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HODOI ELEKTRONIKAI
Du texte à l'hypertexte

ACHILLES TATIUS, Leucippé et Clitophon, livre I

ἀλλ



Texte grec :

[1,18] "Γίνεται δὲ καὶ γάμος ἅλλος ὑδάτων διαπόντιος. καί ἐστιν ὁ μὲν ἐραστὴς ποταμὸς ᾽Ηλεῖος, ἡ δὲ ἐρωμένη κρήνη Σικελική. διὰ γὰρ τῆς θαλάττης (2) ὁ ποταμὸς ὡς διὰ πεδίου τρέχει. ἡ δὲ οὐκ ἀφανίζει γλυκὺν ἐραστὴν ἁλμυρῷ κύματι, σχίζεται δὲ αὐτῷ ῥέοντι, καὶ τὸ σχίσμα τῆς θαλάττης χαράδρα τῷ ποταμῷ γίνεται· καὶ ἐπὶ τὴν ᾽Αρέθουσον οὕτω τὸν ᾽Αλφειὸν νυμφοστολεῖ. ὅταν οὖν ᾐ ἡ τῶν ᾽Ολυμπίων ἑορτή, πολλοὶ μὲν εἰς τὰς δίνας τοῦ ποταμοῦ καθιᾶσίν ἄλλος ἄλλα δῶρα· ὁ δὲ εὐθὺς πρὸς τὴν ἐρωμένην κομίζει καὶ ταῦτά ἐστιν ἕδνα ποταμοῦ. (3) Γίνεται δὲ καὶ ἐν τοῖς ἑρπετοῖς ἄλλο ἔρωτος μυστήριον, οὐ τοῖς ὁμοιογενέσι μόνον, πρὸς ἄλληλα, ἀλλὰ καὶ τοῖς ἀλλοφύλοις. ὁ ἔχις ὁ τῆς γῆς ὂφις εἰς τὴν σμύραιναν οἰστρεῖ· ἡ δὲ σμύραινά ἐστιν ἄλλος ὀφις θαλάσσιος, εἰς μὲν τὴν μορφὴν ὄφις, (4) εἰς δὲ τὴν χρῆσιν ἰχθύς. ὅταν οὖν εἰς τὸν γάμον ἐθέλωσιν ἀλλήλοις συνελθεῖν, ὁ μὲν εἰς τὸν αἰγιαλὸν ἐλθὼν συρίζει πρὸς τὴν θάλασσαν τῇ σμυραίνῃ σύμβολον, ἡ δὲ γνωρίζει τὸ σύνθημα καὶ ἐκ τῶν κυμάτων ἀναδύεται. ἀλλ' οὐκ εὐθέως πρὸς τὸν νυμφίον ἐξέρχεται (οἶδε γάρ, ὅτι θάνατον ἐν τοῖς ὀδοῦσι φέρει) ἀλλ' ἄνεισιν εἰς τὴν πέτραν καὶ περιμένει τὸν νυμφίον καθῆραι τὸ (5) στόμα. ἑστᾶσιν οὖν ἀμφότεροι πρὸς ἀλλήλους βλέποντες, ὁ μὲν ἠπειρώτης ἐραστής, ἡ δὲ ἐρωμένη νησιῶτις. ὅταν οὖν ὁ ἐραστὴς ἐξεμέσῃ τῇς νύμφης τὸν φόβον, ἡ δὲ ἐρριμμένον ἰδῃ τὸν θάνατον χαμαί, τότε καταβαίνει, τῆς πέτρας καὶ εἰς τὴν ἤπειρον ἐξέρχεται καὶ τὸν ἐραστὴν περιπτυσσεται καὶ οὐκετι φοβεῖται τὰ φιλήματα."

Traduction française :

[1,18] Le fleuve Alphée se marie aussi avec la fontaine d'Aréthuse il part du sein de l'Élide et prend sa course au travers de l'Océan, comme dans son lit natal, sans que la douceur de son onde soit altérée par l'amertume et le sel des flots ; de cette façon, il arrive pur dans la Sicile, où il se mêle avec les eaux de sa chère Aréthuse. C'est de là que vient un ancien usage qu'on observe aux jeux olympiques, qui est de jeter divers bijoux dans les gouffres de ce fleuve galant ; il les reçoit avec joie et les porte à sa maîtresse pour présents de noces. On découvre encore un autre mystère d'amour chez les reptiles, mystère d'autant plus admirable qu'il semble triompher des lois de la nature, en unissant des espèces qu'elle a séparées. La vipère, qui est un serpent terrestre, brûle pour la lamproie, qui est un poisson de mer. Lorsque la saison les excite à cueillir les fruits de leurs ardeurs mutuelles, le mâle, qui est la vipère, se rend sur le rivage, et, par de longs sifflements, il appelle la lamproie. Elle entend à peine ce signal, qu'elle sort de son séjour liquide. Mais cependant elle ne va pas d'abord trouver son époux. Elle sait qu'il mord dans l'emportement de ses caresses, et que de ses gencives s'écoule un venin dangereux. Aussi elle se contente de monter sur quelque roche environnée d'eau, d'où elle le regarde. Alors, s'apercevant du juste effroi qui la retient, il vomit son poison sur le sable. Dès qu'elle se voit délivrée de ses alarmes, elle court le joindre ; ils s'embrassent, ils se donnent des baisers sans nombre, et l'amour les enivre de plaisir. »





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Dernière mise à jour : 14/11/2005