HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

Hérodote, Histoires, Livre I

ἀνδρῶν



Texte grec :

[1,196] CXCVI. αὕτη μὲν δή σφι ἄρτισις περὶ τὸ σῶμα ἐστί? νόμοι δὲ αὐτοῖσι ὧδε κατεστᾶσι, ὁ μὲν σοφώτατος ὅδε κατὰ γνώμην τὴν ἡμετέρην, τῷ καὶ Ἰλλυριῶν Ἐνετοὺς πυνθάνομαι χρᾶσθαι. κατὰ κώμας ἑκάστας ἅπαξ τοῦ ἔτεος ἑκάστου ἐποιέετο τάδε? ὡς ἂν αἱ παρθένοι γενοίατο γάμων ὡραῖαι, ταύτας ὅκως συναγάγοιεν πάσας, ἐς ἓν χωρίον ἐσάγεσκον ἁλέας, πέριξ δὲ αὐτὰς ἵστατο ὅμιλος ἀνδρῶν, (2) ἀνιστὰς δὲ κατὰ μίαν ἑκάστην κῆρυξ πωλέεσκε, πρῶτα μὲν τὴν εὐειδεστάτην ἐκ πασέων? μετὰ δέ, ὅκως αὕτη εὑροῦσα πολλὸν χρυσίον πρηθείη, ἄλλην ἂν ἐκήρυσσε ἣ μετ? ἐκείνην ἔσκε εὐειδεστάτη? ἐπωλέοντο δὲ ἐπὶ συνοικήσι. ὅσοι μὲν δὴ ἔσκον εὐδαίμονες τῶν Βαβυλωνίων ἐπίγαμοι, ὑπερβάλλοντες ἀλλήλους ἐξωνέοντο τὰς καλλιστευούσας? ὅσοι δὲ τοῦ δήμου ἔσκον ἐπίγαμοι, οὗτοι δὲ εἴδεος μὲν οὐδὲν ἐδέοντο χρηστοῦ, οἳ δ? ἂν χρήματά τε καὶ αἰσχίονας παρθένους ἐλάμβανον. (3) ὡς γὰρ δὴ διεξέλθοι ὁ κῆρυξ πωλέων τὰς εὐειδεστάτας τῶν παρθένων ἀνίστη ἂν τὴν ἀμορφεστάτην, ἢ εἴ τις αὐτέων ἔμπηρος εἴη, καὶ ταύτην ἂν ἐκήρυσσε, ὅστις θέλοι ἐλάχιστον χρυσίον λαβὼν συνοικέειν αὐτῇ, ἐς ὃ τῷ τὸ ἐλάχιστον ὑπισταμένῳ προσέκειτο. τὸ δὲ ἂν χρυσίον ἐγίνετο ἀπὸ τῶν εὐειδέων παρθένων καὶ οὕτω αἱ εὔμορφοι τὰς ἀμόρφους καὶ ἐμπήρους ἐξεδίδοσαν. ἐκδοῦναι δὲ τὴν ἑωυτοῦ θυγατέρα ὅτεῳ βούλοιτο ἕκαστος οὐκ ἐξῆν, οὐδὲ ἄνευ ἐγγυητέω ἀπάγεσθαι τὴν παρθένον πριάμενον, ἀλλ? ἐγγυητὰς χρῆν καταστήσαντα ἡ μὲν συνοικήσειν αὐτῇ, οὕτω ἀπάγεσθαι. (4) εἰ δὲ μὴ συμφεροίατο, ἀποφέρειν τὸ χρυσίον ἔκειτο νόμος. ἐξῆν δὲ καὶ ἐξ ἄλλης ἐλθόντα κώμης τὸν βουλόμενον ὠνέεσθαι. (5) ὁ μέν νυν κάλλιστος νόμος οὗτός σφι ἦν, οὐ μέντοι νῦν γε διατελέει ἐών, ἄλλο δέ τι ἐξευρήκασι νεωστὶ γενέσθαι (ἵνα μὴ ἀδικοῖεν αὐτὰς μηδ? εἰς ἑτέραν πόλιν ἄγωνται)? ἐπείτε γὰρ ἁλόντες ἐκακώθησαν καὶ οἰκοφθορήθησαν, πᾶς τις τοῦ δήμου βίου σπανίζων καταπορνεύει τὰ θήλεα τέκνα.

Traduction française :

[1,196] CXCVI. La plus sage de toutes, à mon avis, est celle-ci ; j'apprends qu'on la retrouve aussi chez les Vénètes, peuple d'Illyrie. Dans chaque bourgade, ceux qui avaient des filles nubiles les amenaient tous les ans dans un endroit où s'assemblaient autour d'elles une grande quantité d'hommes. Un crieur public les faisait lever, et les vendait toutes l'une après l'autre. Il commençait d'abord par la plus belle, et, après en avoir trouvé une somme considérable, il criait celles qui en approchaient davantage ; mais il ne les vendait qu'à condition que les acheteurs les épouseraient. Tous les riches Babyloniens qui étaient en âge nubile, enchérissant les uns sur les autres, achetaient les plus belles. Quant aux jeunes gens du peuple, comme ils avaient moins besoin d'épouser de belles personnes que d'avoir une femme qui leur apportât une dot, ils prenaient les plus laides, avec l'argent qu'on leur donnait. En effet, le crieur n'avait pas plutôt fini la vente des belles, qu'il faisait lever la plus laide, ou celle qui était estropiée, s'il s'en trouvait, la criait au plus bas prix, demandant qui voulait l'épouser à cette condition, et l'adjugeait à celui qui en faisait la promesse. Ainsi, l'argent qui provenait de la vente des belles servait à marier les laides et les estropiées. Il n'était point permis à un père de choisir un époux à sa fille, et celui qui avait acheté une fille ne pouvait l'emmener chez lui qu'il n'eût donné caution de l'épouser. Lorsqu'il avait trouvé des répondants, il la conduisait à sa maison. Si l'on ne pouvait s'accorder, la loi portait qu'on rendrait l'argent. Il était aussi permis indistinctement à tous ceux d'un autre bourg de venir à cette vente, et d'y acheter des filles. Cette loi, si sagement établie, ne subsiste plus ; ils ont depuis peu imaginé un autre moyen pour prévenir les mauvais traitements qu'on pourrait faire à leurs filles, et pour empêcher qu'on ne les menât dans une autre ville. Depuis que Babylone a été prise, et que, maltraités par leurs ennemis, les Babyloniens ont perdu leurs biens, il n'y a personne parmi le peuple qui, se voyant dans l'indigence, ne prostitue ses filles pour de l'argent.





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Dernière mise à jour : 3/03/2005