HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Homère, Iliade, chant II

ὅτε



Texte grec :

[2,100] παυσάμενοι κλαγγῆς· ἀνὰ δὲ κρείων Ἀγαμέμνων
ἔστη σκῆπτρον ἔχων τὸ μὲν Ἥφαιστος κάμε τεύχων.
Ἥφαιστος μὲν δῶκε Διὶ Κρονίωνι ἄνακτι,
αὐτὰρ ἄρα Ζεὺς δῶκε διακτόρῳ ἀργεϊφόντῃ·
Ἑρμείας δὲ ἄναξ δῶκεν Πέλοπι πληξίππῳ,
αὐτὰρ ὃ αὖτε Πέλοψ δῶκ᾽ Ἀτρέϊ ποιμένι λαῶν,
Ἀτρεὺς δὲ θνῄσκων ἔλιπεν πολύαρνι Θυέστῃ,
αὐτὰρ ὃ αὖτε Θυέστ᾽ Ἀγαμέμνονι λεῖπε φορῆναι,
πολλῇσιν νήσοισι καὶ Ἄργεϊ παντὶ ἀνάσσειν.
Τῷ ὅ γ᾽ ἐρεισάμενος ἔπε᾽ Ἀργείοισι μετηύδα·
110 ὦ φίλοι ἥρωες Δαναοὶ θεράποντες Ἄρηος
Ζεύς με μέγα Κρονίδης ἄτῃ ἐνέδησε βαρείῃ,
σχέτλιος, ὃς πρὶν μέν μοι ὑπέσχετο καὶ κατένευσεν
Ἴλιον ἐκπέρσαντ᾽ εὐτείχεον ἀπονέεσθαι,
νῦν δὲ κακὴν ἀπάτην βουλεύσατο, καί με κελεύει
δυσκλέα Ἄργος ἱκέσθαι, ἐπεὶ πολὺν ὤλεσα λαόν.
Οὕτω που Διὶ μέλλει ὑπερμενέϊ φίλον εἶναι,
ὃς δὴ πολλάων πολίων κατέλυσε κάρηνα
ἠδ᾽ ἔτι καὶ λύσει· τοῦ γὰρ κράτος ἐστὶ μέγιστον.
Αἰσχρὸν γὰρ τόδε γ᾽ ἐστὶ καὶ ἐσσομένοισι πυθέσθαι
120 μὰψ οὕτω τοιόνδε τοσόνδε τε λαὸν Ἀχαιῶν
ἄπρηκτον πόλεμον πολεμίζειν ἠδὲ μάχεσθαι
ἀνδράσι παυροτέροισι, τέλος δ᾽ οὔ πώ τι πέφανται·
εἴ περ γάρ κ᾽ ἐθέλοιμεν Ἀχαιοί τε Τρῶές τε
ὅρκια πιστὰ ταμόντες ἀριθμηθήμεναι ἄμφω,
Τρῶας μὲν λέξασθαι ἐφέστιοι ὅσσοι ἔασιν,
ἡμεῖς δ᾽ ἐς δεκάδας διακοσμηθεῖμεν Ἀχαιοί,
Τρώων δ᾽ ἄνδρα ἕκαστοι ἑλοίμεθα οἰνοχοεύειν,
πολλαί κεν δεκάδες δευοίατο οἰνοχόοιο.
Τόσσον ἐγώ φημι πλέας ἔμμεναι υἷας Ἀχαιῶν
130 Τρώων, οἳ ναίουσι κατὰ πτόλιν· ἀλλ᾽ ἐπίκουροι
πολλέων ἐκ πολίων ἐγχέσπαλοι ἄνδρες ἔασιν,
οἵ με μέγα πλάζουσι καὶ οὐκ εἰῶσ᾽ ἐθέλοντα
Ἰλίου ἐκπέρσαι εὖ ναιόμενον πτολίεθρον.
Ἐννέα δὴ βεβάασι Διὸς μεγάλου ἐνιαυτοί,
καὶ δὴ δοῦρα σέσηπε νεῶν καὶ σπάρτα λέλυνται·
αἳ δέ που ἡμέτεραί τ᾽ ἄλοχοι καὶ νήπια τέκνα
εἵατ᾽ ἐνὶ μεγάροις ποτιδέγμεναι· ἄμμι δὲ ἔργον
αὔτως ἀκράαντον οὗ εἵνεκα δεῦρ᾽ ἱκόμεσθα.
Ἀλλ᾽ ἄγεθ᾽ ὡς ἂν ἐγὼ εἴπω πειθώμεθα πάντες·
140 φεύγωμεν σὺν νηυσὶ φίλην ἐς πατρίδα γαῖαν·
οὐ γὰρ ἔτι Τροίην αἱρήσομεν εὐρυάγυιαν.
Ὣς φάτο, τοῖσι δὲ θυμὸν ἐνὶ στήθεσσιν ὄρινε
πᾶσι μετὰ πληθὺν ὅσοι οὐ βουλῆς ἐπάκουσαν·
κινήθη δ᾽ ἀγορὴ φὴ κύματα μακρὰ θαλάσσης
πόντου Ἰκαρίοιο, τὰ μέν τ᾽ Εὖρός τε Νότος τε
ὤρορ᾽ ἐπαΐξας πατρὸς Διὸς ἐκ νεφελάων.
Ὡς δ᾽ ὅτε κινήσῃ Ζέφυρος βαθὺ λήϊον ἐλθὼν
λάβρος ἐπαιγίζων, ἐπί τ᾽ ἠμύει ἀσταχύεσσιν,
ὣς τῶν πᾶσ᾽ ἀγορὴ κινήθη· τοὶ δ᾽ ἀλαλητῷ

