κοινά, τὰ δὲ δῶρα τοῖς ἀναθήμασιν ἔχει τι ὅμοιον. Μεγαλοπρεποῦς δὲ καὶ οἶκον κατασκευάσασθαι πρεπόντως τῷ πλούτῳ (κόσμος γάρ τις καὶ οὗτος), καὶ περὶ ταῦτα μᾶλλον δαπανᾶν ὅσα πολυχρόνια τῶν ἔργων (κάλλιστα γὰρ ταῦτα), καὶ ἐν ἑκάστοις τὸ πρέπον· οὐ γὰρ ταὐτὰ ἁρμόζει (10) θεοῖς καὶ ἀνθρώποις, οὐδ᾽ ἐν ἱερῷ καὶ τάφῳ. Καὶ ἐπεὶ τῶν δαπανημάτων ἕκαστον μέγα ἐν τῷ γένει, καὶ μεγαλοπρεπέστατον <ἁπλῶς> μὲν τὸ ἐν μεγάλῳ μέγα, ἐνταῦθα δὲ τὸ ἐν τούτοις μέγα, καὶ διαφέρει τὸ ἐν τῷ ἔργῳ μέγα τοῦ ἐν τῷ δαπανήματι· σφαῖρα μὲν γὰρ ἡ καλλίστη ἢ λήκυθος μεγαλοπρέπειαν (15) ἔχει παιδικοῦ δώρου, ἡ δὲ τούτου τιμὴ μικρὸν καὶ ἀνελεύθερον· διὰ τοῦτό ἐστι τοῦ μεγαλοπρεποῦς, ἐν ᾧ ἂν ποιῇ γένει, μεγαλοπρεπῶς ποιεῖν (τὸ γὰρ τοιοῦτον οὐκ εὐπέρβλητον) καὶ ἔχον κατ᾽ ἀξίαν τοῦ δαπανήματος. Τοιοῦτος μὲν οὖν ὁ μεγαλοπρεπής· ὁ δ᾽ ὑπερβάλλων καὶ βάναυσος τῷ (20) παρὰ τὸ δέον ἀναλίσκειν ὑπερβάλλει, ὥσπερ εἴρηται. Ἐν γὰρ τοῖς μικροῖς τῶν δαπανημάτων πολλὰ ἀναλίσκει καὶ λαμπρύνεται παρὰ μέλος, οἷον ἐρανιστὰς γαμικῶς ἑστιῶν, καὶ κωμῳδοῖς χορηγῶν ἐν τῇ παρόδῳ πορφύραν εἰσφέρων, ὥσπερ οἱ Μεγαροῖ. Καὶ πάντα τὰ τοιαῦτα ποιήσει οὐ τοῦ (25) καλοῦ ἕνεκα, ἀλλὰ τὸν πλοῦτον ἐπιδεικνύμενος, καὶ διὰ ταῦτα οἰόμενος θαυμάζεσθαι, καὶ οὗ μὲν δεῖ πολλὰ ἀναλῶσαι, ὀλίγα δαπανῶν, οὗ δ᾽ ὀλίγα, πολλά. Ὁ δὲ μικροπρεπὴς περὶ πάντα ἐλλείψει, καὶ τὰ μέγιστα ἀναλώσας ἐν μικρῷ τὸ καλὸν ἀπολεῖ, καὶ ὅ τι ἂν ποιῇ μέλλων καὶ (30) σκοπῶν πῶς ἂν ἐλάχιστον ἀναλώσαι, καὶ ταῦτ᾽ ὀδυρόμενος, καὶ πάντ᾽ οἰόμενος μείζω ποιεῖν ἢ δεῖ. Εἰσὶ μὲν οὖν αἱ ἕξεις αὗται κακίαι, οὐ μὴν ὀνείδη γ᾽ ἐπιφέρουσι διὰ τὸ μήτε βλαβεραὶ τῷ πέλας εἶναι μήτε λίαν ἀσχήμονες. III. Ἡ δὲ μεγαλοψυχία περὶ μεγάλα μὲν καὶ ἐκ τοῦ ὀνόματος (35) ἔοικεν εἶναι, περὶ ποῖα δ᾽ ἐστὶ πρῶτον λάβωμεν· (1123b) (1) διαφέρει δ᾽ οὐδὲν τὴν ἕξιν ἢ τὸν κατὰ τὴν ἕξιν σκοπεῖν. Δοκεῖ δὴ μεγαλόψυχος εἶναι ὁ μεγάλων αὑτὸν ἀξιῶν ἄξιος ὤν· ὁ γὰρ μὴ κατ᾽ ἀξίαν αὐτὸ ποιῶν ἠλίθιος, τῶν