HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Aristophane, Les grenouilles

τίς



Texte grec :

[900] προσδοκᾶν οὖν εἰκός ἐστι
τὸν μὲν ἀστεῖόν τι λέξειν
καὶ κατερρινημένον,
τὸν δ᾽ ἀνασπῶντ᾽ αὐτοπρέμνοις
τοῖς λόγοισιν
ἐμπεσόντα συσκεδᾶν πολλὰς
ἀλινδήθρας ἐπῶν.
905 (Διόνυσος) ἀλλ᾽ ὡς τάχιστα χρὴ λέγειν· οὕτω δ᾽ ὅπως ἐρεῖτον
ἀστεῖα καὶ μήτ᾽ εἰκόνας μήθ᾽ οἷ᾽ ἂν ἄλλος εἴποι.
(Εὐριπίδης)
καὶ μὴν ἐμαυτὸν μέν γε τὴν ποίησιν οἷός εἰμι,
ἐν τοῖσιν ὑστάτοις φράσω, τοῦτον δὲ πρῶτ᾽ ἐλέγξω,
ὡς ἦν ἀλαζὼν καὶ φέναξ οἵοις τε τοὺς θεατὰς
910 ἐξηπάτα μώρους λαβὼν παρὰ Φρυνίχῳ τραφέντας.
πρώτιστα μὲν γὰρ ἕνα τιν᾽ ἂν καθῖσεν ἐγκαλύψας,
Ἀχιλλέα τιν᾽ ἢ Νιόβην, τὸ πρόσωπον οὐχὶ δεικνύς,
πρόσχημα τῆς τραγῳδίας, γρύζοντας οὐδὲ τουτί.
(Διόνυσος) μὰ τὸν Δί᾽ οὐ δῆθ᾽.
(Εὐριπίδης)
ὁ δὲ χορός γ᾽ ἤρειδεν ὁρμαθοὺς ἂν
915 μελῶν ἐφεξῆς τέτταρας ξυνεχῶς ἄν οἱ δ᾽ ἐσίγων.
(Διόνυσος)
ἐγὼ δ᾽ ἔχαιρον τῇ σιωπῇ, καί με τοῦτ᾽ ἔτερπεν
οὐχ ἧττον ἢ νῦν οἱ λαλοῦντες.
(Εὐριπίδης)
ἠλίθιος γὰρ ἦσθα,
σάφ᾽ ἴσθι.
(Διόνυσος)
κἀμαυτῷ δοκῶ. τί δὲ ταῦτ᾽ ἔδρασ᾽ ὁ δεῖνα;
(Εὐριπίδης)
ὑπ᾽ ἀλαζονείας, ἵν᾽ ὁ θεατὴς προσδοκῶν καθοῖτο,
920 ὁπόθ᾽ ἡ Νιόβη τι φθέγξεται· τὸ δρᾶμα δ᾽ ἂν διῄει.
(Διόνυσος)
ὢ παμπόνηρος, οἷ᾽ ἄρ᾽ ἐφενακιζόμην ὑπ᾽ αὐτοῦ.
τί σκορδινᾷ καὶ δυσφορεῖς;
(Εὐριπίδης)
ὅτι αὐτὸν ἐξελέγχω.
κἄπειτ᾽ ἐπειδὴ ταῦτα ληρήσειε καὶ τὸ δρᾶμα
ἤδη μεσοίη, ῥήματ᾽ ἂν βόεια δώδεκ᾽ εἶπεν,
925 ὀφρῦς ἔχοντα καὶ λόφους, δείν᾽ ἄττα μορμορωπά,
ἄγνωτα τοῖς θεωμένοις.
(Αἰσχύλος) οἴμοι τάλας.
(Διόνυσος) σιώπα.
(Εὐριπίδης) σαφὲς δ᾽ ἂν εἶπεν οὐδὲ ἕν --
(Διόνυσος) μὴ πρῖε τοὺς ὀδόντας.
(Εὐριπίδης)
ἀλλ᾽ ἢ Σκαμάνδρους ἢ τάφρους ἢ ᾽π᾽ ἀσπίδων ἐπόντας
γρυπαιέτους χαλκηλάτους καὶ ῥήμαθ᾽ ἱππόκρημνα,
930 ἃ ξυμβαλεῖν οὐ ῥᾴδι᾽ ἦν.
(Διόνυσος)
νὴ τοὺς θεοὺς ἐγὼ γοῦν
ἤδη ποτ᾽ ἐν μακρῷ χρόνῳ νυκτὸς διηγρύπνησα
τὸν ξουθὸν ἱππαλεκτρυόνα ζητῶν τίς ἐστιν ὄρνις.
(Αἰσχύλος)
σημεῖον ἐν ταῖς ναυσὶν ὦμαθέστατ᾽ ἐνεγέγραπτο.
(Διόνυσος)
ἐγὼ δὲ τὸν Φιλοξένου γ᾽ ᾤμην Ἔρυξιν εἶναι.
(Εὐριπίδης)
935 εἶτ᾽ ἐν τραγῳδίαις ἐχρῆν κἀλεκτρυόνα ποιῆσαι;
(Αἰσχύλος)
σὺ δ᾽ ὦ θεοῖσιν ἐχθρὲ ποῖ᾽ ἄττ᾽ ἐστὶν ἅττ᾽ ἐποίεις;
(Εὐριπίδης)
οὐχ ἱππαλεκτρυόνας μὰ Δί᾽ οὐδὲ τραγελάφους, ἅπερ σύ,
ἃν τοῖσι παραπετάσμασιν τοῖς Μηδικοῖς γράφουσιν·
ἀλλ᾽ ὡς παρέλαβον τὴν τέχνην παρὰ σοῦ τὸ πρῶτον εὐθὺς
940 οἰδοῦσαν ὑπὸ κομπασμάτων καὶ ῥημάτων ἐπαχθῶν,
ἴσχνανα μὲν πρώτιστον αὐτὴν καὶ τὸ βάρος ἀφεῖλον
ἐπυλλίοις καὶ περιπάτοις καὶ τευτλίοισι λευκοῖς,
χυλὸν διδοὺς στωμυλμάτων ἀπὸ βιβλίων ἀπηθῶν·
εἶτ᾽ ἀνέτρεφον μονῳδίαις --
(Διόνυσος) Κηφισοφῶντα μιγνύς.
(Εὐριπίδης)
945 εἶτ᾽ οὐκ ἐλήρουν ὅ τι τύχοιμ᾽ οὐδ᾽ ἐμπεσὼν ἔφυρον,
ἀλλ᾽ οὑξιὼν πρώτιστα μέν μοι τὸ γένος εἶπ᾽ ἂν εὐθὺς
τοῦ δράματος.
(Διόνυσος) κρεῖττον γὰρ ἦν σοι νὴ Δί᾽ ἢ τὸ σαυτοῦ.
(Εὐριπίδης)
ἔπειτ᾽ ἀπὸ τῶν πρώτων ἐπῶν οὐδὲν παρῆκ᾽ ἂν ἀργόν,
ἀλλ᾽ ἔλεγεν ἡ γυνή τέ μοι χὠ δοῦλος οὐδὲν ἧττον,