Traduction française :

[2,100] cessant de crier. Et le puissant Agamemnon se leva,
tenant le sceptre qu'Héphaïstos avait pris peine à fabriquer.
Héphaïstos l'avait donné à Zeus, le roi fils de Cronos; Zeus
le donna à son Messager au brillant aspect ; le roi Hermès le donna
à Pélops, fouetteur de chevaux; à son tour Pélops le donna à Atrée,
pasteur de troupes. Atrée en mourant le laissa à Thyeste,
riche en troupeaux; à son tour Thyeste le laissa à Agamemnon,
pour le porter, et régner sur des îles nombreuses
et sur toute l'Argolide. Appuyé sur ce sceptre, il adressa
aux Argiens ces paroles :
«Chers héros Danaens, serviteurs d'Arès, Zeus fils de
Cronos m'a pris dans les liens d'un égarement accablant,
le Cruel ! Autrefois, il m'avait promis, avec un signe de sa
tête, que nous détruirions Ilion aux beaux remparts
avant de repartir; maintenant, par une tromperie
méchante et délibérée, il m'invite à rentrer, déshonoré,
à Argos, après avoir perdu une foule d'hommes. (Tel
doit être le plaisir de Zeus le fougueux, qui a détruit les
citadelles, têtes de tant de villes, et en détruira encore,
car sa force est la plus grande.) C'est une honte, en effet,
que la postérité elle-même apprenne que des troupes
achéennes, en vain si vaillantes et si grandes, ont sans
résultat guerroyé et combattu contre des ennemis moins
nombreux (pourtant, la fin n'a pas encore apparu). Car
si nous voulions, Achéens et Troyens, lors d'une trêve
garantie par des sacrifices, nous compter les uns et les
autres, les Troyens se rassemblant par foyer, tous tant
qu'ils sont, tandis que nous, Achéens, nous nous rangerions
par groupes de dix, et si nous prenions chaque guerrier
troyen comme échanson d'un de nos groupes, beaucoup
de nos groupes manqueraient d'échanson. Tant,
je l'affirme, les fils d'Achéens dépassent en nombre les
Troyens qui habitent la ville. Mais des auxiliaires leur
sont venus de beaucoup de cités, la pique à la main; ce
sont eux qui m'écartent et m'empêchent, malgré mon
désir, de détruire la ville bien établie d'Ilion. Neuf années
du grand Zeus ont passé; le bois de nos vaisseaux est
pourri, et les câbles lâchent; nos femmes et nos petits
enfants restent dans nos maisons à nous attendre; et
nous, notre entreprise n'avance pas, pour laquelle nous
sommes venus ici. Allons donc, l'avis que je vais donner,
suivons-le tous. Fuyons avec nos vaisseaux vers la terre
de nos pères; car nous ne prendrons plus Troie aux larges rues.»
Par ces paroles, il émut, dans leur poitrine, le coeur de
tous les hommes de la foule qui n'avaient pas assisté au
conseil. L'assemblée s'agita comme les longues vagues de
la mer, de la haute mer d'Icare, que l'Euros et le Notos
soulèvent à la fois, quand ils fondent sur elle des nuages
de Zeus le père. Comme l'arrivée du Zéphyre agite
une moisson profonde, quand il s'élance avec violence
et en incline les épis, ainsi toute l'assemblée s'agita. A grands cris,





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Dernière mise à jour : 23/03/2005