δὲ κατ᾽ ἀρετὴν οὐδεὶς ἠλίθιος οὐδ᾽ ἀνόητος. Μεγαλόψυχος μὲν οὖν ὁ εἰρημένος. (5) Ὁ γὰρ μικρῶν ἄξιος καὶ τούτων ἀξιῶν ἑαυτὸν σώφρων, μεγαλόψυχος δ᾽ οὔ· ἐν μεγέθει γὰρ ἡ μεγαλοψυχία, ὥσπερ καὶ τὸ κάλλος ἐν μεγάλῳ σώματι, οἱ μικροὶ δ᾽ ἀστεῖοι καὶ σύμμετροι, καλοὶ δ᾽ οὔ. Ὁ δὲ μεγάλων ἑαυτὸν ἀξιῶν ἀνάξιος ὢν χαῦνος· ὁ δὲ μειζόνων ἢ ἄξιος οὐ πᾶς χαῦνος. Ὁ δ᾽ ἐλαττόνων (10) ἢ ἄξιος μικρόψυχος, ἐάν τε μεγάλων ἐάν τε μετρίων, ἐάν τε καὶ μικρῶν ἄξιος ὢν ἔτι ἐλαττόνων αὑτὸν ἀξιοῖ. Καὶ μάλιστ᾽ ἂν δόξειεν ὁ μεγάλων ἄξιος· τί γὰρ ἂν ἐποίει, εἰ μὴ τοσούτων ἦν ἄξιος; Ἔστι δὴ ὁ μεγαλόψυχος τῷ μὲν μεγέθει ἄκρος, τῷ δὲ ὡς δεῖ μέσος· τοῦ γὰρ κατ᾽ ἀξίαν αὑτὸν (15) ἀξιοῖ· οἳ δ᾽ ὑπερβάλλουσι καὶ ἐλλείπουσιν. Εἰ δὴ μεγάλων ἑαυτὸν ἀξιοῖ ἄξιος ὤν, καὶ μάλιστα τῶν μεγίστων, περὶ ἓν μάλιστ᾽ ἂν εἴη. Ἡ δ᾽ ἀξία λέγεται πρὸς τὰ ἐκτὸς ἀγαθά· μέγιστον δὲ τοῦτ᾽ ἂν θείημεν ὃ τοῖς θεοῖς ἀπονέμομεν, καὶ οὗ μάλιστ᾽ ἐφίενται οἱ ἐν ἀξιώματι, καὶ τὸ ἐπὶ τοῖς καλλίστοις (20) ἆθλον· τοιοῦτον δ᾽ ἡ τιμή· μέγιστον γὰρ δὴ τοῦτο τῶν ἐκτὸς ἀγαθῶν· περὶ τιμὰς δὴ καὶ ἀτιμίας ὁ μεγαλόψυχός ἐστιν ὡς δεῖ. Καὶ ἄνευ δὲ λόγου φαίνονται οἱ μεγαλόψυχοι περὶ τιμὴν εἶναι· τιμῆς γὰρ μάλιστα (οἱ μεγάλοι) ἀξιοῦσιν ἑαυτούς, κατ᾽ ἀξίαν δέ. Ὁ δὲ μικρόψυχος ἐλλείπει καὶ πρὸς ἑαυτὸν (25) καὶ πρὸς τὸ τοῦ μεγαλοψύχου ἀξίωμα. Ὁ δὲ χαῦνος πρὸς ἑαυτὸν μὲν ὑπερβάλλει, οὐ μὴν τόν γε μεγαλόψυχον. Ὁ δὲ μεγαλόψυχος, εἴπερ τῶν μεγίστων ἄξιος, ἄριστος ἂν εἴη· μείζονος γὰρ ἀεὶ ὁ βελτίων ἄξιος, καὶ μεγίστων ὁ ἄριστος. Τὸν ὡς ἀληθῶς ἄρα μεγαλόψυχον δεῖ ἀγαθὸν εἶναι. Καὶ (30) δόξειεν <ἂν> εἶναι μεγαλοψύχου τὸ ἐν ἑκάστῃ ἀρετῇ μέγα. Οὐδαμῶς τ᾽ ἂν ἁρμόζοι μεγαλοψύχῳ φεύγειν παρασείσαντι, οὐδ᾽ ἀδικεῖν· τίνος γὰρ ἕνεκα πράξει αἰσχρὰ ᾧ γ᾽ οὐδὲν μέγα; Καθ᾽ ἕκαστα δ᾽ ἐπισκοποῦντι πάμπαν γελοῖος φαίνοιτ᾽ ἂν ὁ μεγαλόψυχος μὴ ἀγαθὸς ὤν. Οὐκ εἴη δ᾽ ἂν οὐδὲ τιμῆς ἄξιος (35) φαῦλος ὤν· τῆς ἀρετῆς γὰρ ἆθλον ἡ τιμή, καὶ ἀπονέμεται τοῖς ἀγαθοῖς.

