HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Aristophane, Les grenouilles

χορὸς



Texte grec :

[1050] (Αἰσχύλος) ὅτι γενναίας καὶ γενναίων ἀνδρῶν ἀλόχους ἀνέπεισας
κώνεια πιεῖν αἰσχυνθείσας διὰ τοὺς σοὺς Βελλεροφόντας.
(Εὐριπίδης)
πότερον δ᾽ οὐκ ὄντα λόγον τοῦτον περὶ τῆς Φαίδρας ξυνέθηκα;
(Αἰσχύλος)
μὰ Δί᾽ ἀλλ᾽ ὄντ᾽· ἀλλ᾽ ἀποκρύπτειν χρὴ τὸ πονηρὸν τόν γε ποιητήν,
καὶ μὴ παράγειν μηδὲ διδάσκειν. τοῖς μὲν γὰρ παιδαρίοισιν
1055 ἔστι διδάσκαλος ὅστις φράζει, τοῖσιν δ᾽ ἡβῶσι ποιηταί.
πάνυ δὴ δεῖ χρηστὰ λέγειν ἡμᾶς.
(Εὐριπίδης)
ἢν οὖν σὺ λέγῃς Λυκαβηττοὺς
καὶ Παρνασσῶν ἡμῖν μεγέθη, τοῦτ᾽ ἐστὶ τὸ χρηστὰ διδάσκειν,
ὃν χρῆν φράζειν ἀνθρωπείως;
(Αἰσχύλος)
ἀλλ᾽ ὦ κακόδαιμον ἀνάγκη
μεγάλων γνωμῶν καὶ διανοιῶν ἴσα καὶ τὰ ῥήματα τίκτειν.
1060 κἄλλως εἰκὸς τοὺς ἡμιθέους τοῖς ῥήμασι μείζοσι χρῆσθαι·
καὶ γὰρ τοῖς ἱματίοις ἡμῶν χρῶνται πολὺ σεμνοτέροισιν.
ἁμοῦ χρηστῶς καταδείξαντος διελυμήνω σύ.
(Εὐριπίδης) τί δράσας;
(Αἰσχύλος)
πρῶτον μὲν τοὺς βασιλεύοντας ῥάκι᾽ ἀμπισχών, ἵν᾽ ἐλεινοὶ
τοῖς ἀνθρώποις φαίνοιντ᾽ εἶναι.
(Εὐριπίδης) τοῦτ᾽ οὖν ἔβλαψά τι δράσας;
(Αἰσχύλος)
1065 οὔκουν ἐθέλει γε τριηραρχεῖν πλουτῶν οὐδεὶς διὰ ταῦτα,
ἀλλὰ ῥακίοις περιειλάμενος κλάει καὶ φησὶ πένεσθαι.
(Διόνυσος)
νὴ τὴν Δήμητρα χιτῶνά γ᾽ ἔχων οὔλων ἐρίων ὑπένερθεν.
κἂν ταῦτα λέγων ἐξαπατήσῃ, παρὰ τοὺς ἰχθῦς ἀνέκυψεν.
(Αἰσχύλος)
εἶτ᾽ αὖ λαλιὰν ἐπιτηδεῦσαι καὶ στωμυλίαν ἐδίδαξας,
1070 ἣ ᾽ξεκένωσεν τάς τε παλαίστρας καὶ τὰς πυγὰς ἐνέτριψεν
τῶν μειρακίων στωμυλλομένων, καὶ τοὺς Παράλους ἀνέπεισεν
ἀνταγορεύειν τοῖς ἄρχουσιν. καίτοι τότε γ᾽ ἡνίκ᾽ ἐγὼ ᾽ζων,
οὐκ ἠπίσταντ᾽ ἀλλ᾽ ἢ μᾶζαν καλέσαι καὶ ”ῥυππαπαῖ“ εἰπεῖν.
(Διόνυσος)
νὴ τὸν Ἀπόλλω, καὶ προσπαρδεῖν γ᾽ ἐς τὸ στόμα τῷ θαλάμακι,
καὶ μινθῶσαι τὸν ξύσσιτον κἀκβάς τινα λωποδυτῆσαι·
1075 νῦν δ᾽ ἀντιλέγει κοὐκέτ᾽ ἐλαύνων πλεῖ δευρὶ καὖθις ἐκεῖσε.
(Αἰσχύλος)
ποίων δὲ κακῶν οὐκ αἴτιός ἐστ᾽;
οὐ προαγωγοὺς κατέδειξ᾽ οὗτος,
1080 καὶ τικτούσας ἐν τοῖς ἱεροῖς,
καὶ μιγνυμένας τοῖσιν ἀδελφοῖς,
καὶ φασκούσας οὐ ζῆν τὸ ζῆν;
κᾆτ᾽ ἐκ τούτων ἡ πόλις ἡμῶν
ὑπογραμματέων ἀνεμεστώθη
1085 καὶ βωμολόχων δημοπιθήκων
ἐξαπατώντων τὸν δῆμον ἀεί,
λαμπάδα δ᾽ οὐδεὶς οἷός τε φέρειν
ὑπ᾽ ἀγυμνασίας ἔτι νυνί.
(Διόνυσος)
μὰ Δί᾽ οὐ δῆθ᾽, ὥστ᾽ ἐπαφαυάνθην
1090 Παναθηναίοισι γελῶν, ὅτε δὴ
βραδὺς ἄνθρωπός τις ἔθει κύψας
λευκὸς πίων ὑπολειπόμενος
καὶ δεινὰ ποιῶν· κᾆθ᾽ οἱ Κεραμῆς
ἐν ταῖσι πύλαις παίουσ᾽ αὐτοῦ
1095 γαστέρα πλευρὰς λαγόνας πυγήν,
ὁ δὲ τυπτόμενος ταῖσι πλατείαις
ὑποπερδόμενος
φυσῶν τὴν λαμπάδ᾽ ἔφευγεν.
(Χορός)
μέγα τὸ πρᾶγμα, πολὺ τὸ νεῖκος, ἁδρὸς ὁ πόλεμος ἔρχεται.

