HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

APOLLONIOS de Rhodes, Argonautica, chant I

τι



Texte grec :

[1,300] τλῆθι φέρειν: θάρσει δὲ συνημοσύνῃσιν Ἀθήνης,
ἠδὲ θεοπροπίῃσιν, ἐπεὶ μάλα δεξιὰ Φοῖβος
ἔχρη, ἀτὰρ μετέπειτά γ' ἀριστήων ἐπαρωγῇ.
ἀλλὰ σὺ μὲν νῦν αὖθι μετ' ἀμφιπόλοισιν ἕκηλος
μίμνε δόμοις, μηδ' ὄρνις ἀεικελίη πέλε νηί:
305 κεῖσε δ' ὁμαρτήσουσιν ἔται δμῶές τε κιόντι."
Ἠ, καὶ ὁ μὲν προτέρωσε δόμων ἐξῶρτο νέεσθαι.
οἷος δ' ἐκ νηοῖο θυώδεος εἶσιν Ἀπόλλων
Δῆλον ἀν' ἠγαθέην, ἠὲ Κλάρον, ἢ ὅγε Πυθώ,
ἢ Αυκίην εὐρεῖαν, ἐπὶ Ξάνθοιο ῥοῇσιν,
310 τοῖος ἀνὰ πληθὺν δήμου κίεν: ὦρτο δ' ἀυτὴ
κεκλομένων ἄμυδις. τῷ δὲ ξύμβλητο γεραιὴ
Ἰφιὰς Ἀρτέμιδος πολιηόχου ἀρήτειρα,
καί μιν δεξιτερῆς χειρὸς κύσεν, οὐδέ τι φάσθαι
ἔμπης ἱεμένη δύνατο, προθέοντος ὁμίλου:
315 ἀλλ' ἡ μὲν λίπετ' αὖθι παρακλιδόν, οἷα γεραιὴ
ὁπλοτέρων, ὁ δὲ πολλὸν ἀποπλαγχθεὶς ἐλιάσθη.
Αὐτὰρ ἐπεί ῥα πόληος ἐυδμήτους λίπ' ἀγυιάς,
ἀκτὴν δ' ἵκανεν Παγασηίδα, τῇ μιν ἑταῖροι
δειδέχατ', Ἀργῴῃ ἄμυδις παρὰ νηὶ μένοντες.
320 στῆ δ' ἄρ' ἐπὶ προμολῇς: οἱ δ' ἀντίοι ἠγερέθοντο.
ἐς δ' ἐνόησαν Ἄκαστον ὁμῶς Ἄργον τε πόληος
νόσφι καταβλώσκοντας, ἐθάμβησαν δ' ἐσιδόντες
πασσυδίῃ Πελίαο παρὲκ νόον ἰθύοντας.
δέρμα δ' ὁ μὲν ταύροιο ποδηνεκὲς ἀμφέχετ' ὤμους
325 Ἄργος Ἀρεστορίδης λάχνῃ μέλαν: αὐτὰρ ὁ καλὴν
δίπλακα, τήν οἱ ὄπασσε κασιγνήτη Πελόπεια.
ἀλλ' ἔμπης τὼ μέν τε διεξερέεσθαι ἕκαστα
ἔσχετο: τοὺς δ' ἀγορήνδε συνεδριάασθαι ἄνωγεν.
αὐτοῦ δ' ἰλλομένοις ἐπὶ λαίφεσιν, ἠδὲ καὶ ἱστῷ
330 κεκλιμένῳ μάλα πάντες ἐπισχερὼ ἑδριόωντο.
τοῖσιν δ' Αἴσονος υἱὸς ἐυφρονέων μετέειπεν:
"Ἄλλα μὲν ὅσσα τε νηὶ ἐφοπλίσσασθαι ἔοικεν
- πάντα γὰρ εὖ κατὰ κόσμον - ἐπαρτέα κεῖται ἰοῦσιν.
τῶ οὐκ ἂν δηναιὸν ἐχοίμεθα τοῖο ἕκητι
335 ναυτιλίης, ὅτε μοῦνον ἐπιπνεύσουσιν ἀῆται.
ἀλλά, φίλοι, - ξυνὸς γὰρ ἐς Ἑλλάδα νόστος ὀπίσσω,
ξυναὶ δ' ἄμμι πέλονται ἐς Αἰήταο κέλευθοι -
τούνεκα νῦν τὸν ἄριστον ἀφειδήσαντες ἕλεσθε
ὄρχαμον ἡμείων, ᾧ κεν τὰ ἕκαστα μέλοιτο,
340 νείκεα συνθεσίας τε μετὰ ξείνοισι βαλέσθαι."
Ὧς φάτο: πάπτηναν δὲ νέοι θρασὺν Ἡρακλῆα
ἥμενον ἐν μέσσοισι: μιῇ δέ ἑ πάντες ἀυτῇ
σημαίνειν ἐπέτελλον: ὁ δ' αὐτόθεν, ἔνθα περ ἧστο,
δεξιτερὴν ἀνὰ χεῖρα τανύσσατο φώνησέν τε:
345 "Μήτις ἐμοὶ τόδε κῦδος ὀπαζέτω. οὐ γὰρ ἔγωγε
πείσομαι: ὥστε καὶ ἄλλον ἀναστήσεσθαι ἐρύξω.
αὐτός, ὅτις ξυνάγειρε, καὶ ἀρχεύοι ὁμάδοιο."
Ἠ ῥα μέγα φρονέων, ἐπὶ δ' ᾔνεον, ὡς ἐκέλευεν
Ἡρακλέης: ἀνὰ δ' αὐτὸς ἀρήιος ὤρνυτ' Ἰήσων

