HODOI
Du texte à l'hypertexte

Homère, Iliade, chant I

ψυχὰς



Texte grec :

[1,0] Ἰλιάδος Αʹ
01 Μῆνιν ἄειδε θεὰ Πηληϊάδεω Ἀχιλῆος
οὐλομένην, ἣ μυρί᾿ Ἀχαιοῖς ἄλγε᾿ ἔθηκε,
πολλὰς δ᾿ ἰφθίμους ψυχὰς Ἄϊδι προΐαψεν
ἡρώων, αὐτοὺς δὲ ἑλώρια τεῦχε κύνεσσιν
05 οἰωνοῖσί τε πᾶσι· Διὸς δ᾿ ἐτελείετο βουλή,
ἐξ οὗ δὴ τὰ πρῶτα διαστήτην ἐρίσαντε
Ἀτρεΐδης τε ἄναξ ἀνδρῶν καὶ δῖος Ἀχιλλεύς.
Tίς τ᾿ ἄρ σφωε θεῶν ἔριδι ξυνέηκε μάχεσθαι;
Λητοῦς καὶ Διὸς υἱός· ὃ γὰρ βασιλῆϊ χολωθεὶς
10 νοῦσον ἀνὰ στρατὸν ὄρσε κακήν, ὀλέκοντο δὲ λαοί,
οὕνεκα τὸν Χρύσην ἠτίμασεν ἀρητῆρα
Ἀτρεΐδης· ὃ γὰρ ἦλθε θοὰς ἐπὶ νῆας Ἀχαιῶν
λυσόμενός τε θύγατρα φέρων τ᾿ ἀπερείσι᾿ ἄποινα,
στέμματ᾿ ἔχων ἐν χερσὶν ἑκηϐόλου Ἀπόλλωνος
15 χρυσέῳ ἀνὰ σκήπτρῳ, καὶ λίσσετο πάντας Ἀχαιούς,
Ἀτρεΐδα δὲ μάλιστα δύω, κοσμήτορε λαῶν·
«Ἀτρεΐδαι τε καὶ ἄλλοι ἐϋκνήμιδες Ἀχαιοί,
ὑμῖν μὲν θεοὶ δοῖεν Ὀλύμπια δώματ᾿ ἔχοντες
ἐκπέρσαι Πριάμοιο πόλιν, εὖ δ᾿ οἴκαδ᾿ ἱκέσθαι·
20 παῖδα δ᾿ ἐμοὶ λύσαιτε φίλην, τὰ δ᾿ ἄποινα δέχεσθαι,
ἁζόμενοι Διὸς υἱὸν ἑκηϐόλον Ἀπόλλωνα.»
Ἔνθ᾿ ἄλλοι μὲν πάντες ἐπευφήμησαν Ἀχαιοὶ
αἰδεῖσθαί θ᾿ ἱερῆα καὶ ἀγλαὰ δέχθαι ἄποινα·
ἀλλ᾿ οὐκ Ἀτρεΐδῃ Ἀγαμέμνονι ἥνδανε θυμῷ,
25 ἀλλὰ κακῶς ἀφίει, κρατερὸν δ᾿ ἐπὶ μῦθον ἔτελλε·
«Μή σε, γέρον, κοίλῃσιν ἐγὼ παρὰ νηυσὶ κιχείω
ἢ νῦν δηθύνοντ᾿ ἢ ὕστερον αὖτις ἰόντα,
μή νύ τοι οὐ χραίσμῃ σκῆπτρον καὶ στέμμα θεοῖο·
τὴν δ᾿ ἐγὼ οὐ λύσω· πρίν μιν καὶ γῆρας ἔπεισιν
30 ἡμετέρῳ ἐνὶ οἴκῳ ἐν Ἄργεϊ, τηλόθι πάτρης,
ἱστὸν ἐποιχομένην καὶ ἐμὸν λέχος ἀντιόωσαν·
ἀλλ᾿ ἴθι, μή μ᾿ ἐρέθιζε, σαώτερος ὥς κε νέηαι.»
Ὣς ἔφατ᾿, ἔδεισεν δ᾿ ὃ γέρων καὶ ἐπείθετο μύθῳ·
βῆ δ᾿ ἀκέων παρὰ θῖνα πολυφλοίσϐοιο θαλάσσης·
35 πολλὰ δ᾿ ἔπειτ᾿ ἀπάνευθε κιὼν ἠρᾶθ᾿ ὃ γεραιὸς
Ἀπόλλωνι ἄνακτι, τὸν ἠΰκομος τέκε Λητώ·
«Κλῦθί μευ ἀργυρότοξ᾿, ὃς Χρύσην ἀμφιϐέϐηκας
Κίλλαν τε ζαθέην Τενέδοιό τε ἶφι ἀνάσσεις,
Σμινθεῦ, εἴ ποτέ τοι χαρίεντ᾿ ἐπὶ νηὸν ἔρεψα,
40 ἢ εἰ δή ποτέ τοι κατὰ πίονα μηρί᾿ ἔκηα
ταύρων ἠδ᾿ αἰγῶν, τὸ δέ μοι κρήηνον ἐέλδωρ·
τίσειαν Δαναοὶ ἐμὰ δάκρυα σοῖσι βέλεσσιν.»
Ὣς ἔφατ᾿ εὐχόμενος, τοῦ δ᾿ ἔκλυε Φοῖϐος Ἀπόλλων,
βῆ δὲ κατ᾿ Οὐλύμποιο καρήνων χωόμενος κῆρ,
45 τόξ᾿ ὤμοισιν ἔχων ἀμφηρεφέα τε φαρέτρην·
ἔκλαγξαν δ᾿ ἄρ᾿ ὀϊστοὶ ἐπ᾿ ὤμων χωομένοιο,
αὐτοῦ κινηθέντος· ὃ δ᾿ ἤϊε νυκτὶ ἐοικώς.
ἕζετ᾿ ἔπειτ᾿ ἀπάνευθε νεῶν, μετὰ δ᾿ ἰὸν ἕηκε·
δεινὴ δὲ κλαγγὴ γένετ᾿ ἀργυρέοιο βιοῖο·