Traduction française :

[1050] ESCHYLE. Que tu as poussé des femmes honnêtes, épouses
d'honnêtes citoyens, à boire la ciguë, prises de honte en face de
tes Bellérophons.
EURIPIDE. Est-ce que j'ai mis en oeuvre une fausse légende
relative à Phèdre ?
ESCHYLE. Non, elle est réelle. Mais le poète doit jeter un voile
sur le mal, ne pas le produire au jour, ni sur la scène. Ce qu'est le
maître pour l'éducation de l'enfance, le poète l'est pour l'âge
viril. Nous ne devons rien dire que d'absolument bien.
EURIPIDE. Lors donc que tu nous parles des Lycabètes ou des
hauteurs du Parnasse, est-ce enseigner des choses bonnes,
quand il fallait user d'un langage humain ?
ESCHYLE. Mais, malheureux, il faut pour les grandes sentences,
pour les grandes pensées, créer des expressions à la hauteur.
D'ailleurs, il est naturel que les demi-dieux se servent de mots
sublimes, comme ils sont habillés de vêtements plus
magnifiques que les nôtres. Ce que j'avais ennobli, tu l'as ravalé, toi.
EURIPIDE. De quelle manière ?
ESCHYLE. D'abord, tu as revêtu les rois de haillons pour
paraître dignes de compassion aux yeux des hommes.
EURIPIDE. Quel mal ai-je fait en cela ?
ESCHYLE. Cela fait que pas un riche ne veut être triérarque,
mais s'enveloppe de haillons, pleure et dit qu'il est pauvre.
DIONYSOS. Par Dèmètèr ! ils ont par-dessous un chiton de
laine fine, et tel, qui ment ainsi, on le voit poindre tout à coup
sur le marché aux poissons.
ESCHYLE. C'est encore toi qui as enseigné le goût du bavardage
et des arguties, fait déserter les palestres, montré à serrer le
derrière des jeunes diseurs de riens, appris aux matelots à tenir
tête, à leurs chefs. Au contraire, de mon vivant, ils ne savaient
que crier: "Hé! la galette !" ou bien: «"hyppapae !"
DIONYSOS. Oui, par Apollon ! Puis péter au nez des
thalamistes, embrener les camarades de gamelle, détrousser les
habitants des ports de relàche. Maintenant ils disputent, et ils
voguent à l'aventure, soit par ici, soit par là.
ESCHYLE. De quels crimes n'est-il pas l'auteur ? N'a-t-il pas mis
en scène des entremetteuses, des femmes accouchant dans des
temples, des soeurs incestueuses, et d'autres qui disent que vivre
c'est ne pas vivre ? Voilà comment notre ville est remplie de
scribes et de bouffons, singes populaires, qui trompent le peuple
sans cesse : si bien que personne n'est plus en état aujourd'hui de
porter le flambeau, faute d'exercice.
DIONYSOS. Personne, de par Zeus ! Aussi, aux Panathènées,
j'ai failli mourir de rire, en voyant courir un lourdaud, plié en
deux, blanc, gras, laissé en arrière, se donnant un mal affreux.
Ceux qui étaient aux portes du Céramique lui frappent le ventre,
les côtes, les reins, les fesses ; en réponse à ces claques, le battu
éteint son flambeau, et s'enfuit.
LE CHOEUR. Sérieuse est l'affaire, grand débat, lutte rudement
engagée.





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Dernière mise à jour : 14/07/2005