Traduction française :

[4,1123] Mais, en fait de dépenses particulières, on peut mettre dans la même classe toutes celles qu'on n'a occasion de faire qu'une fois, (1123a) comme pour un mariage, ou pour telle autre circonstance de ce genre ; et encore celles où toute une cité est intéressée, ou au moins tous ceux qui y sont en dignité, comme l'hospitalité donnée à des étrangers (15), et les fêtes qu'on fait pour eux au moment de leur départ, les dons envoyés au nom de la ville, ou ceux que l'on fait en retour des présents que les étrangers lui ont envoyés. Car ce n'est pas pour lui-même que le magnifique fait de ces dépenses considérables, mais toujours pour le public; et les présents dont je viens de parler ressemblent, à quelques égards, aux offrandes consacrées dans les temples. La magnificence consiste aussi à se faire construire une habitation proportionnée aux richesses qu'on possède ; car c'est encore là une sorte d'éclat qui impose, et il faut plutôt employer son argent aux objets solides et durables, parce que ce sont ordinairement les plus beaux, et surtout observer en chaque chose la convenance; car les mêmes choses ne conviennent pas aux hommes et aux Dieux, à un temple et à un tombeau. Mais chaque dépense doit être considérable en son genre; la plus magnifique est celle qui est considérable dans un genre important; et ici, celle qui est considérable, dans le genre dont nous parlons. Au reste, l'importance de l'œuvre ou du résultat ne se mesure pas sur celle de la dépense : ainsi le plus beau ballon ou le plus beau flacon peuvent avoir toute la magnificence convenable à des cadeaux qu'on donne aux enfants; mais le prix qu'on y peut mettre est toujours peu considérable, et n'a rien de libéral. Voilà pourquoi le caractère du magnifique consiste à agir avec magnificence dans tout ce qu'il fait; car alors il sera difficile de le surpasser, parce que sa dépense sera toujours proportionnée à la valeur ou à l'importance de l'objet qui y donne lieu : tel est donc le magnifique. Mais l'homme sans discernement et sans délicatesse, pèche, comme on l'a dit, par l'excès d'une dépense faite contre la convenance; car il prodigue l'argent pour des objets peu importants, et l'affectation de briller à ce prix a quelque chose de choquant. Ainsi, dans un pique-nique, il dépensera, pour sa part, autant que s'il donnait un repas de noces ; et, s'il est chargé de faire les frais d'une comédie, il fera couvrir de pourpre l'entrée de la scène, comme font les Mégariens : et il n'aura en cela nulle considération de ce qui est véritablement beau ; mais il ne voudra qu'étaler sa richesse, pensant se faire admirer par ce moyen. En un mot, il ne fera qu'une dépense mesquine, quand il faudrait en faire une considérable, et il prodiguera l'argent, dans les occasions où il suffirait d'une dépense fort ordinaire. Quant à l'homme chiche et avare, c'est par défaut qu'il pèche dans tous les cas; et même lorsqu'il fera les plus grandes dépenses, il leur ôtera tout ce qu'elles pourraient avoir de noble et de généreux par des mesquineries de détail. Quoi qu'il entreprenne, il ne saura donner à rien le mérite de l'à-propos, à force d'hésiter dans ses résolutions, et de calculer tous les moyens de faire la moindre dépense possible ; encore ne s'y décidera-t-il qu'à regret, et avec l'air d'un homme qui croit toujours faire plus qu'il ne doit. Ces deux genres d'habitudes ou de caractères sont donc des défauts, mais qui n'attirent point de graves reproches, parce qu'ils ne sont ni dommageables au prochain, ni extrêmement choquants. III. Le nom même de la magnanimité indique assez qu'elle se rapporte aux choses qui ont de la grandeur. Mais faisons voir d'abord quelles sont ces choses; car observer