Traduction française :

[900] Il faut donc s'attendre à ce que l'un ne dise rien que d'élégant
et de limé, et que l'autre, s'armant de paroles tout d'une pièce, fonde
sur son adversaire et mette en déroute les nombreux artifices de ses vers.
DIONYSOS. Mais il faut se hâter de prendre la parole.
Seulement n'usez que de termes polis, sans figures, et sans rien
de ce qu'un autre pourrait dire.
EURIPIDE. De moi-même et de mes titres poétiques je ne
parlerai qu'en dernier lieu, mais je veux d'abord le convaincre
d'être un hâbleur, un charlatan, qui trompe les spectateurs
grossiers, formés à l'école de Phrynichos. Et d'abord, par
exemple, il faisait asseoir un personnage voilé, Achille ou Niobé,
dont il ne montrait pas le visage, vrais figurants de tragédie, ne
soufflant pas un mot.
DIONYSOS. De par Zeus ! c'est tout à fait cela.
EURIPIDE. Le choeur, cependant, débitait des tirades de chants,
jusqu'à quatre de suite, et sans discontinuer ; mais eux se
taisaient toujours.
DIONYSOS. Moi, j'aimais ce silence ; il ne me déplaisait pas
moins que le bavardage d'aujourd'hui.
EURIPIDE. C'est que tu étais un imbécile, sache-le bien !
DIONYSOS. Je le crois aussi. Mais pourquoi le drôle agissait-il ainsi ?
EURIPIDE. Par charlatanisme, pour que le spectateur demeurât
dans l'attente du moment où Niobè parlerait ; en attendant, le
drame allait son train.
DIONYSOS. Le vaurien ! Que de fois j'ai été dupé par lui ! mais
pourquoi ces regards furieux, cette impatience ?
EURIPIDE. C'est parce que je le confonds. Puis, après ces
radotages, lorsque le drame était arrivé à la moitié, il lançait une
douzaine de termes beuglants, ayant sourcils et aigrettes,
affreux, épouvantables, inconnus aux spectateurs.
ESCHYLE. Malheur à moi !
DIONYSOS. Silence !
EURIPIDE. Il ne disait rien d'intelligible : pas un mot.
DIONYSOS. Ne grince pas des dents.
EURIPIDE. Ce n'étaient que Scamandre, abîmes, aigles à bec de
griffon sculptés sur l'airain des boucliers, mots guindés à cheval,
pas commodes à saisir.
DIONYSOS. De par les dieux ! il m'est arrivé, à moi, de veiller
une grande partie de la nuit, cherchant son hippalektryon jaune,
quel oiseau c'était !
ESCHYLE. Ignorant, c'était comme un emblème sculpté sur les
vaisseaux.
DIONYSOS. Moi, je croyais que c'était le fils de Philoxène, Éryxis.
EURIPIDE. Était-il donc nécessaire de mettre un coq dans des
tragédies ?
ESCHYLE. Et toi, ennemi des dieux, dis-nous ce que tu as fait.
EURIPIDE. Chez moi, j'en atteste Zeus ! jamais comme chez toi
de hippalektryons, ni de capricerfs, comme on en dessine sur les
tapis médiques. J'avais reçu de tes mains la tragédie, gonflée de
termes ampoulés et de propos pesants ; je l'ai tout d'abord
allégée, et j'ai diminué ce poids, à l'aide de petits vers, de
digressions, de poirées blanches, étendues de suc de sornettes
extrait des livres anciens; ensuite je l'ai nourrie de monodies,
dosées de kèphisophôn; puis je ne radotais pas au hasard, et je
ne brouillais pas tout à l'aventure; mais le premier qui sortait
exposait tout de suite l'origine du drame.
DIONYSOS. Cela valait mieux, de par Zeus! que de rappeler la tienne.
EURIPIDE. Alors, dès les premiers vers, nul ne restait inactif ;
mais tout le monde parlait dans ma pièce, femme, esclave





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Dernière mise à jour : 14/07/2005