Texte grec :
| [1,4] Ταῦτα ὁ πατὴρ ἀναγνοὺς ἀναπηδᾷ καὶ ἐπὶ
τὴν θάλασσαν ἐκτρέχει καὶ μικρὸν ὕστερον
αὖθις ἐπανῆκεν. εἴποντο δὲ αὐτῷ κατόπιν πολὺ
πλῆθος οἰκετῶν καὶ θεραπαινίδων, ἃς συνεκπέμψας
ὁ Σώστρατος ἐτύγχανε ταῖς γυναιξίν· ἐν
μέσοις δὲ ἦν γυνὴ μεγάλη καὶ πλουσία τῇ
(2) στολῇ, ὡς δὲ ἐπέτεινα τοὺς ὀφθαλμοὺς ἐπ᾽
αὐτήν, ἐν ἀριστερᾷ παρθένος ἐκφαίνεταί μοι,
καὶ καταστράπτει μου τοὺς ὀφθαλμοὺς τῷ
(3) προσώπῳ. τοιαύτην εἶδον ἐγώ ποτε ἐπὶ ταύρῳ
γεγραμμένην Εὐρώπην· ὄμμα γοργὸν ἐν ἡδονῇ·
κόμη ξανθή, τὸ ξανθὸν οὖλον· ὀφρὺς μέλαινα,
τὸ μέλαν ἄκρατον λευκὴ παρειά, τὸ λευκὸν
εἰς μέσον ἐφοινίσσετο καὶ ἐμιμεῖτο πορφύραν,
οἵαν εἰς τὸν ἐλέφαντα Λυδία βάπτει γυνή· τὸ
στόμα ῥόδων ἄνθος ἦν, ὅταν ἄρχηται τὸ ῥόδον
(4) ἀνοίγειν τῶν φύλλων τὰ χείλη. ὡς δὲ εἶδον,
εὐθὺς ἀπωλώλειν· κάλλος γὰρ ὀξύτερον τιτρώσκει
βέλους καὶ διὰ τῶ ὀφθαλμῶν εἰς τὴν
ψυχὴν καταρρεῖ· ὀφθαλμὸς γὰρ ὁδὸς ἐρωτικῷ
(5) τραύματι. πάντα δέ με εἶχεν ὁμοῦ, ἔπαινος,
ἔκπληξις, τρόμος, αἰδώς, ἀναίδεια· ἐπῄνουν τὸ
μέγεθος, ἐξεπεπλήγμην τὸ κάλλος, ἔτρεμον τὴν
καρδίαν, ἔβλεπον ἀναιδῶς, ᾐδούμην ἁλῶναι. τοὺς
δὲ ὀφθαλμοὺς ἀφέλκειν μὲν ἀπὸ τῆς κόρης
ἐβιαζόμην οἱ δὲ οὐκ ἤθελον, ἀλλ' ἀνθεῖλκον
ἑαυτοὺς ἐκεῖ τῷ τοῦ κάλλους ἑλκόμενοι πείσματι,
καὶ τέλος ἐνίκησαν.
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Traduction française :
| [1,4] Ayant lu cette lettre, mon père se rendit promptement au port. Peu de temps après,
il revint avec un grand nombre de domestiques, qui suivaient la femme et la fille
de Sostrate. Cette jeune personne attirait les regards par la magnificence de ses
habits, et encore plus par l'éclat de ses charmes. Dès que je l'aperçus, je crus voir
la belle Europe avec tous les attraits qui lui assujétirent le coeur de Jupiter. Sa
taille était noble, dégagée et bien prise ; ses yeux, fiers et sans rudesse ; ses cheveux
blonds et frisés ; ses sourcils noirs ; son visage, d'une extrême blancheur, excepté
vers le milieu des joues, où la nature s'était plu à étendre une couche de vermillon
plus vif que la pourpre de Lydie ne le paraît sur l'ivoire ; enfin ses lèvres ressemblaient
à une rose qui commence à s'épanouir.
Mon repos et ma liberté ne purent tenir contre tant de charmes : il n'est point de
flèche aussi perçante que la beauté ; elle pénètre par les yeux jusqu'au fond du coeur,
et ses traits y portent une blessure que l'art ne guérit point. Admirer Leucippe,
contempler ses appas avec une profonde surprise, exprimer le feu de mon âme par
celui de mes regards, craindre qu'on ne remarquât mon trouble, ouvrir la bouche
pour parler et ne rien dire, trembler et palpiter sans en savoir la cause, tout cela
ne fut pour moi que l'affaire d'un moment. Je m'efforçais de détourner mes
yeux de cet objet vainqueur, mais ils reprenaient toujours la même route malgré
moi. Il fallut enfin leur céder.
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