une habitude, ou celui en qui elle se trouve, cela revient au même. Or, on regarde comme magnanime celui qui se croit digne de faire de grandes choses, et qui l'est en effet ; car celui qui conçoit une pareille opinion sans fondement, est dépourvu de jugement; et certes, nul homme vertueux ne saurait manquer de jugement. Le caractère de la magnanimité est donc tel que nous venons de le dire; car celui qui n'est capable que de choses peu considérables, et qui se juge lui-même tel, est sans doute un homme sensé, mais il n'est pas magnanime. Il en est de cette vertu comme de la beauté du corps ; elle suppose de la grandeur (20) ; et les hommes de petite taille peuvent être bien faits et bien proportionnés, mais ils ne sont pas beaux. Quant à celui qui prétend à tout ce qu'il y a de grand, sans en être capable, ce n'est qu'un homme vain : cependant il n'y a pas toujours de la vanité à avoir des prétentions au-dessus de ce qu'on mérite. Mais c'est une petitesse d'âme que de ne prétendre qu'à ce qui est au-dessous de ce dont on est capable, soit dans les choses importantes, soit dans celles de moindre importance: ou si, n'ayant qu'un mérite tout-à-fait inférieur, on se croit encore au-dessous de ce qu'on vaut, surtout lorsqu'on semblerait digne de quelque chose de grand; car que ferait-on si l'on n'avait pas ce degré de mérite? Le magnanime, quoiqu'il soit dans l'extrême par la grandeur, se trouve dans le juste milieu, en ce sens qu'il est ce qu'il doit être; car il s'apprécie selon sa valeur. L'homme vain et celui qui n'a aucune élévation d'âme, pèchent, l'un par excès, et l'autre par défaut. Celui qui aspire à tout ce qu'il y a de grand, et même de plus grand, s'il en est véritablement digne, aura donc principalement en vue une seule chose. Au reste, le mot mérite se dit des biens extérieurs ; et l'on peut considérer comme le plus grand celui que nous attribuons aux dieux, qu'ambitionnent les hommes élevés aux dignités, et qui est comme la récompense proposée aux plus éclatants services ; en un mot, c'est l'honneur ; car il est au premier rang entre les biens extérieurs. Ainsi donc le magnanime est, surtout par rapport à l'honneur et au déshonneur, dans la disposition d'âme qui convient. D'ailleurs, il n'est pas besoin de beaucoup de raisonnements pour faire voir que le magnanime aspire essentiellement aux honneurs; car tel est le sentiment de tous les grands hommes; seulement ils les désirent en proportion de leur mérite. Mais celui qui a peu d'élévation dans l'âme n'a que des prétentions au-dessous de son mérite, et au-dessous de celles du magnanime. Quant à l'homme vain, sans doute il s'exagère sa propre valeur; et, à cet égard, il pèche par excès, mais non pas à l'égard du magnanime. Celui-ci, s'il est digne des plus grands honneurs, sera sans doute l'homme le plus vertueux : car plus on a de mérite, plus on a droit aux honneurs, et par conséquent le plus vertueux est celui à qui sont dus les plus grands honneurs. L'homme véritablement magnanime doit donc être vertueux, et il semble que ce qu'il y a de noble et de grand en chaque genre de vertu, doit être son partage. Jamais il ne pourra s'abandonner honteusement à la fuite, ni commettre quelque acte injuste; car pourquoi ferait-il quelque chose de honteux, lui aux yeux de qui rien n'est grand ? Si donc l'on considère attentivement la question sous toutes les faces, on trouvera qu'il est ridicule de penser qu'on puisse être magnanime, si l'on n'est pas homme de bien. Il est également impossible qu'on mérite d'être honoré, si l'on est bas et vil; car l'honneur est le prix de la vertu : il ne s'accorde qu'aux gens vertueux.





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Dernière mise à jour : 21/05/2008