Traduction française :

[1,0] ILIADE - CHANT 1 La peste. -- La colère d'Achille. Chante la colère, déesse du fils de Pélée, Achille, colère funeste, qui causa mille douleurs aux Achéens, précipita chez Adès mainte âme forte de héros, et fit de leurs corps la proie des chiens et des oiseaux innombrables : la volonté de Zeus s'accomplissait. Commence à la querelle qui divisa l'Atride, roi de guerriers, et le divin Achille. Quel dieu, en cette querelle, les lança l'un contre l'autre? - Le fils de Latone et de Zeus. Irrité contre le roi, 1,10 il suscita dans l'armée un mal pernicieux, et les troupes le périssaient, parce que Chrysès avait été outragé, lui, le prêtre, par l'Atride. Chrysès était venu aux vaisseaux fins des Achéens pour délivrer sa fille, apportant une rançon immense. Ses mains tenaient les bandelettes d'Apollon qui frappe au loin, fixées au sommet du sceptre doré. Il suppliait tous les Achéens, et surtout les deux Atrides, rangeurs de troupes : « Atrides, et autres Achéens aux belles cnémides, veuillent les dieux, habitants des demeures de l'Olympe, vous laisser détruire la ville de Priam, et rentrer heureusement dans vos maisons ! 1,20 Veuillez aussi délivrer ma fille, et acceptez cette rançon, par respect pour le fils de Zeus, Apollon qui frappe au loin !» Tous les Achéens approuvèrent l'idée de respecter le prêtre, et d'accepter la rançon magnifique. Mais l'Atride Agamemnon en eut du déplaisir au coeur. Méchamment, il renvoya Chrysès, sur cet ordre rude : « Ne te trouve pas devant moi, vieillard, près de nos vaisseaux creux, ni aujourd'hui, en t'y attardant, ni plus tard; en revenant ici ! Ou crains que te soient inutiles le sceptre et les bandelettes du dieu. Ta fille, je ne la délivrerai pas, la vieillesse l'atteindra plutôt, 1,30 dans notre maison, en Argolide, loin de sa patrie, tissant la toile et venant dans mon lit. Va-t'en, ne m'irrite pas, si tu veux partir sans plus de dommage.» A ces mots, le vieillard eut peur, et obéit. Il suivit en silence le bord de la mer tumultueuse. Une fois à l'écart, il pria avec ferveur le roi Apollon, qu'enfanta Latone aux beaux cheveux : «Écoute-moi, archer à l'arc d'argent, qui veilles autour de Chrysè et de la divine Cilla, roi souverain de Ténédos, Sminthée ! Si jamais tu t'es plu au temple que j'ai couvert pour toi, 1,40 si jamais j'ai brûlé, pour toi, des cuisses grasses de taureaux et de chèvres, exauce-moi ce voeu : fais payer aux Danaens mes larmes de tes traits." Telle fut sa prière, qu'écouta Phébus-Apollon. Il descendit des cimes de l'Olympe, le coeur irrité, ayant à l'épaule son arc et son carquois bien clos. Les flèches résonnèrent sur l'épaule du dieu irrité, quand il s'élança; et il allait, semblable à la nuit. Il se posta à l'écart des vaisseaux, il lança un trait; et terrible fut la vibration de l'arc d'argent.





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Dernière mise à jour : 8/02/2005