Traduction française :

[1,300] Ayez confiance dans la protection de Minerve, dans les oracles d'Apollon,
enfin dans le secours de tant de héros.
Surtout, restez dans ce palais avec les femmes qui vous entourent et n'apportez
pas par vos pleurs un sinistre prèsage au départ du vaisseau vers lequel mes
amis et mes esclaves vont m'accompagner."
Il dit et s'avance à grands pas hors du palais. Tel qu'on voit Apollon dans
l'île de Délos, à Delphes, à Claros, ou dans les plaines de la Lycie, sur les
bords du Xanthe, lorsque sortant de son temple, parfumé d'encens, il paraît aux
yeux des mortels, tel Jason marchait à travers la foule du peuple, qui faisait
retentir l'air de ses acclamations. La vieille Iphias, prêtresse de Diane,
déesse tutélaire de la ville, se rencontrant sur son passage, lui baisa la main
droite. Elle aurait aussi voulu lui parler, mais la foule plus alerte la
repousse, et Jason est déjà loin d'elle.
Lorsqu'il fut arrivé sur le rivage de Pagases, ses compagnons, qui l'attendaient
près du vaisseau s'avancèrent à sa rencontre et s'assemblèrent autour de lui. Ce
fut alors qu'on vit avec étonnement descendre de la ville, Acaste et Argus, qui
accouraient de toutes leurs forces à l'insu de Pélias. Argus était couvert de la
peau d'un taureau noir, qui lui descendait jusqu'aux pieds. Acaste portait un
superbe manteau dont sa soeur Pélopie lui avait fait prèsent. Jason, sans
s'amuser à leur faire aucune question sur leur arrivée, invita tous ses
compagnons à tenir conseil. Les voiles encore roulées et le mât, qui était
couché par terre, leur servirent de sièges : "Compagnons, leur dit-il, tout est
préparé pour notre départ, le vaisseau est pourvu de tout ce qui est nécessaire,
et si les vents secondent nos désirs, rien ne peut désormais nous arrêter. Mais
puisque nous n'avons tous qu'un même dessein, puisque nous devons affronter
ensemble les dangers du voyage et revenir ensemble dans la Grèce, unissons-nous
par un lien commun. Choisissez hardiment le plus vaillant d'entre vous, qu'il
commande aux autres, qu'il veille sur tout, et qu'il fasse à son gré la paix ou
la guerre avec les nations chez lesquelles nous devons aborder." A ces mots,
chacun tournant les yeux vers Hercule, assis au milieu de l'assemblée, un cri
général lui déférait le commandement. Le héros, sans se lever, fit signe de la
main et prononça ces mots : "Qu'aucun de vous ne songe à m'accorder cet honneur,
je ne puis ni l'accepter ni souffrir qu'aucun de ceux qui sont ici l'accepte.
Celui dont le danger nous rassemble aujourd'hui, doit seul nous commander."
Ce discours magnanime fut suivi d'un applaudissement général,





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Dernière mise à jour : 25/05/2005